Petite histoire du féminisme

« Une petite histoire du féminisme » est un texte d’abord écrit pour mettre à niveau en théories féministes une assemblée de personnes souhaitant étudier l’art avec un point de vue féministe dans la lignée des « Gender Studies ».
Par ailleurs plusieurs personnes ont exprimé la nécessité de faire connaître les courants et l’histoire du féminisme pour tous les néophytes. Qu’on ne s’y trompe pas, ça ne rend pas l’auteure spécialiste de la question, c’est un travail collectif de recherches et de discussions qui a permis d’élaborer ce texte. Ce n’est pas non plus un travail qui se veut exhaustif ou objectif, il comporte un point de vue même l’on a cherché à s’en éloigner. Il ne faut pas oublier le contexte de la rédactrice, qui est blanche, française, bourgeoise, et avec des influences féministes matérialistes radicales.

Prémisses de féminismes :

Peut-être pourrait-on faire débuter les premières réflexions sur le féminin et le masculin par Sappho. Sappho était une poétesse grecque qui vivait sur l’île de Lesbos, v -625 -580 BC. Ses poèmes amoureux connaissent depuis l’antiquité un grand succès. Avec un monde sans homme sur une île autonome, elle annonce déjà des revendications face à la place des femmes dans la Grèce archaïque. De là viennent les adjectifs lesbienne, saphique.

Dès le XVeme siècle, après Christine de Pizan (1364-1430), poétesse et philosophe, quelques femmes et hommes écrivent pour « défendre » le sexe féminin et imaginer l’égalité des sexes. Christine de Pizan est considérée comme la première femme de lettres française ayant vécue de ses écrits.

De la Révolution française à la IIIeme république.

Les femmes çà et là expriment une volonté collective où la prise de conscience de leurs problèmes spécifiques va de pair avec leur désir d’appartenir, comme les hommes, à une nouvelle société politique. On voit apparaître les cahiers de doléances, des pétitions, des clubs politiques et la déclaration des droits de la femme d’Olympe de Gouge.
Olympe de Gouge (1748-1793), aristocrate française, est la première à poser dans la déclaration des droits de la femme l’égalité des hommes et des femmes. « Postambule : Ô femmes ! Femmes, quand cesserez vous d’être aveugles ? Quels sont les avantages que vous avez recueillis dans la révolution ? Un mépris plus marqué, un dédain plus signalé. (…) Craignez vous que nos législateurs français (…) ne vous répètent : femmes qu’y a-t-il de plus commun entre vous et nous ? Tout, vous auriez à répondre. » Elle est guillotinée en 1793 pour s’être opposée à la montée en puissance des Montagnards.
Thérésa Cabarus (1773-1835), militante girondine, sera aussi connue pour ses pensées « féministes ». En l’église Notre-Dame de Bordeaux, transformée alors en temple de la raison, elle fait lire en 1793 ses essais sur l’éducation des femmes. C’est un exemple local dont le retentissement idéologique n’est pas comparable à Olympe de Gouge.

C’est à partir de 1830 que les femmes vont se constituer comme un groupe de sujets politiques avec l’émergence des mouvements utopistes (saint-simoniens et fouriéristes). Elles dénoncent leur asservissement séculaire, réclamant un affranchissement et une émancipation. En 1848 pendant la brève révolution apparaît La voix des femmes, premier quotidien féministe.
Louise Michel (1830-1905), militante anarchiste et institutrice française est une figure primordiale de cette période de désordres. Outre son militantisme « socialiste » (elle arbore le drapeau noir et rédige dans Le cri du peuple), elle est secrétaire de la « Société démocratique de moralisation », dont le but est d’aider les femmes à vivre par le travail. En 1870, elle est élue présidente du Comité de vigilance des citoyennes du XVIIIe arrondissement. Elle adhère au groupe « le droit des femmes ».
Flora Tristan (1803-1844), aimait se désigner comme une « aristocrate déchue, femme socialiste et ouvrière féministe ». Son ouvrage L’émancipation de la Femme ou le Testament de la Paria est publié de manière posthume. « L’affranchissement des travailleurs sera l’oeuvre des travailleurs eux-mêmes. L’homme le plus opprimé peut opprimer un être qui est sa femme. Elle est le prolétaire du prolétaire même ». C’est une figure plus importante du point de vue régional de Bordeaux que d’une construction du féminisme international.

Les révolutions de 1789, 1830, 1848 permettent l’expression de l’exigence féministe, mais y opposent le refus de ses conséquences réelles. A chaque fois, on ferme les clubs de femmes, on discrédite leurs actions politiques, les inégalités sexistes sont affirmées.

