Pour le 8 mars : Notre Autodéfense passe par la grève !

Communiqué du FRAP - Front Antipatriarcal- appelant à la grève des femmes le 8 mars.
Il y a 100 ans, des ouvrières de St Petersbourg se mettaient en grève pour refuser la misère et initiaient ainsi un mouvement révolutionnaire historique. Aujourd’hui, dans plus de 40 pays les femmes participent à ce mouvement de grève internationale. Notre poing est levé contre la triple oppression qui nous frappe : celle des patrons, des hommes et de l’État. Nous entendons la lutte des femmes et minorités de genre comme un mouvement d’Autodéfense face au patriarcat, au capitalisme, l’État nation et au système raciste.

Nous les femmes on se met en grève au travail !

Nous gagnons 27% de moins que les hommes, 82% des emplois à temps partiels sont occupés par nous les femmes et le plus souvent avec des horaires très contraignants . Enfin, sur 5 CDD, 3 sont pour nous.
Et si cela ne suffisait pas, nous percevons deux fois moins de retraite que les hommes.

La précarité nous la subissons en première ligne : chômage, paies minables, temps partiels, travail au noir, travail domestique gratuit. La loi « travail » qui entraîne la casse du code du travail ne fera qu’empirer notre situation : nous seront davantage isolées, davantage vulnérables et à la merci des patrons. C’est la raison pour laquelle nous défendons les commissions femmes dans les syndicats et que nous appelons à la création d’espaces non mixtes dans les organisations et collectifs.

Nous les femmes on se met en grève à la maison !

Parce qu’en plus, nous faisons en moyenne 24h de travail domestique et que ce travail est gratuit. Qui fait les courses ? Qui fait le ménage ? Qui s’occupe des enfants ?

Lorsque nous ne pouvons assurer à la fois le travail salarial/extérieur et le travail domestique, c’est la plupart du temps notre obligation de retour au foyer qui ne nous permet pas d’être indépendantes financièrement et qui rend d’autant plus gratuit notre travail . Pourtant, sans nous aucune société ne pourrait ni fonctionner, ni exister.

Nous les femmes on se met en grève contre le patriarcat !

En plus des violences sociales et économiques (exploitation au travail et à la maison, enfermement dans le rôle de mère et d’épouse, contrôle de nos déplacements et de nos vies, ), ce sont les violences physiques, psychologiques (harcèlements, lesbophobie, transphobie, viols, féminicides) qui nous emprisonnent et qui nous tuent.

À nous les femmes, on veut nous imposer la peur et la mort. Pas une de moins ! chaque femme violée est notre rage ! Chaque femme assassinée est notre révolte !

À cela s’ajoute les violences racistes (subites par les femmes sans papiers, par les femmes musulmanes etc) . Parce que sexisme et racisme vont de pair lorsque nous sommes racisées. L’état national patriarcal raciste vote des lois, des circulaires qui nous exclues de plus en plus : en exemple les mamans voilées auxquelles on a refusé d’accompagner les sorties scolaires. Pour nous, anarchaféministes, l’Etat n’est pas la solution mais bien une grande partie du problème. Il nous divise, nous isole, nous met en concurrence et entrave nos libertés et notre autonomie. Nous appelons à la solidarité entre les femmes. Nous dénonçons les politiques coloniales et impérialistes des Etats occidentaux qui engendre la misère, l’exploitation des ressources naturelles l’appauvrissement et le déplacement massif des femmes, l’exil des femmes.

Nous les femmes on se met en grève pour un monde libre !

Quand les femmes se lèvent c’est le peuple qui avance. Nous ne voulons pas plus de pouvoir que les hommes. Nous voulons qu’ils n’aient plus aucun pouvoir sur nous. Plusieurs luttes dans le monde résonnent avec nos espoirs : les Mujeres libres, femmes anarchaféministes qui se sont organisées en Espagne et ont combattu pour l’émancipation de toutes, pour la révolution sociale et contre le fascisme ; le combat exemplaire des groupes non-mixtes de femmes majoritairement kurdes (YPJ) qui luttent pour l’émancipation des femmes, pour le confédéralisme démocratique et contre les hommes violents et l’État-nation.

Nous appelons toutes les femmes à venir dans la rue ce 8 mars et à participer aux différentes actions de la journée pour faire entendre notre colère face à la société dans laquelle nous vivons, une société qui nous invisibilise parce que nous sommes des femmes, alors qu’ au travail, à la maison, dans nos quartiers, dans les espaces militants, nous travaillons plus que les hommes.

Nous agissons pour un monde libre où l’égalité sociale sera le maître mot. Nous agissons pour la révolution sociale. Pour cela, nous défendons un anarchisme et un féminisme révolutionnaires et populaires.

Nos armes sont multiples : l’autonomie, l’autodéfense et l’auto-organisation, la grève (au travail, à la maison, au lit), la solidarité entre les femmes, la solidarité entre les minorités opprimées (immigré-é-s, racisé-é-s, sans-papiers, LGBT...)
Et nous devons les utiliser !

P.-S.

Qu’est ce que le FRAP ?
Le FRAP – Front de lutte Antipatriarcal réunit en non mixité des anarchaféministes de la CGA - Région Parisienne et des sympathisantes . En tant que féministes révolutionnaires, nous défendons l’autonomie des femmes et minorités de genre dans les espaces militants et dans les luttes .

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