Paris : « proxénètes » arrêtés : travailleuses expulsées !

Ce mardi 10 décembre, une opération de « démantèlement de réseaux » a été menée à Paris. En fait de « lutte contre le proxénétisme », cette opération ne fut en réalité rien d’autre qu’une lutte contre des personnes migrantes, pour certaines travailleuses du sexe, pour d’autres travaillant dans un atelier illégal.

On aimerait croire que le bilan de ce genre d’opérations serait la protection effective des victimes de travail forcé, de servitude, d’esclavage ou de traite à ces fins. Les faits prouvent qu’il n’en est, hélas, rien puisque l’éloignement des migrantEs qui en sont potentiellement victimes est systématiquement privilégié. Et quand elles ne sont pas en situation irrégulière, elles sont en premier lieu appréhendées comme des suspects.

En effet, une trentaine de personnes (hommes, femmes, enfants) a été interpellée parmi lesquelles douze travailleuses du sexe chinoises vivant sur place. Parmi elles, celles en situation régulière ont été relâchées depuis (mais restent sans logis puisque leurs appartements ont été mis sous scellés après la confiscation des biens qui étaient à l’intérieur).

TouTEs les autres, dont six travailleuses du sexe, ont été placées en centre de rétention en vue de leur éloignement du territoire.

En guise de lutte contre les réseaux, la police lutte en réalité contre l’immigration, s’inscrivant en cela dans les discours qui amalgament touTEs les travailleurSEs du sexe migrantEs à des victimes d’exploitation sexuelle.

Les personnes ayant été libérées font par ailleurs état de nombreux abus policiers : confiscation de certains de leurs biens, un procès-verbal ne mentionnant pas tous les objets saisis, ni la totalité de l’argent qu’elles avaient sur elle (autant d’argent qu’elles ne pourront jamais récupérer), usage injustifié de menottes et placement en détention sans information sur les raisons de l’arrestation.

On notera aussi le cynisme qu’il y a à envoyer en centre de rétention les supposées « victimes de réseaux » que cette opération répressive est censée avoir sauvées.

Cette opération ne fait que démontrer une fois de plus que la soi-disant lutte contre la prostitution, promue par notre actuel gouvernement, ne saurait être rien d’autre, dans ce pays avant tout motivé par la chasse aux étrangerEs, qu’une lutte contre les putes.

Le STRASS exige

  • l’arrêt immédiat des opérations répressives envers les travailleuses du sexe,
  • une protection effective contre le travail forcé, la servitude, l’esclavage, et la traite à ces fins,
  • la régularisation de touTEs les sans papiers.
Mots-clefs : rafle | prostitution
Localisation : 13e arrondissement

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