Violences et attouchements sexuels des gendarmes après le rendu du procès de la voiture brûlée

Après le rendu du procès de la voiture brûlée du quai de Valmy, le 11 octobre, les soutiens aux inculpés ont été violemment expulsé.e.s du tribunal. Deux témoignages viennent compléter le compte-rendu publié précédemment, et en particulier sur les attouchements et violences qu’ont subies deux femmes de la part des gendarmes.

Nous étions venu.e.s, militant.e.s, ami.e.s, en soutien à l’énoncé du verdict du procès de la voiture brûlée du Quai de Valmy.

Malgré tous les contrôles que nous que nous avions du subir pour arriver jusque devant la chambre du délibéré, malgré la présence policière massive et disproportionnée, en tenue anti-émeute (pour un groupe d’une centaine de personnes non masquées et pacifiques qui viennent soutenir des prévenus), qui devait être censée nous montrer qui avait le pouvoir, nous étions tou.te.s très calmes, plutôt penché.e.s sur nos portables et Twitter pour suivre le délibéré, que vociférant.e.s et enragé.e.s... Nous avons donc suivi ainsi les attendus les plus farfelus et ineptes du juges, puis un à un, les verdicts et les peines. Grand abattement, sentiment d’impuissance et rage à l’énoncé du verdict qui concernait Antonin. Quelques slogans fusent alors dans le hall, mais aucun mouvement de foule...

Entre temps, et juste avant que les verdicts ne tombent les uns après les autres, les cordons de CRS/gendarmes qui nous encadraient jusque là s’étaient renforcés. D’une ligne, ils étaient passés à deux ou trois lignes bien serrées. Ils s’étaient resserrés et avaient commencé à avancer vers nous, qui étions surtout tourné vers la sortie des familles et des avocats. Pour la plupart, nous tournions le dos au CRS qui avançaient vers nous.
À un moment, ils ont tous avancé et une fois qu’ils étaient au contact physique avec nous, de dos, ils nous ont « demandé » d’évacuer les lieux. Nous étions dans un tribunal, lieu public, nous n’étions donc pas tous disposés à obéir manu militari.

Alors les CRS et gendarmes nous ont poussé.e.s, physiquement, de manière à nous faire sortir par une porte de environ 1,5 m de large. Cris, douleurs, étouffement, sentiments d’être du bétail qu’on expulse. Nous n’avions rien fait de plus qu’être là et réagir verbalement au verdict.
Deux militantes ont subi des attouchement sexuels pendant l’expulsion du tribunal (elles témoignent de cela de leur côté).

Ensuite, les CRS/gendarmes, narquois et sourire en coins, méprisants, nous ont repoussé.e.s le long du quai, puis le long du pont (toujours lieux publics), jusqu’à la place Saint Michel. Nous n’avions juste pas le droit d’être là, de dire et montrer notre soutien à des militants radicaux antifa... Il y avait clairement une volonté de nous montrer que nous étions nous-mêmes criminalisé.e.s du simple fait d’être en soutien à la cause antifa, radicale, anticapitaliste... Toute cette expulsion est une suite de micro dépassement du droit par le pouvoir, par la police...

Jusqu’où et jusqu’à quand devrons nous accepter ça ?

LA LUTTE CONTINUE

Mela


En soutien aux prévenu(e)s dans l’affaire de la voiture brûlée du quai de Valmy, j’étais présente devant la chambre correctionnelle en attente des verdicts, comme quelques dizaines d’autres personnes.
L’attente s’est faite dans le calme malgré la déception face aux lourdes peines prononcées.
Une fois l’audience terminée, les gendarmes nous ont évacués dans une grande violence.
Je garde ce jour quelques bleus, le cou bloqué.

Ceci toutefois n’est rien en comparaison à l’attouchement que j’ai subi hier. Le gendarme positionné derrière moi pour me sortir s’est agrippé à mes seins, non seulement agrippé mais palpant aussi ces derniers.
Il m’était impossible de me sortir de ses mains, tant nous étions tous serrés les uns contre les autres, certains ayant même du mal à respirer, nos cages thoraciques comprimées.
Il a fallu que j’hurle et que j’hurle encore plusieurs secondes pour que le gendarme cesse. J’ai finalement pu me retourner et être face à lui, son sourire narquois, sadique et pervers m’a comme craché à la figure.
Une fois sortie de ce guet-apens, je n’y croyais pas encore, quand tout à coup une autre femme est en train d’hurler sur les gendarmes, elle aussi venait de se faire peloter par l’un d’entre eux !

À ce moment là, j’ai de suite compris, deux femmes sur un si petit espace, au même moment, viennent de subir des attouchements sexuels par deux gendarmes différents, cette pratique ignoble ne pouvait être que courante !!!
Rage, dégoût et colère, pour moi et toutes ces femmes qui l’ont également vécu. Plusieurs douches brûlantes n’ont eu raison des mains crasses de cet homme sur mes seins.

Corps policier et de gendarmerie n’aiment pas les militants, mais je crois bien que les militantes les dérangent encore plus !! Je suis toutefois une résistante, et LA LUTTE CONTINUE !

Karima

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