« Notre santé n’est pas à vendre ». Luttes ouvrières autonomes pour la santé

Projections et discussion autour des films :

  • Porto Marghera – les derniers tisons
  • Dossier Penarroya : les deux visages du trust

Dimanche 23 novembre à 15h à la Bourse du travail d’Aubervilliers

Pour cette deuxième séance organisée par le CLASS, on revient en image sur deux luttes des années 1970, en France et en Italie qui ont en commun le fait de mettre au centre la question de la nocivité du travail, et le refus de monnayer l’intoxication contre des primes salariales.

À Penarroya comme à Porto Marghera, les luttes s’organisent sur la base d’un rapport distant voire conflictuel aux organisations syndicales, qui défendent une stratégie d’indemnisation face à la destruction de la santé. Dans les deux cas, le soutien vient de groupes autonomes — les Cahiers de Mai d’un côté, Potere Operaio de l’autre — et de collectifs fournissant des contre-expertises médicales (Groupe Information Santé, médecin de Padoue et sympathisants de Medicina Democratica).
Ces nouvelles expériences d’organisation vont porter un discours plus radical sur le lien entre travail et santé :

« Le travail n’est pas une façon de vivre. Mais l’obligation de se vendre pour vivre. Et c’est en luttant contre le travail, contre cette vente forcée d’eux-mêmes (les ouvriers) qu’ils se heurtent aux règles de la société. Et c’est en luttant pour travailler moins, pour ne plus se laisser empoisonner par le travail qu’ils luttent aussi contre la nocivité. Car il est nocif de se lever tous les matins pour aller travailler, il est nocif de suivre les rythmes, les modes de la production, il est nocif de faire les roulements, il est nocif de rentrer chez soi avec un travail qui te contraint le lendemain de retourner à l’usine ».

(Assemblée autonome de Porto Marghera, 1974 cité dans Autonomie ! de Marcelo Tari)

"Porto Marghera – les derniers tisons ", réalisé par Manuela Pellarin (Vostfr / 55min / 2004)

Ce film retrace, à partir du récit des ouvriers, l’expérience d’organisation autonome dans la zone pétrochimique de Venise à la fin des années 1960 et au début des années 1970.
Les témoignages mettent au premier plan la dureté du travail et l’exposition quotidienne aux substances toxiques. Contre l’idée que cette destruction du corps pourrait être rendue acceptable par des primes salariales, la lutte de Porto Marghera affirme que la santé passe par le refus du travail.

"Dossier Penarroya : les deux visages du trust", réalisé par D. Anselme & D. Dubosc (vf / 18 min / 1972)

Ce film est commandité par les ouvriers de Penarroya à la veille d’une grève d’ampleur en février 1972, avec pour appel « Nous réclamons le droit de vivre ».

Dans l’usine de Lyon, la grève dure et se radicalise sur la question d’un “droit à la santé”. Cette revendication s’affirme dans un contexte où les ouvriers - pour la plupart immigrés - ne peuvent compter que sur eux-mêmes pour se préserver des nuisances liées au travail et de l’intoxication au plomb. La lutte s’organise notamment contre une médecine du travail au service des intérêts patronaux.

CLASS, c’est le ciné club des luttes autonomes pour la santé et le soin.
On veut porter une critique de l’institution médicale et de son rôle dans le système productif capitaliste, en partant du postulat que la médecine ne vise pas la promotion du bien-être mais la mise et le maintien au travail pour celles et ceux jugé.e.s productives et productifs, et la relégation sociale et les mauvais traitements pour celles et ceux jugé.e.s improductives et improductifs. Nous voulons montrer des films qui racontent des luttes contre cette médecine du capital et pour des vies autonomes.
affiche séance 2

Note

Espace accessible en fauteuil roulant.

Bourse du travail d’Aubervilliers, 1 rue des 21 appelés
93 300 Aubervilliers
Métro Aimé Césaire

*Gratuit*

Localisation : Aubervilliers

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