Une lettre d’Ivan, de la prison de Villepinte

Une nouvelle lettre d’Ivan « pour partager quelques réflexions et donner des nouvelles. »

  • Ivan a mis fin à sa grève de la faim

    Ivan, incarcéré à la prison de Villepinte, nous fait savoir qu’il a mis fin à sa grève de la faim. Aujourd’hui, 1er décembre, il a recommencé à s’alimenter, après 35 jours de grève en solidarité avec la lutte d’Alfredo Cospito.
    Il va bien et il envoie une forte accolade solidaire à Alfredo, Juan, Anna et Toby, ainsi qu’à tout le monde dehors.

    Jeudi 24 novembre, lors de son audition devant la Juge d’instruction, Ivan a fait une courte déclaration et ensuite il a dit qu’il n’avait rien à déclarer en réponse aux questions de la juge. Sa déclaration, à ce qu’on en sait, à été plus ou moins celle-ci : « Je suis anarchiste. Je partage tout acte qui va contre l’État et le capital et vers
    l’émancipation sociale et individuelle, y compris les actes de dégradation dont je suis accusé dans la présente procédure.
    Je suis actuellement en grève e la faim en solidarité avec Alfredo Cospito, compagnon emprisonné en Italie, en isolement, dans le régime appelé 41 bis ». Il s’est ensuite plaint des blocages répétés de son courrier, qui l’isolent encore plus.
    Entretemps, il a reçu du courrier.

    Le Juge d’instruction a utilisé sa déclaration, avec d’autre choses, pour justifier son avis défavorable à la DML, disant que le compagnon « ne remet pas en question ses actes et son idéologie ».

    Pour contribuer au soutien financière de notre compagnon (mandats et dépenses légales) vous pouvez envoyer de l’argent à :

    Associazione culturale Rebeldies, Cuneo (Italie)
    motif du virement : "pour Ivan"
    comte n. 78106085
    IBAN : IT51 Q076 0110 2000 0007 8106 085
    BIC/SWIFT : BPPIITRRXXX

    La solidarité c’est l’attaque !

  • Des nouvelles d’Ivan, toujours en grève de la faim

    Bonjour tout le monde.
    J’écris ces quelques lignes pour donner des nouvelles.

    Je continue la grève de la faim que j’ai commencé le 27 octobre en solidarité avec la lutte d’Alfredo Cospito pour sortir du 41 bis. Je vais bien. Je me sens fatigué et parfois j’ai la tête qui tourne, mais ma détermination demeure intacte.

    C’est la première fois depuis juin, quand j’ai été enfermé ici, que j’ai l’impression de faire quelque chose qui vaille la peine, au lieu de simplement survivre et regarder le temps passer.

    Il y a deux semaines, le chef de la détention a menacé de me transférer en isolement si je continue (« pour mon bien, pour un meilleur suivi en cas d’un problème de santé soudain »), mais pour l’instant il n’a pas mis en œuvre son chantage.

    Mon courrier est bloqué à nouveau. On m’a donné des lettres le 24 octobre, puis plus rien. Également, les lettres que j’ai écrit à mes proches à partir de la mi-octobre ne sont pas encore arrivées.

    Jeudi 24 novembre à 13h30, je passerai devant la nouvelle juge d’instruction (Anne Grandjean), au tribunal de Bobigny, pour audition.

    J’ai enfin pu commencer à lire le dossier de l’enquête. Dès le début, une petite surprise : la SDAT explique qu’ils ont commencé à filer l’autre compagnon (rapidement mis hors cause) et moi à partir de janvier dernier. Cela à cause d’« informations confidentielles » (une juge écrit « renseignements anonymes ») qui leur disaient qu’on serait les
    auteurs d’attaques incendiaires de véhicules diplomatiques ou de grandes entreprises, revendiquées par des anarchistes.

    Toute ma solidarité à Alfredo, Anna et Juan, en grève de la faim.
    Une pensée pour les prisonniers et les prisonniers révolutionnaires à travers le monde.
    Liberté pour tous et toutes !

