Soutien à un manifestant interpellé devant le centre de rétention de Vincennes ce vendredi au tribunal

Un manifestant passera en procès ce vendredi 14 juin, suite à son interpellation devant le centre de rétention administrative (CRA) de Vincennes le 7 janvier 2019.

Un rassemblement en soutien aux retenu·e·s en grève de la faim avait lieu le 7 janvier.
Le rassemblement a été chargé par la police et notre camarade a été interpelé violemment.

Nous appelons toutes celles et tous ceux qui le peuvent à aller le soutenir ce vendredi 14 juin 2019 à partir de 9h dans la 29e chambre du TGI de Paris, porte de Clichy.

Notre présence bouscule toujours la justice de classe…

La solidarité est notre arme !

Le Groupe légal de la Coordination contre la répression et les violences policières.

Plus d’infos sur cette affaire :

Le 7 janvier, alors que nous manifestions notre soutien aux retenu·e·s en grève de la faim devant le CRA de Vincennes, nous avons été violemment repoussé·e·s par une équipe de CRS. 

Suite à cette charge, j’ai été agressé par 5 policiers en uniforme qui m’ont frappé au crâne avec une gazeuse alors que j’étais au sol pendant que d’autres essayaient de me menotter. 

Résultat : 7 jours d’ITT pour un déchaînement inutile alors que je ne représentais aucun danger pour eux. 

Ramené sur le parvis du CRA, j’ai été jeté au sol, entouré par une quinzaine de CRS qui m’insultaient et me provoquaient. Comprenant que j’allais être placé en garde à vue, j’ai signalé ma séropositivité afin d’avoir accès à mon traitement quotidien indispensable.

Arrivé à l’hôpital, les infirmières ont exigé que les forces du désordre qui m’accompagnaient n’entrent pas dans la salle de consultation et que me soient coupés les serflex faisant office de menottes qui me lacéraient les poignets alors que ces derniers me faisaient passer pour un forcené immaîtrisable. 

L’équipe soignante a été remarquable et a permis de recadrer, de calmer et de ridiculiser les policiers présents.

Le lendemain, durant la garde à vue, l’avocate m’informait que j’allais être déféré pour une probable comparution immédiate pour les motifs classiques de rébellion, outrage, etc., etc., MAIS aussi parce que j’aurais menacé un policier de lui refiler le VIH pa morsure.

Ce qui est faux, blessant, outrageant et affligeant. 

Grâce aux garanties de représentation des camarades et au boulot de l’avocate, la comparution immédiate a laissé place à une assignation à comparaitre le vendredi 14 juin 2019 à 9 heures à la 29e chambre correctionnelle, Paris 17.

Manifester contre les centres de rétention, c’est visibiliser les pratiques de ségrégation menées par l’État, classifiées au sein du Ceseda (Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile) dont nous exigeons l’abrogation. 
Chaque fois que des exilé·e·s sont déporté·e·s, l’État est non pas complice du pire, mais acteur de l’innommable et nous ne pouvons le tolérer. 

C’est pourquoi, au-delà du comportement consternant de ce flic, je ne peux dissocier ce procès de la lutte antiraciste que nous menons à travers ma présence lors cette mobilisation ce soir-là. 

Je ne me présenterai donc pas dans le rôle d’accusé pour lequel l’État me fait comparaître, mais en attaquant celui qui a porté des accusations diffamatoires à mon encontre, et en attaquant l’idéologie raciste et ségrégationniste qui a placé, en 2018, la France au premier rang des pays qui enferment le plus en centre de rétention.

Ne laissons pas la police ni l’État gagner sur ce terrain à travers les multiples procès qu’ils intentent, symbole d’intimidation contre la lutte et la résistance.

Localisation : 17e arrondissement

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