Récit de la journée de révolte pour Théo du samedi 18 février

Un rassemblement cadenassé place de la République a été suivi d’une manif sauvage express entre Belleville et Ménilmontant.

Un appel à rassemblement ce samedi place de la République avait été lancé pour empêcher SOS-Racisme de récupérer le mouvement de solidarité avec Théo qui a commencé il y a deux semaines par des nuits d’émeute à Aulnay-sous-Bois. SOS-Racisme et d’autres orgas appelaient effectivement à un rassemblement au même moment au même endroit.

L’initiative autonome s’était bien entendu ébruitée suffisamment pour que la préf’ quadrille tout le quartier avec des fourgons et flics anti-émeute, la place de la République étant complètement bloquée et filtrée par les flics. De plus, le métro République était fermé, aucun des métros qui y passent ne s’y arrêtaient.

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Nouveauté du jour, des militaires en treillis et fusils d’assaut participent au dispositif policier et gardent au moins une des sorties.
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Militaires participant à l’encadrement du rassemblement, place de la République le 18 février 2017.

Entre 15h et 16h, plusieurs prises de parole se sont enchaînées. Celle de SOS-Racisme a d’ailleurs été accueillie par des huées dans la foule, certain-e-s criant même "SOS-Racisme, complice de la police", le tout engendrant quelques frictions entre des manifestant-e-s et le SO de SOS-Racisme.

Au milieu de tout ça, un bon nombre de drapeaux de partis et syndicats (LO, NPA, POID, Solidaires, CGT, FSU, ...) profitent de l’occasion pour se faire voir, vu que lors des autres moments de mobilisation pour Théo ils n’étaient pas forcément les bienvenus.

Après les prises de parole, les nombreux-nombreuses manifestant-e-s autonomes ("autonomes" au sens large, sans étiquette et sans parti) ont commencé à se faire entendre encore plus et une sorte de manifestation s’est mise à tourner autour de la place, agrégeant presque tout le monde avec des slogans hostiles à la police. Pendant ce temps-là, les drapeaux politiciens disparaissaient du paysage. Il y avait 2 300 personnes selon la préf’, perso j’aurais dit un peu moins donc bon... Une fois n’est pas coutume, ça change des chiffres de la police qui prétendent qu’on est 50 alors qu’on est 4 000 !

Quelques bousculades avec les flics et des premiers projectiles lancés à l’entrée du boulevard Voltaire puis devant le Go-Sport et à l’entrée de la rue du Faubourg du Temple laisseront place finalement à un long moment d’affrontement à l’entrée du boulevard de Magenta. Là, ça dépave, et des caillasses conséquentes y sont lancées sur les lignes de flics anti-émeute. En face, les flics balancent des grenades lacrymogènes à plusieurs reprises, et une salve assez flippante de grenades de désencerclement qui touchent plusieurs personnes (avec des bruits d’explosion assez impressionnants). En plus des caméras de vidéo-surveillance, un hélico survole la place de loin... Je me demande toujours si c’est pas un peu trop chaud d’attaquer la police en plein jour sur une place complètement fermée par les flics, j’espère vraiment qu’il n’y aura pas eu trop d’arrestations sur la place. En tout cas les affrontements continuent comme ça pendant un bon moment, puis au bouche-à-oreille tourne l’info qu’un rencard est donné à 18h à Belleville pour manif sauvage.

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À Belleville, on est 100 à 200 au moment de partir en manif sauvage (une grande majorité de jeunes). On s’engage sur le boulevard de Belleville en direction de Couronnes, et très vite, les slogans habituels sont entonnés ("Flics, violeurs, assassins", "Zyed, Bouna, Théo et Adama, on n’oublie pas, on pardonne pas", "Tout le monde déteste la police") et plusieurs poubelles sont renversées sur notre passage. Du matos de chantier est emprunté, pour bloquer la route ou s’attaquer à d’éventuelles cibles. Des tags apparaissent sur les murs ("Nique la police") et au bout du boulevard de Belleville une banque Caisse d’Epargne est taguée et défoncée à coups de barres de fer et de pavés (attention aux lancers de pavé, souvent ça rebondit pas mal, faites gaffe qu’il y ait pas des gens juste en-dessous ou à côté).

Puis, alors que ça commence à tourner dans la rue de Ménilmontant et qu’un début d’autoréduc’ a lieu dans le KFC, les keufs arrivent en trombe derrière nous.

Il est 18h35 et ça se disperse un peu dans tous les sens, rue de Ménilmontant et dans les rues adjacentes. C’était court, très court, moins carnage et exaltant que mercredi dernier, mais bien plus facile pour se disperser, en plein quartier populaire.

Ensuite, le quartier était en état de siège, avec des véhicules de police partout entre Ménilmontant et Gambetta. Pas le moment de traîner... À la prochaine !

Un anarchiste du 93

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