    Ivan

  • Ivan en grève de la faim depuis hier

    Depuis quelques jours, en Italie, le compagnon anarchiste Alfredo Cospito mène une grève de la faim contre son placement en régime 41 bis, la « prison spéciale ».

    Encore une fois, Alfredo est en train de lutter aussi pour nous tous et toutes. Pour qu’on ne se résigne pas à la répression grandissante comme à une fatalité.

    Même si ma situation est loin d’être comparable à la sienne, je suis à ses côtés.
    Étant enfermé, mes marges de manœuvre sont limitées. Jeudi 27 octobre, je commence donc une grève de la faim en solidarité avec sa lutte.

    Je suis conscient que le mien n’est autre qu’un geste symbolique et je ne sais pas combien de temps j’arriverai à tenir. Mais j’espère que ce petit geste pourra l’aider à garder sa détermination.
    Que notre détermination à tous et toutes puisse se transformer en action.

    La tête haute !
    Vive l’anarchie !
    Ivan

  • Quelques nouvelles d’Ivan

    Le 5 octobre, le compagnon anarchiste Ivan, arrêté le 11 juin car accusé de 6 incendies de véhicules, est passé devant la JLD, au tribunal de Bobigny. La vice-présidente Claire Vettier, la même qui avait entériné l’incarcération du compagnon le 13 juin, a renouvelé sa détention préventive pour quatre mois encore.

    Entre-temps, son courrier semble se débloquer. Même si les anciennes lettres continuent de se couvrir de poussière dans le bureau de la juge d’instruction, le compagnon a reçu deux cartes postales et une lettre, envoyées ces derniers jours. Ça lui a fait un très grand plaisir et il remercie qui a pensé à lui.

    N’oublions pas les révolutionnaires emprisonnés.
    La solidarité c’est l’attaque !

J’écris pour partager quelques réflexions et donner des nouvelles.
Je voudrais commencer par quelque chose qui illustre bien les méthodes du système judiciaire.
Quelque jours après mon arrestation, la juge qui a instruit l’enquête, Stéphanie Lahaye, a envoyé deux flics de la SDAT (dont l’OPJ « RIO 1237232 » – comme des machines, ils se nomment par des nombres) interroger ma fille et sa mère. Obéissant à ses ordres, aux procédures de la justice de l’État, ils ont essayé de faire pression sur une jeune fille de 12 ans. Ils auraient voulu l’interroger toute seule. Sa mère, évidemment, a refusé de la quitter.

Une procédure ordinaire, banale, un acte nécessaire à l’établissement de la vérité, pour juges et flics. Une façon, à mon avis, d’essayer de répandre la crainte. Un avertissement à mes proches et à tout un chacun car, dans la logique inquisitoriale de la Justice, les personnes qui restent ou qui se placent aux côtés d’un anarchiste inculpé pour des actions directes sont suspectes et doivent être importunées.

C’est un peu la même logique qui a été utilisée à mon encontre. Quand la même OPJ, lors des audiences de la GAV, me demandait, me reprochait d’avoir soutenu des anarchistes emprisonnés, en France et dans d’autres pays. De leur avoir écrit et parfois envoyé un peu d’argent. Bien sûr, j’ai souvent écrit à des nombreux compas emprisonnés et j’ai fait de mon mieux pour leur exprimer ma solidarité. Parce que ce sont des anarchistes et aussi parce que je suis convaincu de la justesse et de la nécessité des actions dont certains d’entre eux sont inculpés. Je pense que la solidarité, par tous les moyens nécessaires, avec des compas frappés par la répression est fondamentale.
Éviter de se solidariser ouvertement avec eux, de peur que la répression s’élargisse, signifierait rentrer dans le jeu de la Justice, accepter sa logique. Une logique qui nous ferait reculer de plus en plus, jusqu’à abandonner, ou presque, les révolutionnaires emprisonnés.

Mais venons-en maintenant aux faits pour lesquels je suis actuellement en détention préventive. Voici la liste des incendies :

  • le 22 janvier 2022, un véhicule Enedis (à Paris) et un véhicule SFR (à Montreuil)
  • le 20 février, un véhicule de l’Est Républicain (à Montreuil)
  • le 4 mars, une voiture avec plaque diplomatique et une Aston Martin (à Paris)
  • le 24 avril, un véhicule Enedis (à Paris)
  • le 11 juin, une voiture avec plaque diplomatique (à Paris).

