Val-de-Marne : les CAF ferment, les allocataires dans la merde

La CAF annonce cinq fermetures définitives de permanences CAF dans le Val-de-Marne pour la rentrée : Alfortville, Boissy, Bonneuil, Villiers et Vincennes.

Saison estivale oblige, toutes les permanences hebdomadaires de la Caisse d’allocations familiales (CAF) du Val-de-Marne viennent tout juste de fermer leurs portes, exceptées les grosses agences de Créteil, Champigny et Orly. Mais cinq d’entre elles ne les rouvriront pas à la rentrée. La direction de la CAF a décidé de les supprimer pour « faire des économies, notamment de personnel dans un contexte budgétaire tendu »

Le Parisien, 7 juillet 2014

Loin d’être une initiative isolée, la restructuration de la CAF a déjà commencé dans la région marseillaise. À terme, ce nouveau mode de contrôle vise à être étendu à toute la France :

La région des Bouches-du-Rhône a été désignée région pilote pour mettre en place un nouveau dispositif de gestion des allocations familiales qui nous isole et nous met dans la galère encore plus. Désormais, la CAF comme lieu physique n’existera plus. Le traitement des dossiers, des demandes et des galères se fera par téléphone. Pour la modique somme d’un appel local (qui risque de nous coûter minimum 1 heure -temps d’attente compris-), on pourra, soit se faire envoyer balader, soit avoir la chance d’obtenir un vrai RDV, avec un délais d’attente d’un mois en moyenne. Et vu que plus un seul accueil de la CAF n’existera plus en centre ville, il faudra nous rendre à la Valentine pour ce RDV… Si on voulait se foutre de notre gueule, on ne ferait pas mieux !

Manifestation contre la fermeture des CAF de Marseille, 29 avril 2014

À Marseille un collectif a déjà vu le jour contre la fermeture des CAF. Ce que ces allocataires décrivent ne devrait pas tarder à être notre quotidien :

Les retards de dossiers que subissent les usagers depuis plusieurs mois font en réalité partie d’une stratégie générale qui vise à réduire le nombre d’allocataires. En réduisant continuellement les personnels, et en fermant les accueils, l’objectif est de rendre l’accès aux allocs dignes des 12 travaux d’Asterix et d’en priver les usagers en les décourageant.
En effet, le département des Bouches-du-Rhône a été désigné en 2012 laboratoire d’ un nouveau dispositif de gestion des allocations familiales qui sera ensuite étendu à toute la France. Désormais, la CAF comme lieu physique n’existera plus. Le traitement des dossiers, des demandes et des galères se fera par internet, avec des bornes financées par les allocations que nous n’aurons plus, ou par téléphone avec un super 0800 sur lequel on pourra passer une heure pour éventuellement se faire envoyer balader, avoir l’immense privilège d’obtenir un vrai RDV avec un délais d’attente d’un mois en moyenne, ou tout simplement lâcher l’affaire parce qu’au bout d’une heure on aura eu personne au bout du fil… En ces temps de crise où l’État préfère faire trinquer les pauvres pour sauver le libéralisme, les premières « coupes budgétaires » sont celles faites sur le dos des bénéficiaires des minimas sociaux, c’est à dire les plus pauvres. Et comme il ne va pas de soi que nous acceptions sans broncher de se faire sucrer le RSA ou de se faire expulser de nos apparts faute d’APL, l’État restructure dès aujourd’hui les CAF à moindre frais pour mieux nous isoler, et investit dans le sécuritaire pour mieux nous contrôler et nous réprimer.

Contre la fermeture de la CAF et la traque des pauvres !, mai 2014

Depuis plusieurs années déjà, les grandes agences de la CAF de région parisienne (Paris Nationale, Saint-Denis...) sont régulièrement fermées plusieurs jours ou semaines consécutives, sans préavis, pour "traiter les dossiers en attente", pendant que d’autres dossiers s’empilent. Les radiations et les sanctions de la CAF, elles, sont pourtant bien plus rapides.

Et à la rentrée, on criera peut-être, comme à Marseille, "on a faim !" devant une CAF désespérément fermée...

Mots-clefs : précaires | CAF
Localisation : Val-de-Marne

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