L’histoire du féminisme ne s’arrête pas entre les périodes, on peut cependant noter des pics d’avancées féministes. Ainsi on parle communément de trois vagues féministes.

Première vague :

Le mouvement le plus connu de la première vague est celui des suffragettes, qui recherchent les mêmes droits civiques que les hommes sur le principe du suffrage universel. Néanmoins, il est simpliste de réduire la première vague féministe aux suffragettes : le féminisme de l’entre-deux-guerres est multiple, comme nous allons le voir.

Le mouvement des suffragettes constitue déjà un féminisme violent, dont les militantes vont jusqu’à molester certains parlementaires. En 1908 une répression s’organise contre elles. En 1913, Emily Davidson, militante féministe britannique, est brutalement tuée, ce qui fait changer l’opinion anglaise en faveur des féministes. En 1918 les femmes anglaises obtiennent le droit de vote. Pour la première fois, les problématiques du féminisme investissent le débat public.

Mis à part les suffragettes tournons-nous vers deux personnalités marquantes du féminisme de cette époque.

Celle d’Emma Goldman (1869-1940), anarchiste d’origine russe émigrée au Etats-Unis, qui milite pour l’égalité des sexes, la libre disposition de son corps, le contrôle des naissances, l’homosexualité, l’antimilitarisme, les luttes ouvrières et syndicales, la défense des chômeurs et ce, sans hiérarchie entre les luttes. Elle considère le droit de vote comme réformiste et critique les suffragistes.ettes. Elle insiste déjà sur l’importance de la mère dans la reproduction des rôles sociaux de la société patriarcale.

La personnalité de Madeleine Pelletier (1874-1939) est particulièrement intéressante. Activiste anarchiste dès 1906, c’est une féministe radicale, première femme médecin diplômée en psychiatrie en France. Elle est proche du mouvement néomalthusien (qui prône un contrôle radical des naissances) et considère que « c’est à la femme seulement de décider si et quand elle veut être mère ». Elle milite en faveur de l’avortement et la contraception. Elle est mise à l’écart du mouvement féministe car ses choix paraissent trop violents. Elle considère que l’hétérosexualité est liée au système d’oppression des femmes, s’habille en homme. Elle pratiquera des avortements pendant toute sa vie.

La deuxième vague : la France des années 70

« Le privé est politique » est la citation la plus connue de cette « deuxième vague ». Son auteure, Ulrike Meinhof (1934-1976), est militante et terroriste allemande de la Fraction Armée Rouge.
On connaît surtout cette seconde vague pour ses luttes pour la maîtrise du corps avec les actions du MLF (Mouvement de Libération des Femmes) mais c’est aussi la période qui voit la naissance des études universitaires féministes.

Le deuxième sexe de Simone de Beauvoir (1908-1986), littératrice française, change les esprits dès sa parution en 1949 ; c’est une rupture, on dissocie alors la femme de la mère. Elle lance le « Manifeste des 343 » réclamant l’avortement libre et gratuit, elle cofonde le mouvement « Choisir », cofonde et préside la revue Nouvelles Questions Féministes. Elle écrit dans Le deuxième sexe la célèbre phrase « on ne naît pas femme, on le devient ». C’est une figure connue du féminisme matérialiste.
Le deuxième sexe et la création du Planning Familial (association qui promeut le droit des femmes – avortement et contraception – à ne pas confondre avec les centres de planning familial, institution étatique) en 1956 ne sont que la face visible d’une évolution sociale qui s’est faite en dehors du militantisme féministe, mais pas sans lui.