Comme je disais dans ma première lettre, je suis aussi témoin assisté dans une autre enquête, commencée par la PJ de Paris. Celle-ci porte sur 53 incendies de véhicules, revendiqués par des anarchistes, entre 2017 et 2021. Je n’en sais pas plus sur ce volet de l’affaire.

Dans cette liste, il y a des voitures d’institutions étatiques étrangères (ou de leurs hauts fonctionnaires), dans des quartiers riches de Paris. Des incendies qui doivent donner une image mitigée de la France, face au personnel diplomatique de ses partenaires internationaux. Pour ma part (et je sais que je ne suis pas le seul), je pense que tous les États sont les responsables directs des guerres, de l’exploitation, de la répression subies par des milliards de personnes.
On pourrait voir ces incendies comme un petit retour de flamme. Dans l’attente de mieux.
Il y a aussi des véhicules de riches et de grandes entreprises, par exemple du secteur énergétique (comme Enedis, filiale d’EDF). Des sociétés qui, sous couvert de « souveraineté énergétique », entraînent les nuisances nucléaires d’aujourd’hui, les possibles désastres nucléaires de demain. Il y a des entreprises qui nous abrutissent avec leur propagande des valeurs capitalistes et étatiques (comme le quotidien l’Est Républicain) ou qui nous enferment dans la toile d’araignée numérique (comme SFR).

Chacune de ces actions a été expliquée par une revendication et je n’ai rien à y ajouter. En ce qui me concerne, je ne peux que soutenir de tout mon cœur la pratique de l’action directe destructrice. Je soutiens le choix des cibles de ces attaques, leurs motivations et le fait de les revendiquer ouvertement comme des apports à la lutte anarchiste contre l’État et le système capitaliste. Même chose pour la pratique de la solidarité internationaliste avec des anarchistes emprisonnés, que ces actions ont souvent exprimé.

Pour les nouvelles :
le 5 octobre je passerai devant le Juge des Libertés et de la Détention, qui décidera si prolonger la préventive ou me laisser sortir.
La nouvelle juge d’instruction qui s’occupe de mon affaire (la précédente a changé d’affectation) est Anne Grandjean, toujours au tribunal de Bobigny.
Mon courrier (en entrée et en sortie) est toujours bloqué, depuis le 19 juillet. Apparemment ça devrait se débloquer sous peu (enfin, il faut tenir compte des lenteurs de la bureaucratie judiciaire). En tout cas, dès que je pourrai le recevoir, j’essayerai de répondre à chaque personne qui m’a écrit, que je remercie à l’avance.
Le dossier de l’enquête a été déposé au greffe de la prison, du coup je pourrai (toujours en tenant compte des lenteurs de la bureaucratie carcérale) en savoir un peu plus sur ce que les flics disent.

Mes remerciements, de tout cœur, vont à mes proches, aux compas de l’Anarchist Bure Cross, à la Cassa Antirepressione delle Alpi Occidentali
(aussi pour leur gentille disponibilité au soutien financier). Et à vous tou.tes qui m’avez écrit !
Un clin d’oeil à ceux et celles qui expriment leur solidarité par les actes, comme la belle banderole à Bure et celle près de Caen, les pancartes à l’arrivée du Tour de France, l’incendie d’un utilitaire de Vinci a l’Hay-les-Roses, d’un véhicule de l’entreprise de télécommunications Cosmote, à Athènes, d’une antenne-relais a Barcelone ou encore le saccage d’antennes-relais dans le Gers. Merci !
Une accolade fraternelle aux compagnons et compagnonnes anarchistes enfermés dans les prisons du monde entier, en particulier à Alfredo, qui lutte contre le 41-bis.

Vive l’anarchie !

Ivan
Villepinte, 25 septembre 2022

Pour m’écrire :
Ivan Alocco
n. d’écrou 46355
M.A. de Villepinte
40, avenue Vauban
93420 - Villepinte

Mots-clefs : action directe | prison
Localisation : Villepinte

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