Communiqué du collectif Libérons-Les suite à la sortie de prison d’Antonin B.

Ce communiqué fait suite à la sortie de prison ce matin d’Antonin B., condamné dans l’affaire de « la voiture de police brûlée du quai Valmy » en septembre 2017.

Antonin est sorti de prison ce matin. Il compte parmi les condamné•es dans l’affaire de « la voiture de police brûlée du quai Valmy » dont le procès s’est tenu en septembre 2017 à Paris. Cette affaire venait alors ponctuer plusieurs mois de mobilisation sociale contre la réforme du code du travail et contre les crimes policiers ; l’instruction visait les secteurs actifs dans la lutte contre la loi travail, présents lors d’une manifestation contre un rassemblement appelé par les syndicats de police place de la République, alors que l’occupation Nuit debout battait son plein.

L’épisode de la voiture de police brûlée, montée en épingle à grands renforts médiatico-policiers, et le procès qui a suivi, ont été un temps fort du spectacle répressif s’abattant sur les personnes ayant participé aux luttes sociales du printemps 2016.

Dépourvues de preuves matérielles, les procédures judiciaires ont mis à contribution tous les dispositifs répressifs octroyés par l’état d’urgence et son climat sécuritaire : assignations à résidence, usage massif du renseignement, témoignages anonymes, détentions provisoires de longue durée, recoupements douteux de clichés de manifestant-e-s et autres barbouzeries.

Cette mystification judiciaire s’est soldée par des peines de prison ferme prononcées contre 6 personnes. Si certaines d’entre elles ont pu être libérées après le procès, étant donné que leurs peines ont été partiellement ou totalement effectuées dans le cadre d’une détention préventive, deux d’entre elles sont restées incarcérées jusqu’à aujourd’hui – tandis que l’un des condamnés est recherché par la justice française.

Le 28 mars 2018, un des camarades incarcérés, Antonin, a pu enfin faire une demande d’aménagement de peine avec PSE (placement sous surveillance électronique). Le 6 avril dernier, la juridiction requise a rendu un avis favorable à cette demande.

Si cette nouvelle est un soulagement pour ses proches et ses camarades, qui pourront le voir à nouveau, après plusieurs mois pendant lesquels on leur a refusé tout permis de visite (à l’exception de sa famille et de sa compagne), elle n’annonce pas la fin des mesures répressives à son encontre.

On le sait, le développement des « bracelets électroniques » constituent bien plus une forme d’externalisation de la prison (surveillance à distance, déplacement surveillés, horaires restrictifs) qu’une libération. Ce système, pudiquement appelé "contrôle judiciaire", constitue désormais une véritable prison hors des murs pour les secteurs populaires visés par l’incarcération de masse. Par ailleurs, cette "libération" ne referme pas la page répressive du printemps 2016. En ce qui concerne l’affaire du quai de Valmy, un camarade reste détenu.

Au-delà, la machine carcérale – comme système de contrainte et de contrôle social d’une part considérable des classes populaires et précaires – continue de broyer des vies dans le silence le plus total. À l’heure d’un nouveau mouvement social, qui met aux prises étudiant•e•s, cheminot•e•s, fonctionnaires, qui porte une dynamique de généralisation des fronts de lutte, à l’heure d’une expulsion programmée de la ZAD de NDDL, à l’heure où des nervis fascistes attaquent les occupations étudiantes avec la complicité des autorités, que des fac sont évacuées par la police, nous n’avons pas fini de dénoncer et de nous battre contre la répression.

Libérons-Les !

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