Le féminisme des années 70 est une continuité autant qu’une rupture. La lutte des classes se transpose sur la lutte des sexes, les idées marxistes influencent les idées féministes. Juste après mai 1968, de l’extrême-gauche aux organisations trotskystes, des femmes s’organisent. Les partis et les syndicats sont traversés par la « question des femmes ». On voit alors apparaître des groupes « femmes » autonomes à l’intérieur de ces organisations. A l’extérieur de ces groupes de femmes, apparaît une volonté de travailler en « direction des femmes », de manière à intégrer en le contrôlant l’essor du féminisme. A noter que depuis 1946 les femmes ont le droit de vote ce qui pousse les partis politiques à racoler les voix féministes.
On parle d’oppression et de patriarcat, termes qui découlent du vocabulaire marxiste qu’intègre dès lors le féminisme. Le patriarcat est le système social qui organise la domination des hommes sur les femmes.
A partir de mai 1968, le féminisme change encore de forme : le contexte devient favorable aux réformes, aux avancées sociales. Le MLF est créé vers 1968, mais la date est imprécise.
En 1971, les « 343 » manifestent et reconnaissent avoir avorté dans le Nouvel Observateur. Ce sont 343 femmes qui affirment s’être faites avortées, en s’exposant à des poursuites pénales allant jusqu’à l’emprisonnement. Parmi elles : Simone de Beauvoir, Catherine Deneuve, Christine Delphy, Marguerite Duras, Brigitte Fontaine, Françoise Sagan, Nadine Trintignant, Agnès Varda, Monique Wittig...
En 1972, le procès de Bobigny frappe les esprits : il s’agit de l’acquittement d’une jeune fille qui a avorté suite à un viol. Le procès politique de l’avortement est gagné. Simone Veil, alors ministre de la santé, gagne en 1974 après des mois de lutte la légalisation de l’avortement en France.

L’amour libre (Le terme d’amour libre est utilisé pour décrire un mouvement social qui rejette le mariage, même si cette notion est aujourd’hui comprise comme un droit au plaisir ou à des relations multiples, historiquement ce mouvement revendiquait plutôt l’absence de régulation par la loi des relations amoureuses engagées librement.) se « généralise » suite aux réformes de dépénalisation de l’avortement, du droit à la contraception. L’amour « libre » libère le corps de la femme. Il est représenté comme lieu de désirs susceptibles d’une libre expression, d’une libération. Mais il est d’un point de vue féministe à double tranchant : il peut devenir un moyen de pression à des relations non consenties.

La première sociologue à élaborer la distinction entre le sexe et le genre est la britannique Ann Oakley. En 1972, dans Sex, Gender and Society, elle explique que masculinité et féminité ne sont pas des substances « naturelles » inhérentes à l’individu, mais des attributs psychologiques et culturels, fruits d’un processus social au cours duquel l’individu acquiert les caractéristiques du masculin ou (et) du féminin. Le genre est ici considéré comme le « sexe social ».

Les différents courants féministes commencent à s’affirmer. On parle dès lors de Féminitude, d’essentialisme. On dit essentialiste un courant (pas forcément féministe) qui considère que les différences sont innées, mais qu’elles ne sont pas l’excuse d’une domination. Les féministes essentialistes voient des différences biologiques, psychiques constitutives du sexe et ne distinguent pas le sexe du genre. Les femmes ont des caractéristiques biologiques qui induisent des comportements. Ces différences ne justifient en aucun cas la domination des femmes par les hommes, mais justifient un certain biologisme : les femmes aiment les enfants parce qu’elles ont une nature de génitrice. L’essentialisme s’oppose à un libre arbitre individuel et se base sur des généralisations, contrairement au constructivisme qui se fonde sur les exceptions.
Le constructivisme est un autre courant féministe (mais pas uniquement) qui considère, comme Simone de Beauvoir, qu’on ne naît pas femme, mais qu’on le devient. Le constructivisme intègre le genre dans notre sexe. Le genre est la construction qu’on ajoute à notre sexe biologique (humain/humaine) pour faire de nous des femmes et des hommes. Les femmes aiment les fleurs parce que depuis leur enfance on les met dans un univers rose et fleuri. Le constructivisme va jusqu’à nier le déterminisme biologique : une femme n’est pas une femme parce qu’elle a ses règles, mais parce qu’on l’a construite femme. Le constructivisme considère que les généralités ne sont que le fruit d’une reproduction sociale, non pas de l’essence de l’individu.
Les féministes marxistes, dites plus couramment matérialistes par élargissement du terme sont représentées (en tout cas pour la plus connue en France) par Simone de Beauvoir (on peut cumuler les étiquettes de matéraliste et constructiviste). C’est la liaison des idées marxistes de lutte des classes et du féminisme.
Le féminisme lesbien dont certaines des militantes les plus connues sont les « gouines rouges », créées en 1971. Elles prônent l’idée qu’une société sans domination homme/femme sera sans homme. Monique Wittig (1935-2003), littératrice et universitaire française, co-fondatrice du MLF, disait « il serait impropre que de dire que les lesbiennes vivent, s’associent, font l’amour avec des femmes car la femme n’a de sens que dans les systèmes de pensée et les systèmes économiques hétérosexuels. Les lesbiennes ne sont pas des femmes ».
Le black féminisme d’Angela Davis (née en 1944), militante communiste et professeure de philosophie américaine, lie les luttes de classe, de race et de genre. Encore une fois il y a un lien entre ces luttes et la pensée du moment : en 1960 Said (un théoricien littéraire, un critique et un intellectuel palestino - américain) théorise le post-colonialisme dans Orientalism, ce qui permet la liaison entre les luttes féministes et celles du post-colonialisme.
Le féminisme radical n’est pas une théorie mais un mode d’action de certaines féministes.

