Penser la violence « de notre côté », mardi 14 novembre à 18h30, fac de Saint-Denis

Le séminaire paradigme de la division politique, organisé par Bernard Aspe et Patrizia Atzei, est centré sur le rapport entre la politique et la guerre, en tant que celle-ci n’est pas le moteur caché de la politique. Au cœur de la guerre, mais aussi de son intersection avec la politique et de sa conjuration par la politique, il y a la violence. La séance portera cette fois sur la fonction de la violence « de notre côté ».

Dialectique et violence

Entre la politique et la guerre, il y a bien une intersection ; mais la politique n’existe que là où elle conjure son identification à la guerre (c’est pourquoi il n’y a pas non plus entre elles pure et simple continuation ou homogénéité).

Lorsque la politique est intégralement absorbée dans la guerre (que celle-ci soit ouverte ou cachée) alors elle disparaît [1]. Si, à l’inverse, elle forclot sa dimension guerrière – d’affrontement, de stratégie et de tactique – alors elle s’éclipse aussi.

Au cœur de la guerre, mais aussi de son intersection avec la politique et de sa conjuration par la politique, il y a la violence. Celle-ci est longtemps apparue comme ce qui ne pouvait ou ne devait pas être pensé. Aux temps de la dialectique spéculative déployée par Hegel et Marx, elle semble être devenue objet de pensée au titre de « travail du négatif ». Il nous faudra donc tout d’abord revenir sur ce que peut signifier « dialectique » dans le travail de la division politique [2].

Il n’est pas sûr que ce travail soit celui du « négatif ». Il n’est pas sûr non plus que la dialectique de Hegel et Marx ait réussi à faire de la violence un objet de pensée. Mais il se pourrait que la pensabilité de la division politique, et de la violence qui s’inscrit en elle, requière bel et bien une réélaboration de la notion même de « dialectique » – et donc un dialogue avec celles et ceux qui reprennent cette tentative aujourd’hui.

La fonction de la violence « de notre côté »

Après avoir surtout parlé de la violence faite par l’ennemi, il sera question de ce que peut être la fonction de la violence « de notre côté », c’est-à-dire en tant qu’elle est assumée par les collectifs politiques. Nous partirons de la critique que fait Hannah Arendt des mouvements étudiants de la fin des années 1960 dans son texte « Sur la violence ». La confrontation avec son analyse nous permettra notamment de clarifier les rapports entre violence et pouvoir.

Mais il s’agira aussi de se questionner, à partir des remarques de Arendt, sur la manière dont un collectif politique peut trouver sa propre consistance. Et, au-delà du collectif en tant que tel, il s’agit de voir comment une action commune peut trouver une forme adéquate aujourd’hui. La question dialectique devient bien, alors, celle de la forme : celle-ci ne doit pas rester extérieure (formalisme du Parti), mais on ne doit pas non plus la voir comme une expression spontanée de la vie des groupes ou des communautés de lutte [3].

C’est mardi 14 novembre de 18h30 à 20h30, Salle C103, Université Paris 8, métro Saint-Denis Université.

P.-S.

Détails, arguments et matériaux : La Division Politique Séminaire « Paradigmes de la division politique ».

Pour qui veut lire Marx depuis le présent : Le réel de Marx, Bernard Aspe et Patrizia Atzei – Colloque communisme, Rennes, Mai 2017.

Notes

[1Voir le texte inaugural du cycle 2016-2017 : Le modèle de la guerre.

[2Voir Violence et dialectique, séance du 17 octobre 2017

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