Journalistes indépendants, vraies balances et faux-amis

Dans l’affaire dite « motard contre manifestants », une contre-com’ de la préfecture de police [1] a été relayée et amplifiée par le journal Libération, avec le concours d’Emmanuel Brossier (les mots) et de Vincent Feuray (les images), respectivement actuel et ancien journaliste de Taranis News.

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Eh, bien d’accord, faisons le tri et ne parlons pas des images de Vincent Fleuray ! Quoique : si certains doutaient encore du trait d’union qui ne manque jamais de s’établir entre Justice, Journalisme de masse et Journalisme dit militant (embedded, intégré dans le cortège), là il faut grand ouvrir les yeux ! C’est sordidement très clair ! Bref.

Lisons ce qu’écrit [Manu] Emmanuel Brossier : « Un petit groupe s’est détaché du cortège pour attaquer le premier motard ». Il a bien écrit « attaquer », oui ! Et non pas, par exemple : est allé vers/ a marché dans la direction de/ s’est approché de/ ... Eh bien, voilà : le journaliste de Taranis News ne raconte pas les faits, à supposer qu’on puisse raconter les faits sans avoir déjà choisi son camp, mais il dénote une intention, une mauvaise intention bien sûr !

Un mouchard montre par les images ou relate par les mots des faits dont il a été le témoin. Si ces faits sont empreints d’illégalisme, il sert en effet le travail des flics et des juges. Son sort doit être traité en conséquence. Pas plus sot qu’un autre, Monsieur Taranis News a aussitôt produit, en guise de diversion, une vidéo contre les frigos chauds où l’on voit ses doigts s’enfoncer dans une glace molle...

Si le cas de Monsieur Taranis News semble ne plus faire débat au sein des cortèges, d’autres journalistes (indépendants, militants) y sont encore bien intégrés. Sans doute sont-ils moins vénaux (pas difficile ! des images Taranis News sont vendues à RT media) et sans doute mieux intentionnés. Il reste que dans les affaires récentes, à Rennes, à Paris quai de Valmy, à Bobigny, notamment, les images qui ont circulé servent à l’identification des personnes, mêmes masquées, même floutées. Et, non, les flics et les juges n’ont pas toujours toutes les images dont ils besoin pour faire leur sale travail ! Alors, les journalistes intégrés dans les cortèges feraient mieux de s’abstenir de toute image lorsque des militants passent à l’acte.

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