La troisième vague : les années 80

Ce sont des années de réformisme français, de pacifisme féministe français alors que le féminisme anglo-saxon reste radical. Dans les années 90 il y a une rupture, on se revendique pute, lesbienne, black. Le féminisme commence à se discuter en mixité, questionne le dialogue homme/femme. Le féminisme de la troisième vague intègre dans ses conceptions les limites de l’hétérosexualité, de ce qu’est être une femme...

Dans la troisième vague la notion de genre est primordiale, elle est affinée : c’est le genre qui légitime les relations de pouvoir entre les sexes. Remettre en cause ces relations de pouvoir n’est possible qu’en remettant en cause le genre.
En 1988, Joan Scott (née en 1941), historienne américaine, ajoute à la dimension constructiviste du féminisme l’idée de relations de pouvoir entre sexes aboutissant en général à une domination masculine dans les sphères privées et publiques. Elle souligne « le genre est un élément constitutif de rapports sociaux fondés sur des différences perçues entre les sexes et le genre est une façon première de signifier des rapports de pouvoir ». Cela remet en cause entre autres la dimension intérieur/extérieur du féminin et du masculin. Dire qu’il y a des différences entre les hommes et les femmes (féminisme différentialiste) légitime la domination des hommes sur les femmes.

On cherche dans cette troisème vague à déconstruire les rôles genrés avec les naissances des mouvements queer puis LGBT(QI) - Lesbian, Gay, Bisexual and Transgendered people (Queer and Intersex people).
Dans son article « Sexe et Genre », paru dans l’encyclopédie Universalis 7 Christine Guionnet (née en 1967), universitaire en science politique française, explique bien ces « troubles dans le genre » : « Le sexe précède-t-il le genre, ou est-ce l’inverse ? Certains auteurs, dits « essentialistes », estiment qu’existent en premier lieu des natures féminine et masculine irréductibles, biologiquement données, à partir desquelles se sont édifiées les relations de genre. À l’inverse, les « anti-essentialistes », s’inspirant notamment des travaux de Michel Foucault sur la sexualité, proposent de renverser le lien entre sexe et genre, et considèrent que ce sont avant tout les rapports de forces inégaux entre hommes et femmes, les relations de genre, qui ont conduit à mettre en avant une bipolarisation sexuelle susceptible de naturaliser et de justifier la répartition des rôles sociaux selon les sexes. Ainsi, pour Christine Delphy (N.D.L.R. : Née en 1941, universitaire en féminisme matérialiste française) « si le genre n’existait pas, ce qu’on appelle le sexe serait dénué de signification, et ne serait pas perçu comme important : ce ne serait qu’une différence physique parmi d’autres ». Les différences de sexe, supposées naturelles, sont donc elles aussi culturellement construites. Avec la multiplication de mouvements et théories queer (mot anglais signifiant littéralement « bizarre », « étrange », voire « déviant », et de plus en plus associé aux homosexuels), le débat s’oriente, au tournant du XXe siècle, sur l’articulation entre genre et sexualité. »
Certains auteurs, telle Judith Butler (née en 1956) universitaire en philosophie américaine, invitent à poursuivre l’effort intellectuel de dénaturalisation ayant permis de conceptualiser la notion de genre. Il s’agit, selon eux, de renoncer à raisonner à travers l’association des binômes sexe/genre et nature/culture, et de dissocier l’idée de genre de l’opposition nécessairement binaire entre féminin et masculin. L’injonction à se conformer nécessairement à la norme du féminin ou à celle du masculin révèle une erreur essentielle, consistant à oublier que les identités sexuelles sont elles-mêmes des construits culturels et que le binôme féminin/masculin ne vient pas « épuiser le champ sémantique du genre ». Le classement hétérosexuel/homosexuel s’avère tout aussi normatif et lié au désir de classifier et de masquer des orientations sexuelles initialement multiples, des identités personnelles bi- ou trans-genre, marquées par des traits et des désirs à la fois féminins et masculins, et non réductibles à l’un ou l’autre. Judith Butler invite à reconnaître le « trouble » qui existe dans le genre et les identités sexuelles et à subvertir les injonctions normatives en matière de sexualité. Il faut cesser de naturaliser et classifier sexes, corps et désirs sexuels, et laisser s’épanouir la multitude de configurations identitaires possibles en matière de sexualité et de genre. À la suite des women studies et des gender studies, les L.G.B.T. studies s’attachent ainsi à repenser le genre et la sexualité à travers de nouvelles catégories (queers, asexuels, intersexuels, bisexuels, etc.).

