
L’heure est grave
La bataille du budget qui fait rage à l’assemblée nationale est révélatrice de la crise politique dans laquelle s’enlise le pays depuis le non respect du résultat des élections. Le président monarque s’entête à vouloir nous imposer sa politique antisociale rejetée dans les urnes pour préserver quoi qu’il en coûte les privilèges des grandes fortunes. De son côté la classe dominante nous prépare le pire, c’est-à-dire la solution fasciste, qu’elle nous ressort à chaque fois qu’elle se sent menacée.
C’est dans cette séquence politique de la dernière heure qu’un sursaut du mouvement social est plus qu’attendu pour éviter ce pire, en particulier depuis le 10 septembre dernier. Des assemblées citoyennes ont émergé dans des centaines de villes et villages pour organiser la résistance et chaque dimanche depuis deux mois nos Rencontres Nationales leur permettent de communiquer. Nous invitons donc l’ensemble des assemblées Indignons Nous - Bloquons Tout à se retrouver le 16 novembre au Baranoux pour une première Rencontre Nationale en physique.
Dans un cadre propice au travail de groupe, cette journée sera l’occasion de faire du lien entre les villes, les luttes, les militants de terrain et réfléchir ensemble à la suite de la mobilisation générale pour amplifier le rapport de force. Des projets concrets sont déjà sur la table, élaborés depuis des semaines à travers nos échanges inter AGs et via nos groupes de travail. Le moment est venu de les transformer en réalité et de les coordonner sur l’ensemble du territoire.
Programme :
- 9h-12h : Rencontre Nationale inter AGs
- 13h-16h : tables de travail
- Table 1 : Débordons Tout/Semaine Noire. Pour une coordination nationale des travailleur-euses en lutte
- Table 2 : Boycottons Tout/Carrefour des colères/Bloque Friday. Pour une coordination nationale du boycott général ciblé.
- Table 3 : Débloquons Tout/RIC. Pour une coordination nationale du processus constituant populaire.
- Table 4 : Médiatisons Nous. Pour un réseau national de médias citoyens/Média Center
- 16h-17h : Grande Plénière
https://framaforms.org/inscription-a-la-rencontre-inter-ags-du-16-novembre-a-paris-1760480074
Table 1 : débordons tout / semaine noire
Pour une coordination nationale des travailleur-euses en lutte
Les directions syndicales ne remplissent clairement plus leur fonction d’impulsion. les séquences se succèdent et nous confirment à chaque fois leur véritable nature, celle de contrôler les mouvements sociaux et d’éviter tout débordement afin de rester des interlocuteurs respectés par nos dominants. Le but de telles structures ne devrait-il pas être justement de provoquer leur propre débordement ?
Nos rangs sont remplis de travailleurs et travailleuses isolé-es, d’intérimaires, d’auto-entrepreneurs, d’intermittents, de privé d’emploi, de retraités, de jeunes lycéens ou d’étudiants précarisés qui ne se sentent pas légitimes à construire la grève et le blocage économique que le mouvement réclame alors que ce sont bien les directions syndicales qui ont perdu toute légitimité.
De nombreuses solutions à cette situation ont été étudiées et seront partagées pour construire ensemble les conditions d’une Semaine noire en mars 2026 :
- Création d’assemblées interprofessionnelles par ville et de commissions grèves dans nos assemblées Bloquons Tout, citoyennes et inter-luttes pour faire le lien entre ces assemblées.
- Coordination représentative locale, départementale, régionale et nationale de ces structures pour décider ensemble et organiser la lutte à grande échelle.
- Ouverture de Maisons de la Grève pour mutualiser les efforts et les ressources, coordonner le soutien aux grévistes dans l’action mais aussi via des caisses de grève, des garderies, et cantines populaires...
- Élaboration de plateformes de revendications larges pour inclure l’ensemble de la population dans la bataille et se battre réellement toustes pour toustes.
- Organisation de Cafés des luttes, de porte-à-porte solidaires, de meeting de rue, de grèves marchantes, de tournées des boîtes, de grèves des usagers, de formations sur le droit de grève, de protections juridiques, etc, pour mobiliser largement.

