Projection débat La Cagoule, enquête sur une conspiration d’extrême-droite - Publico

Mercredi 12 février à 19h, la librairie du Monde libertaire - Publico accueille la projection du film La Cagoule, enquête sur une conspiration d’extrême droite réalisé en 1996 par William Karel. Le but de cet événement est de réfléchir à des stratégies de lutte contre le gouvernement des patrons, des industriels, des policiers et des militaires. Il est aussi de déceler les pièges que tendent des mouvements nationalistes qui s’en prennent à l’État dans le seul but d’en prendre le contrôle.

Le 18 juin 1936, le « Comité secret d’action révolutionnaire (CSAR) » ou « Organisation secrète d’action révolutionnaire nationale (OSARN) » surnommé « La Cagoule » est fondé par d’anciens « camelots du roi » militants à l’Action française (AF). Ce « comité » tente dans la nuit du 15 au 16 novembre 1937 un coup d’État contre le gouvernement de « Front populaire » constitué par la SFIO, le PCF et les « radicaux ». Alimenté financièrement par les patrons d’entreprises comme Michelin, Lesueur, L’Oréal, Renault, Lafarge, Beer, Cointreau, Saint-Gobain et Ripolin — et militairement par les services de renseignement de l’Italie fasciste —, il cherche à restaurer l’ordre capitaliste ébranlé par les grèves qui sévissent dans les usines. Il veut en effet régler le compte à celui que Charles Maurras appelle « le juif Léon Blum » ainsi qu’à ses ministres jugés trop « mous » dans la répression des salariés grévistes.

Ces années 1930 voient œuvrer un nombre important d’organisations cherchant sans arrêt à « muscler » les institutions de la 3e République : les Jeunesses patriotes du député de Paris, Pierre Taittinger, l’AF de Maurras, Léon Daudet et Maurice Pujo, les Croix-de-Feu du lieutenant-colonel François de La Rocque, la Solidarité française (SF) du parfumeur François Coty et le parti franciste de Marcel Bucard. La principale obsession de ces groupes est la défense du droit de propriété et de « l’honneur de l’armée ». « La Cagoule » pour sa part est composée de cadres des entreprises susmentionnées et d’officiers généraux de l’armée comme l’aviateur Édouard Duseigneur et le maréchal Louis Franchet d’Espèrey. Arrêtés et emprisonnés suite à leur coup d’État raté, les « Cagoulards » sont un à un libérés par le successeur de Blum à la présidence du Conseil Édouard Daladier et par Raphaël Alibert, premier ministre de la Justice du gouvernement de Vichy. Certains d’entre eux s’engagent durant la guerre dans la Légion des volontaires français (LVF) de Joseph Darnand pour combattre l’URSS aux côtés de l’Allemagne nazie tandis que d’autres rejoignent la « France Libre » du général de Gaulle à Londres. Un procès a tout de même lieu à leur encontre en octobre 1948. 48 personnes sont jugées, 10 d’entre elles sont condamnées à des peines d’emprisonnement ferme, 11 d’entre elles sont acquittées et toutes les autres sont condamnées avec sursis. La quasi-totalité bénéficie pour clore le tableau de la loi d’amnistie du 16 août 1947 effaçant les crimes et délits commis avant la guerre.

Le film La Cagoule, enquête sur une conspiration d’extrême droite réalisé par William Karel en 1996 nous éclaire sur notre mission aujourd’hui. Nous devons renverser par tous les moyens la République française, ses industriels, ses commerçants, ses policiers et ses militaires. Nous combattons pour abolir le droit de propriété et l’exploitation du travail par des dirigeants d’entreprise.

Note

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