Les limites des genres, forcément construits, sont remis en question par les mouvements Queer et LGBT(QI) : comment être lesbienne dans une société hétéronormée ? L’homosexualité devient une limite au genre. Le Queer interroge les essentialistes : comment pourrait on parler d’un groupe femme quand des femmes aiment les femmes ? Alors que la majorité aime les hommes.
Le mouvement transgenre, quant à lui, interroge également la limite du sexe biologique et sa possible incomptabilité avec le genre.
Aujourd’hui encore certains auteur.e.s telles que Judith Butler nous invitent à poursuivre la dénaturalisation pour conceptualiser la notion de genre. Philosophe de la théorie Queer et des Gender Studies, elle forge le concept de performativité de genre : la masculinité et la féminité ne sont que des partitions sociales apprises, répétées, exécutées que l’on finit par croire intérieures mais dont les limites se trouvent dans les cultures trans qui jouent des frontières du genre.

Béatriz Préciado (née en 1970), universitaire en philosophie espagnole, amène un féminisme expérimental où l’on rit, on sent, on cherche. « Il faut philosopher à coups de gode plutôt qu’à coups de marteaux » manifeste contra-sexuel nous conseille-t-elle. Il faut l’admettre, la philosophie serait peut être plus jouissive. Elle tente de chercher les limites du genre (elle est donc queer). Elle prend pendant un an de la testostérone, tente la moustache...

La limite temporelle de la troisième vague semble floue. Dans un monde où le féminisme redevient à la mode, où être queer c’est être « hype » et où les partis politiques hurlent à la parité, comment gérer ou non son propre féminisme ?

P.-S.

Pour aller plus loin :

  • Angela Davis, Femmes, Race et Classe, Des Femmes, 2007, (2e éd. 1983)
  • Simone de Beauvoir, Le deuxième Sexe, tome 1 partie Histoire.
  • Marie-Jo Bonnet, « Les Gouines rouges », Ex-Aequo, n°11, octobre 1997
  • Marie-Hélène Bourcier, (dir.), Q comme Queer, Lille, GayKitschCamp (QuestionDeGenre/GKC), 1998.
  • Maité Bouyssy, « Theresia Cabarrus, de l’instruction des filles et de la Révolution », in Annales historiques de la Révolution française, 2006, p. 125-146.
  • Judith Butler, Trouble dans le genre. Pour un féminisme de la subversion, La Découverte, Paris, 2005
  • Christine Delphy, L’Ennemi principal 1, Économie politique du patriarcat, Paris, Syllepse, 1998
  • Emma Goldman, L’Épopée d’une anarchiste. New York 1886 - Moscou 1920, Bruxelles, Complexe, 2002.
  • Olympe de Gouges, Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, 1791
  • Christine GUIONNET, « sexe et genre », Encyclopédie Universalis 7
  • Geneviève FRAISSE, « Histoire du féminisme », Encyclopédie Universalis 7
  • Louise Michel, Ligue internationale des femmes révolutionnaires, Appel à une réunion, signé : Louise Michel, Paris, 1882
  • Louise Michel, Manifeste et proclamation de Louise Michel aux citoyennes de Paris, signé : Louise Maboul, Paris, 1883
  • Collectif Ovaire et Contre Tout, Les grandes gueules du féminisme, septembre 2010
  • Madeleine Pelletier, L’Éducation féministe des filles, 1914
  • Christine de Pisan, La Cité des dames, 1404-1405
  • Béatriz Préciado, Manifeste contra-sexuel, traduction de Marie-Hélène Bourcier, Paris, Balland, coll. « Le Rayon » 2000 ; réédition, Au diable vauvert, 2011
  • Joan Scott, Théorie critique de l’histoire. Identités, expériences, politiques, Paris, Éditions Fayard, coll. "à venir", 2009.
  • Flora Tristan, L’Émancipation de la femme ou le Testament de la paria, 1845
  • Monique Wittig, La Pensée straight, Balland « Le Rayon » - rééd. éditions Amsterdam, 1992

Mai 2012 – pas de copyright – Ed. Les chats qui dansent – Bordeaux

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