Brigade Anti Rafle (B.A.R) : Affronter, Agir, Espérer

Appel à Réunion à la Bourse du Travail mardi 27 juin de 18 à 22H (salle Jean Jaurès).

La Brigade Anti Rafle (BAR) est née en 2016, pendant un Été policier

Pour faire face, et par rage.

Pour empêcher l’État de constituer toujours plus, par des contrôles au faciès géants, suivis d’enfermements, et en détruisant des biens, des Autres.

La BAR c’est pour dire : « Nous sommes ensemble, vraiment. Et donc… Nous sommes ensemble, même, surtout quand la Police débarque ».

Les membres de la BAR ont conscience que la principale menace raciste pesant sur les étranger.es illégalisés de ce pays, et contre les Noirs, les Arabes, ou les Rroms de France n’est pas Marine Le Pen, mais le locataire de la place Beauvau. Ce constat vaut quelque soit le gouvernement en place.

Lundi prochain, M. 23 ans afghan enverra un dossier à l’OFPRA, il sera moins bien traité qu’un demandeur d’asile lambda. Il est en « procédure accélérée », défavorable pour lui car, quelques jours après son arrivée en France et alors qu’il dormait à la rue, il a reçu une Obligation de Quitter le Territoire Français. Raflé.

La BAR est née pendant un Été policier après un Printemps lacrymogène

Pour faire quelque chose et en finir avec l’impuissance.

Elle a perturbée ou rendu caduques des rafles en faisant fuir des gens ou en se mêlant à eux.

Elle a suivi les camions policiers, en taxi, en vélo, ou en voiture.

Elle a découvert des commissariats réservés aux étranger.es, elle s’est glissée dedans ou s’est rassemblée devant pour remplir des papiers, des dossiers d’aide juridictionnelle et pour récolter des témoignages.

Elle a fait de l’information sur les campements, à Stalingrad, à Jaurès, à Gare du Nord à Barbes, à Château Rouge.

Elle a fait annuler des Obligations de quitter le Territoire Français ou des placements en rétention.

Elle a témoigné, dénoncé, rendu visible, une chasse à l’homme à l’abri des regards et des opérations policières de masse [1] en plein jour qui ne sont toujours pas consignées dans les registres municipaux.

La BAR a pris des coups. Il y a des procès en cours. Elle a appris à se défendre.

Les données qu’elle a récolté et les actes qu’elle a posés, ont permis à des gens de demander l’asile en France, ont aidé à des actions collectives contre les gouvernant.es et ont créé des liens solides avec nombre d’éxilé.es.

La BAR est née pendant un Eté policier, prélude à un Automne liberticide

Hier, les rafles fonctionnaient de pair avec la mise en place du centre de tri de Mme Anne Hidalgo en concertation avec Emmanuelle Cosse et Bernard Cazeneuve.

Devant France Trottoir d’Asile, métro Jaurès, J. qui a dormi 85 jours à la rue nous racontait il y a 10 jours que « pour entrer dans ce camp, tu es obligé de sentir, de goûter un peu de gaz ».
Les rafles n’ont jamais cessé en Banlieue, dans les gares de France ou à Calais.
Ces jours ci elles s’accentuent. Dans la capitale des gyrophares le prétexte du moment c’est les JO :« Il faut « nettoyer les rues » nous dit-on.

Hier, Scander un tunisien qui allait se marier avec une française a été expulsé de force après avoir passé 31 jours dans une prison pour étranger.es à Vincennes.Son crime ? Charger son pass Navigo à Gare de Lyon. Raflé comme celles et ceux qui cherchent du Wifi à Garde l’ Est.

La BAR est née pendant un Eté policier, miroir d’un Hiver sécuritaire

Elle a l’ambition de grossir et de faire des petit.es, partout.

Être membre de la BAR ne nécessite aucune capacité physique, aucune compétence particulière.

A nos actions nous avons vu des femmes et des hommes du quartier, jeunes, vieux, de toutes origines et tous milieux sociaux.

C’est la rencontre et le mélange de populations inégalement raflables qui fait notre force.

La BAR est une armée de gens ordinaires et de n’importe qui, à l’image du monde tel qu’il est en bas de chez toi. A l’image du monde tel qu’il n’est pas à l’Élysée, à l’Assemblée Nationale, ou à la tête des des grandes entreprises.

La BAR est née pendant un été policier pour conjurer les saisons blanches et sèches

Elle a l’ambition de reconquérir les quartiers où la Police va trop pour aider les habitant.es à se défendre et se protéger les un.es les autres.

Ces trop-go-zones, où « Abbas » et « hawa (l’air) » (comme disent les Soudanais.es et les Erythren.es pour désigner les bleus) prennent leurs aises, c’est d’abord Chez Nous.

Nous voulons que partout, dans cette France en guerre permanente votée à la quasi-unanimité et dans l’indifférence, cette France où les militaires se baladent le doigt sur la gâchette, on complote, on manifeste, on dise, qu’ils et elles entendent, voient, ressentent : "Hey, laisse pas trainer ton flic ! »

Nous voulons que la volaille en képi, les barbouzes en kakis et celles et ceux qui les commandent se sentent filmés, surveillés, jugés en permanence.

Il n’y a que cela qui empêchera la police de venir chercher A.R soudanais dans son centre d’hébergement francilien à 2h30 du matin pour l’expulser la veille de la fin de « son Dublin » comme cela est arrivé la semaine dernière.

Il n’y a que cela qui stoppera les ballets pleins de morgue de la Bac ou des GPSR qui jouent aux cowboys devant les vendeurs à la sauvette.

« By any means necessary »

L’État d’Urgence gangrène désormais aussi le droit commun qui nous protégeait déjà si peu. C’est la preuve que toutes les marges de manœuvres que nous abandonnerons seront perdues.

L’État est illégal. Aussi, la BAR » s’autorise à faire tout ce qu’elle jugera utile et légitime pour arriver à ses fins.

Veiller, Informer Résister, Exister, Répondre (V.I.R.E.R). C’est notre plan d’action.
Calais, la Roya, Clichy-sous-bois, Paris, Mohamed Moussa, Ali ziri, Khalil, Théo Luaka, Ibrahim, Adama Traoré, La loi Travail, Lamine Dieng, Notre Dame des landes, 47 [2], tant de chiffres, de noms, de corps et de larmes.

Ces dernières années nombreux sont celles et ceux qui déplorent, constatent.

Les perspectives prennent la forme de meetings, de « coups » et de tribunes où trop souvent, l’entre soi satisfaits des un.es, fier.es d’en être parfois à juste titre, dispute à la déprime des autres conscient.es d’être trop peu.

Nous pleurons nos blessé.es, nos mort.es, nos camarades et nos déporté.es.
Mais, honorer les nôtres c’est avant tout faire, pour sauver nos peaux.

Dans les quartiers, sur les campements, dans les bidonvilles, autour des gares, dans les centres d’hébergements et les Prahda, nous irons, pour changer de saison.

إلى الأمام ! [3]
La BAR est née au cœur d’un Eté policier.
Elle a grandi dans un Automne lacrymogène et a traversé l’Hiver sécuritaire.
La BAR est née au cœur d’un Eté policier
Nous préparons le Printemps en respirant nos rêves

Lachapelle.debout@gmail.com

Notes

[1Plus de 4000 arrestations, 500 OQTF qu’on a fait passer pour des « promesses d’hébergements », 135 personnes placées en rétentions dont des mineurs.

[2En 10 ans, 47 hommes désarmés sont morts à la suite d’une intervention des farces de l’Ordre.

[3En Avant !

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