Table 2 : Boycottons Tout / Carrefour des colères / Block Friday
Pour une coordination nationale du boycott général ciblé
Avec la grève et le blocage économique, le boycott est l’une de nos meilleures armes pour lutter contre le capitalisme et la bourgeoisie. Il est par contre important de se concentrer sur une même enseigne pour ne pas disperser nos forces mais aussi pour augmenter nos chances d’obtenir de grandes victoires. Chaque heure de perturbation peut faire perdre des dizaines de milliers d’euros de chiffre d’affaire à un enseigne et si cette action se coordonne sur plusieurs localités les dommages se comptent rapidement en millions.
Une campagne réservée à une élite militante ne peut pas être une campagne populaire. Il est donc important de proposer et/ou construire des alternatives réelles à cette enseigne mais aussi de choisir une cible offrant de très nombreuses manières d’agir, du symbolique ou informel au blocage ou sabotage, seul ou en groupe, sur le terrain ou sur les réseaux, avec des risques juridiques différents... Cette campagne pourra donc être menée en plein hiver et maintenir le mouvement jusqu’au retour des beaux jours.
Boycotter soi-même c’est bien, inviter individuellement et collectivement les autres à le faire (avec des tracts, lettres, mails, banderoles, stickers sur les produits, campagnes médiatiques, trollage internet, action antipub...) c’est mieux, mais convaincre les autres de communiquer et mobiliser autour d’elleux pour le boycott et la dynamique devient vite exponentielle !
Notre objectif sera donc mettre en place nos deux campagnes :
- une ponctuelle contre Amazon les 28 et 29 novembre
- et une sur le long terme contre Carrefour,
mais aussi de structurer un réseau national de militant-es pour diffuser largement ces pratiques, ce matériel et former d’autres militant-es autour d’elleux pour un boycott généralisé.

Table 3 : Débloquons tout
Pour une coordination nationale du processus constituant populaire
le refus du résultat des urnes, l’impasse du budget, la crise institutionnelle qui en résulte, la terreur policière et la poussée vers le fascisme comme solution de repli, tout ceci n’est la volonté que d’un seul homme au sommet de l’État.
Ce verrouillage antidémocratique qui ne peut mener qu’au pire nous prouve que la 5e République est clairement arrivée en bout de course. La nécessité de changer les règles du jeu fait désormais consensus pour une grande majorité de la population.
Dans chaque village, chaque quartier, sur les places et les rond-points, des assemblées s’organisent depuis le 10 septembre, depuis même des années et spécialement depuis Macron. Elles résistent, elles construisent et ouvrent des possibles.
Reliées entre elles, ces assemblées peuvent devenir le cœur d’un processus constituant populaire qui serait la meilleure réponse pour débloquer la situation. Celui-ci aura un seul objectif : changer les règles démocratiques, du local au national, pour le peuple et par le peuple.
Plus il y aura de monde dans ce processus, plus notre légitimité sera grande. le premier objectif de ce groupe de travail sera donc de recenser, contacter et agglomérer toutes les initiatives existantes sur le sujet en vue de constituer une coordination nationale de ce processus populaire.
Son objectif sera également de mettre en commun l’ensemble des cahiers de doléances et revendications du mouvement social, incluant les assemblées Bloquons Tous mais aussi celles des Gilets Jaunes et autres luttes sociales comme base de ce processus.
Enfin, ce groupe de travail devra proposer une méthode au mouvement social, fondée sur une étude de ce qui s’est déjà fait dans l’Histoire et à l’international, une stratégie et un calendrier planifiés dans le temps afin que nos assemblées puissent prendre en main ce grand chantier nationale et coordonner entre elles sa mise en action sans attendre passivement une hypothétique prise de pouvoir par les urnes.

Table 4 : Médiatisons nous
Pour un réseau national des médias citoyens / Média center
L’arme la plus puissante entre les mains de nos adversaire c’est ce qu’on appelle le 4e pouvoir, cette classe médiatique qui fabrique du consentement, façonne les esprits, nous droitise, nous fascise, nous divise les un-es contre les autres, nous démoralise ou nous criminalise quand nous essayons de nous organiser.
C’est elle qui décide de ce qui doit faire l’actualité, de ce que nous devons penser et de ce à quoi nous ne devons surtout pas penser.
Dans notre société du spectacle, ce qui n’est pas raconté n’existe pas. C’est à nous tous-tes de documenter le réel pour qu’il arrive aux yeux, aux oreilles, aux têtes et aux cœurs d’un maximum de personnes afin qu’elles nous rejoignent dans la lutte.
Nous avons donc la responsabilité d’utiliser notre talent pour faire des dessins et des tags, écrire des articles et poèmes, créer des pochoirs et pancartes, monter des podcasts et vidéos, organiser des débats et conférences, publier sur les réseaux sociaux ou contacter des médias.
N’attendons plus qu’ils parlent de nous, soyons notre propre média !
Nous qui voulons que notre mobilisation réussisse, généraliser le blocage, la grève reconductible, le boycott ciblé ou le processus constituant populaire, utilisons cette Rencontre nationale pour nous mettre en lien, mutualiser nos talents et nos ressources afin de constituer un média center capable de se mobiliser partout, produire rapidement et diffuser largement.
