Un matin avec le collectif des Baras 93 en lutte

Vidéo de l’expulsion du collectif des Baras 93 en lutte et un appel au soutien et à la manif 9 septembre 2015, 16h République.

Quelques mots d’analyse :

L’expulsion « illégale » du nouveau lieu du collectif des Baras 93 en lutte, le 31/08/2015. Ils avaient des preuves de leur présence depuis plus de deux jours, ce qui légalement devait entraîner une procédure d’expulsion. Au regard de la loi, ils ne pouvaient donc pas être expulsés avant un jugement au tribunal. Mais, de plus en plus souvent, la préfecture et les mairies passent outre la procédure. Le lieu occupé était une ancienne usine rachetée par de riches copropriétaires en cheville avec la mairie des Lilas et destinée à être reconvertie en loft.
C’est la deuxième expulsion pour les Baras cet été après une tentative d’ouverture à Montreuil au mois de juillet.
Le 72 rue René Alazard à Bagnolet, le dernier bâtiment, dans lequel vivent les Baras, est expulsable à partir du 23 septembre.

A propos de cette vidéo, j’aimerais revenir sur deux éléments :

Une volonté de diviser les Sans-Papiers en France

Depuis le début de l’année, « les réfugiés » sont sous les feux médiatiques, avec des naufrages et des morts sans précédents aux frontières de l’Europe en même temps qu’une augmentation importante des « migrants ». Une augmentation due aux nombreuses guerres provoquées ou alimentées par l’Europe et les États-Unis depuis ces dernières années (Afghanistan, Irak, Libye, Mali, Syrie…) dans des visées impérialistes. La déstabilisation des États des pays du tiers-monde, si elle facilite la captation des matières premières a ses conséquences en termes migratoires : plus d’État pour faire les gendarmes de l’Europe et situation de crise pour les populations.

La question des étrangers en France étaient auparavant celle des Sans-papiers, terme insatisfaisant mais beaucoup plus général que celui de « réfugiés ». Ce glissement sémantique est un enjeu de pouvoir.

Ainsi Valls déclare le 31/08/2015 :

« Humanité, responsabilité, fermeté, telle est la ligne commune du président de la République et de la chancelière allemande »,
Humanité car « chaque migrant, qu’il soit demandeur d’asile ou non, doit être traité avec dignité et vivre dans des conditions décentes. »
Responsabilité car il faut « s’assurer que le droit d’asile, droit fondamental, soit partout respecté. On ne peut s’y soustraire au moyen de barbelés. »
Fermeté car il est nécessaire de distinguer le droit d’asile et l’immigration irrégulière. »

L’enjeu est évidemment d’opposer les immigrés sans-papiers face à l’État. Qui sont les Baras ? « Des réfugiés » ayant droit à l’asile car ils ont dû fuir la Lybie post-Kadhafi et la guerre au Mali ou « des migrants économiques » ?
L’État a déjà donné sa réponse, ils ont tous été déboutés de leur demande d’asile.

« C’est le nettoyage du Grand Paris »

Le rythme des expulsions s’accélère, l’État durcit sa politique de restructuration accélérée de la proche banlieue parisienne avec le Grand Paris.

Un recensement non exhaustif des grosses expulsions dans la petite couronne parisienne, en 5 jours :

  • Le 26, expulsion du plus grand squat de Pantin, maire PS Bertrand Kern, 100 personnes :
    Source : Le Parisien
  • le 27, à la Courneuve, maire PC Gilles Poux, expulsion du plus vieux bidonville rom, 300 personnes :
    Source : Libération

Depuis à La Courneuve, 140 personnes campent devant la mairie. Vendredi 4 septembre, la police est passée sur le campement pour distribuer des Obligation de Quitter le Territoire Français aux Roms présents.

La question de la restructuration en banlieue est celle de Paris grand Capital. Le film, tourné entre 2012 et 2014, donne la parole à ceux qui ne l’ont pas et qui luttent face à la frénésie capitalistique des politiciens.

https://www.touscoprod.com/fr/parisgrandcapital

Texte et vidéo tirés de ACONTRECHAMP

Mots-clefs : expulsions | vidéo
Localisation : Les Lilas

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