Existrans : Plus de 20 ans que l’Etat français piétine les droits des personnes trans et/ou intersexes.

et Plusieurs mois que l’Etat piétine Kara !

  • Communiqué de la CGA Région Parisienne appelant à la 20 ème Existrans. RDV samedi 15 octobre à 14H - Métro Belleville

Le 15 octobre a lieu pour la 20ème fois l’Existrans, marche de revendication pour les droits des personnes trans. Cette marche anniversaire compte défendre l’autodétermination des personnes trans et/ou intersexe et dénoncer le piétinement de leurs droits et de leur santé depuis des décennies.

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Piétinée, c’est la situation des personnes trans et/ou intersexes face aux institutions, à la justice, à la santé.

Piétinée
c’est la vie de Kara, jeune femme trans, depuis le 26 mai où elle a été jetée en prison à la suite de sa participation au mouvement contre la loi « travail ». Emprisonnée en quartier d’isolement, elle a été privée pendant de longs mois de son traitement hormonal. Son identité de genre est balayée. La CGA région parisienne apporte tout son soutien à Kara et exige la relaxe immédiate de notre camarade.

Lire aussi  :  Des nouvelles de Kara Wild, toujours emprisonnée  | 20 août 2016

Piétinée, c’est la vie de nombreuses personnes trans, dont Hande, assassinée cette année en Turquie parce que femme transexuelle. En 2015, 21 femmes trans, la plupart racisées, ont été assassinées aux États-Unis. En France, on a également assisté dans le sillage de l’ouverture du mariage pour tou•te•s à une recrudescence d’actes homophobes et transphobes, dans le contexte de La Manif Pour Tous. Même si les chiffres ont un peu rediminué depuis, SOS Homophobie recensait en 2013 une hausse alarmante des agressions homophobes et transphobes de 77%.

Piétinées, car la nouvelle proposition de loi sur le changement d’état civil n’est au mieux que l’inscription dans la loi, des pratiques scandaleuses existants déjà, au pire un texte encore plus réactionnaires qui laissent voire l’influence et la pression du camp de la bourgeoisie réactionnaire « Manif pour tous » et « anti-gender ». Ces derniers ciblent de manière claire les personnes trans . Leur mobilisation dimanche 16 octobre, lendemain de l’Existrans est un affront contre toutes les personnes trans, les minorités sexuelles , contre tout notre camp social.
Au quotidien, les personnes trans subissent des violences, que ce soit dans la rue, au travail, dans la sphère privée (famille, couple, etc.), ou encore dans les institutions (administration, police, prison, etc.).

Les personnes trans sont obligées d’affronter de véritables entraves pour accéder aux traitements médicaux (notamment hormones et chirurgie) leur permettant de changer leur corps, ou encore pour procéder à un changement d’état-civil, et se voir délivrer des papiers d’identité au genre dans lequel elles vivent. Cette transphobie d’Etat relaie et renforce la transphobie ambiante qui découle du système patriarcal.

Cette transphobie d’Etat relaie et renforce la transphobie causée par un système patriarcal, qui perpétue l’idée qu’être homme ou femme est un fait de nature, causé par la génétique, alors qu’il s’agit de constructions sociales, de rapport d’oppression entre un groupe dominant et un groupe dominé.

Cette transphobie ambiante engendre une situation de grande précarité pour les personnes trans, qui ont beaucoup de difficultés à trouver un travail ou à avoir un accès à la santé. Par ailleurs les personnes trans subissent des violences, que ce soit dans la rue, au travail, dans la famille ou dans le couple, par la police, dans les prisons, etc.

Contre la transphobie, luttons contre le patriarcat !

Si nous soutenons les luttes pour des mesures législatives concrètes, comme un changement d’état-civil simplifié ou une meilleure prise en compte par les médecins, nous estimons que, seules, elles seraient insuffisantes, et qu’il est aussi capital de lutter contre l’ensemble du système patriarcal, pour en finir avec toutes les oppressions et violences qui en découlent, sexisme, homophobie et transphobie. Ce système de domination et d’exclusion renforce la précarité et les violences générées par toutes les formes d’exploitation et de domination qui traversent la société (exploitation capitaliste, racisme, etc.). Ainsi, il nous apparaît nécessaire de lutter contre tous les systèmes d’exploitation et de domination, pour l’émancipation de tous et toutes. En tant qu’anarchistes, nous pensons que seules les luttes auto-organisées, et l’autogestion nous permettront de sortir de tels systèmes, que ceux et celles qui en profitent ont tout intérêt à préserver. Une telle auto-organisation ne peut être réellement effective qu’à condition que les personnes concernées puissent dès maintenant prendre pleinement leur place dans les organisations militantes de leur choix et dans les luttes. Par conséquent, nous nous engageons au quotidien contre le sexisme, l’homophobie, la transphobie, le racisme, la domination étatique et l’exploitation capitaliste, et portons nos revendications de rupture, pour une société libertaire et égalitaire.

P.-S.

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