Manifestation contre le chômage et la précarité

Appel des organisations syndicales et des collectifs de précaires et de chômeu-se-rs à la manifestation annuelle au départ de Stalingrad, ce samedi 3 décembre à 14h.

Extrait du communiqué des organisations syndicales et de chômeu-se-rs :

2016 aura été riche en reculs sociaux et en luttes. D’abord l’échec de la négociation de l’assurance chômage et bien évidemment le passage en force de la loi travail, malgré de gigantesques mobilisations.

Rien n’y fait, ni les déclarations, ni le chantage du MEDEF, ni les mesurettes, ni les cache misère, le chômage ne recule pas, pire l’UNEDIC annonce d’ores et déjà son augmentation pour 2017.
Comment s’étonner quand on sait que la seule politique économique à l’œuvre est basée sur l’aide aux entreprises, sans contrepartie et sans obligations.

Le C.I.C.E c’est des dizaines de milliards de cadeaux au patronat, ainsi P.S.A a perçu 80 millions d’euros pour 8000 suppressions d’emplois, le service public n’y échappe pas ; La Poste a reçu 297 millions d’euros pour 4500 suppressions d’emplois.
C’est cette logique destructrice qu’il faut remettre en cause. Les vies qu’ils nous font vivre sont à peine des survies, des parcours du combattant semés d’embûches, des courses quotidiennes d’urgence en urgences.

La réalité c’est ; 6,5 millions de chômeurs, 5,7 millions pour les seules catégories A, B et C. On assiste à l’explosion de la catégorie B ce qui montre le développement de la précarité, des petits boulots, des petits contrats, des courtes missions, qui sont trop souvent le lot des femmes.

La conséquence c’est des petits salaires, des revenus insuffisants, c’est plus de pauvreté et de misère.
Et ces chiffres qui sont des vies ne tiennent pas compte des radiations, des découragés, des invisibles, de celles et ceux n’ayant aucun droit.

Extrait du communiqué de la CNT :

Depuis quelques années, les « réformes » qui renforcent cette précarité se multiplient :

  • attaques incessantes contre la sécurité sociale (chômage, maladie et retraite) qui génèrent de plus en plus de retraités pauvres, de baisse des allocations chômage, de radiations de demandeurs d’emploi et de réduction des droits à la santé ;
  • la suppression massive de postes et des recrutements aux concours dans toutes les fonctions publiques (État, territoriale et hospitalière), remplacés par des contrats précaires, avec pour seul but de faire toujours plus d’économies. Ces personnels sont, par ailleurs, à l’issue de leurs contrats la plupart du temps remis sur le marché du travail sans avoir au préalable pu bénéficier de formations, main-d’œuvre malléable à moindre coût correspondant pourtant à de réels savoir-faire et à divers champs de métiers ;
  • la loi travail n’entrouvre les minima sociaux aux jeunes qu’au prix d’obligations pesant sur eux ; elle permet à Pôle emploi de déduire directement les trop-perçus sur le compte des chômeurs ou de ne pas prendre en compte les déclarations tardives d’activité ; plus largement, cette loi renforce les pouvoirs du patronat en matière de temps partiel ou de flexibilisation du temps de travail (et donc de baisse des salaires effectifs) et facilite les licenciements économiques ;
  • au cours des derniers mois, la baisse des APL, la suppression de la prime pour l’emploi, l’intensification des contrôles pour les chômeurs, les allocataires du RSA, les bénéficiaires de la CMU-C... Et la multiplication des sanctions et des radiations ;
  • le rapport Sirugue sur la restructuration des minima sociaux annonce une baisse généralisée des allocations, et une reprise en main des allocataires à travers des programmes coercitifs d’insertion. La loi de finance 2017 pose les premières bases de ce programme : flicage des allocataires du RSA par les départements, nivellement par le bas des montants d’allocation. Pendant ce temps, la droite promet aux allocataires des carences de RSA, et du « bénévolat forcé ».

Dans le même temps, l’État multiplie les cadeaux au patronat avec, par exemple, les lois Macron ou le Pacte de responsabilité. Ainsi, le dispositif de prime à l’embauche pour les PME, prime de 4000 euros pour l’embauche d’un salarié, sous réserve que cela soit un bas salaire (pas plus de 1,3 fois le Smic), permet par exemple d’accroître la masse de travailleurs pauvres en concédant des embauches à bas salaires au motif d’une main-d’œuvre dite « peu qualifiée ». La « reprise » ainsi annoncée et la « baisse » des chiffres du chômage sont tout simplement l’indexation de la force de travail des salariés vers des emplois sous-payés, sans compter les radiations des chômeurs renvoyés vers d’autres dispositifs d’aides sociales comme le RSA, une fois arrivés en fin de droits.

Globalement, nous assistons au passage de l’État « social » à l’État « pénal » : d’un côté, l’État réduit les aides sociales et de l’autre, il développe et accroît la pénalisation voire l’incarcération de ceux qui subissent la précarité, et flexibilise le « marché du travail ». La mise en place de ce dispositif de contrôle généralisé de tous les instants de la vie est autant destinée à faire accepter l’inacceptable, la précarité de l’emploi et celle de la vie, qu’à brider toute possibilité de développement d’une vie et d’une créativité autonomes, c’est-à-dire extérieures au marché du travail, au capitalisme et à l’État.

Manifestation
Samedi 3 décembre 2016 à 14h
place de Stalingrad

Cortège des précaires de l’éducation nationale :

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