Quand le Front national se prend pour le Front populaire

Alors que le FN tente de s’incruster à Science Po Paris ce qui provoque quelques réactions, La Horde, en février dernier publiait un article de l’arrière petit fils de Léon Blum qui revenait déjà sur les tentatives du FN Science Po de s’inventer des filiations socialistes.

Comme Louis Aliot l’avait déjà fait avec Jean Jaurès en 2009, le Front national à Sciences Po s’invente une filiation socialiste (au sens strict du terme) en reprenant la figure de Léon Blum : l’histoire du Front national montre pourtant qu’il a toujours été du côté du patronat, aussi bien au quotidien que lors de mouvements sociaux. Antoine Malamoud, arrière petit-fils de Léon Blum, diplômé de Sciences Po Paris 1978, a réagi à l’imposture :

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La photo de Léon Blum ainsi légendée : « Réduction du temps de travail, congés payés, démocratie sociale, Léon Blum aurait voté FN », telle est la dernière provocation du cercle Front National de Sciences Po. Il faut dire que l’extrême-droite y est coutumière du fait. Rappelons seulement, à titre d’exemple, la tentative rapidement brisée, du Gud au milieu des années 70, animé par Philippe Péninque (oui celui qui murmure à l’oreille de Marine Le Pen), d’organiser un meeting de soutien au régime d’apartheid, sous le slogan « l’Afrique du Sud, un pays où il fait bon broyer du noir ». Une provocation de plus, donc, mais révélatrice de la confusion ambiante autour de toutes les valeurs et idées politiques.

Une provocation et une double imposture. Le Front National veut convaincre de son côté « social », mais on cherchera en vain dans son programme les propositions en question. Réduction du temps de travail ? Il ne s’y trouve que des mesures permettant de rogner plus encore les 35 heures. Congés payés ? ces mots en sont absents. Démocratie sociale ? Il n’en est question que pour remettre en cause la représentativité des grandes centrales syndicales.

Léon Blum qui se définissait comme « français, juif et socialiste » a toujours su reconnaître ses ennemis. Les nervis d’Action Française qui tentèrent le lyncher le 13 février 1936, les députés de droite et d’extrême droite qui le couvraient d’injures antisémites jusque dans l’hémicycle, le régime de Vichy qui le fit interner dès l’été 1940 avant de le livrer aux nazis qui le gardèrent deux ans en otage à Buchenwald. Faut-il alors rappeler la filiation historique du Front National, l’itinéraire de certains de ses membres fondateurs, passés par les partis de la Collaboration, la Milice et la Waffen SS, ou plus récemment les photos de certains de ses jeunes militants exhibant fièrement leurs tatouages aux armes de la Division SS Charlemagne, aux côtés de Marion Maréchal Le Pen ?

Si l’on veut évoquer aujourd’hui la mémoire et l’œuvre de Léon Blum, il faut rappeler les réformes sociales du Front Populaire, les avancées de la Libération, et leurs suites, les conquêtes des luttes de 1968 et les premières mesures du gouvernement de Pierre Mauroy de 1981.

Si le Front National peut se permettre maintenant une telle provocation, c’est bien parce qu’au PS aucune voix ne se lève pour se réclamer de Léon Blum. Aucune voix pour se référer aux valeurs fondatrices de la gauche, l’égalité, la transformation sociale, la démocratie. Mais que l’on se rassure. D’autres s’y emploient, activement.

P.-S.

Repris intégralement de La Horde

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