Zak assassiné à Athènes le 21/09/18

Zak Kostopoulos, 33 ans, a été assassiné dans le centre d’Athènes en pleine journée, vendredi 21 septembre 2018. Plus de précisions sur une affaire sordide.

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Depuis vendredi 21 septembre, des panneaux, des tags, des manifestations, des assemblées dénoncent son assassinat dans toutes les grandes villes de Grèce.

Voici la suite des événements :

Vendredi, les médias annoncent la mort d’un « voleur drogué » dans un magasin de bijoux à Omonoia (Athènes). Des vidéos circulent, montrant le bijoutier, qui avait quitté son magasin pour 5 minutes avant l’événement, balayer le verre cassé devant son magasin.

Plus tard, une autre vidéo apparaît, montrant Zak, apparemment très faible à l’intérieur du magasin, essayant de casser la porte en verre qui était bloquée. N’y arrivant pas, il essaie de passer par la vitrine, en essayant de la casser. Le propriétaire et un autre homme, qui étaient à l’extérieur du magasin, lui donnent des coups de pieds sur la tête. Zak reçoit des coups qui lui enfoncent le verre de la vitrine dans tout le corps. Il se retrouve inconscient sur le trottoir devant le magasin sur les éclats de verre. Les médias parlent d’un « voleur drogué, armé d’un couteau » qui s’est blessé lui même. Le propriétaire du magasin se présente comme une victime.

Quelques instant après, l’identité du « voleur » est publiée : activiste gay et séropositif, consommateur occasionnel de drogues, connue comme la drag queen Zackie Oh, membre actif de la communauté LGBTQI.

Le même jour les médias font un sondage : « êtes vous d’accord avec la réaction du propriétaire ? », « êtes vous pour l’héroïsation du fameux voleur, homosexuel et séropositif ? ». Le public peut répondre par tweet pour la première question et par sms payant au tarif d’1,56€ à la deuxième... [1]
 [2]

Dimanche, un nouveaux témoignage change la donne. Un ami de Zak dit qu’il n’est pas rentré dans le magasin pour voler mais pour se protéger d’une bagarre qui avait lieu au café d’en face ou il était assis avec des ami.e.s. [3]

Un autre témoignage est dévoilé jeudi, prouvant que Zak n’a pas eu la volonté de voler quoi que ce soit en entrant dans le magasin. [4]

Lundi, les médecins légistes annoncent que la cause du décès n’est pas certaine. Ce sont les mêmes médecins légistes qui, à plusieurs reprises, ont « sauvé » les procès de flics et de fascistes en présentant des attaques mortelles comme des blessures superficielles. L’un d’eux a été témoin de la défense d’un procès de l’Aube Dorée, et l’autre a caché des éléments visuels du procès d’un flic pour l’assassinat de sa femme de 22 ans. [5]

Mardi, jour de l’enterrement, un groupe de fascistes circulait devant le magasin en jetant des tracts et en criant des slogans. [6]
Mercredi s’est déroulé le procès du bijoutier. Un rassemblement devant le tribunal a entonné des slogans comme « A Omonoia y a pas eu de vol, y a eu un assassinat par les flics et les patrons ».
Le bijoutier refuse l’accusation de l’assassinat de Zak, il dit que c’est l’autre homme qui l’a entraîné à la violence et que lui a juste voulu protéger sa propriété. Les deux hommes parlent d’autodéfense. Au procès, les vidéos le montrant en train de taper Zak ne sont même pas présentées dans leur intégralité. Le propriétaire est en liberté conditionnelle depuis le procès. [7]

Le lendemain, jeudi 27 septembre, une nouvelle vidéo apparaît. On voit 8 flics autour de Zak qui est toujours inconscient et immobile, couché sur le trottoir dans une flaque de sang. Un d’eux lui donne des coups de pieds pendants que ses collègues, en criant violemment « Attrape-le, attrape ses jambes », essaient de lui mettre des menottes, matraque à la main. Un d’eux tient un couteau sans gants. La vidéo se finit avec la question de l’un d’entre eux qui se demande s’ils ont appelé une ambulance. [8]

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Le même jour, suite à la publication de la vidéo, le président des employés de police d’Athènes félicite l’équipe de policiers lors d’une interview à la télé. Il estime qu’il ont fait du bon travail en protégeant les passants, la personne arrêtée, ainsi qu’en se protégeant eux-mêmes. Il dit « c’est ça la pratique de la police. Si vous l’aimez c’est bien sinon tant pis... » [9]

Après investigation, aucune trace de l’ADN de Zak n’a été retrouvé sur le couteau que le flic tenait.

Le 3 octobre une autre vidéo apparaît. Une caméra de sécurité d’une boulangerie a capturé les moments juste avant la mort de Zak. La vidéo commence par un homme qui achète une bouteille d’eau. Zak était à l’extérieur de la boulangerie avec un autre homme. Il lui donne la bouteille d’eau puis Zak tente de rentrer dans la boulangerie mais les autres l’en empêchent. Il semble y avoir une certaine tension entre eux. Après être resté avec eux quelques secondes, il s’en va. [10]

En même temps, un nouveau témoignage se révèle, selon lequel Zak a crié « à l’aide » avant de rentrer dans le magasin de bijoux.

Chaque nouveau élément de l’enquête vient confirmer ce qu’on savait déjà...
Zak a été assassiné.

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