Ne nous regardez pas, rejoignez-nous ! Des grévistes de l’éducation du 19e appellent à la généralisation des grèves

Une semaine extraordinaire se prépare. De nouveaux secteurs entrent en lutte contre le projet de réforme des retraites, de toutes sortes de manières (ports, bibliothèques, stewards, etc.), d’autres sont de plus en plus asphyxiés (RATP, enseignant·e·s, etc.) et réprimés (lycéens, manifestants, GJ, etc.).

Mais une chose est sûre, la lutte change de forme, elle se radicalise (sur ce point nous sommes en accord avec notre ministre !), ce qui est un effet normal eu égard à la taille du bouchon de cérumen dans l’oreille du gouvernement. Les militant·e·s sont en colère : 45 jours de grève ! Les différents secteurs se sont aidés et solidarisés. On a appris à regarder ailleurs que son nombril et à connaître d’autres gens.

Des actions de perturbations sont organisées en interprofessionnel et ont déjà un réel impact, qui augmentera si elles sont de plus en plus nombreuses et massives : la CFDT, le rectorat, le Conseil d’État, des lycées, le Louvre, des permanences et apparitions publiques de LREM, la fashion week, etc. ont été chahutés sans violence sur les corps.

Ces événements nous ont permis de renforcer nos capacités d’action et notre intelligence collective dans une ambiance joyeuse et fraternelle. Ils ont été suivis par des médias non mainstreams comme Là-bas si j’y suis, Cerveaux non disponibles ou Paris Luttes info. Le ministre ou le recteur dénoncent dans leurs communiqués une violence qui n’existe pas (nous sommes nombreux·euses à pouvoir en témoigner). Nous ignorons un grand nombre d’actions qui ont lieu : quand on se rend dans une AG interpro, on se rend compte que ça pétille dans tous les coins.

Le gouvernement ne cesse d’en appeler à l’État de droit. Or, nous assistons chaque jour à des atteintes violentes à nos droits : lycéen·ne·s tabassé·e·s, manifestant·e·s blessé·e·s et arrêté·e·s arbitrairement, personnels grévistes sous le coup de sanctions administratives, journalistes indépendant·e·s empêché·e·s de faire leur travail (voir ce qu’il s’est passé pour Taha Bouhafs vendredi dernier), pages Facebook censurées, surveillance généralisée, etc.

De nombreuses lignes RATP (on était avec eux pour les soutenir moralement) ont voté la fin de la grève illimitée et reconductible. C’était très touchant en AG de voir leur dégoût, leur tristesse, leur colère et leur rage, exprimant l’intensité de leur engagement. Certain·e·s ont pris des prêts pour pouvoir défendre l’intérêt général… Cependant, ils et elles sont encore paré·e·s à débrayer pour faire fermer les lignes les jours de grosses manifs.

La contestation doit tenir et gonfler toute cette semaine, jusqu’au blocage total de l’économie par les ports et les raffineries qui sont complètement fermés. Chaque jour, il faudra en masse des actions, des blocages, des grèves, etc.
Jeudi soir à partir de 18h, il y aura des retraites aux flambeaux dans toute la France, ce sera un carnaval de luttes incroyable ! La loi passe en Conseil des ministres ce vendredi, alors aucun établissement ne doit être ouvert ce jour-là !

À l’Éducation nationale comme dans les autres services publics, nous voyons chaque année nos conditions de travail se dégrader un peu plus… Ces services sont attaqués jusqu’à de graves dysfonctionnements, pour ensuite justifier leur privatisation ! La réforme des retraites s’inscrit totalement dans cette mise à mal du service public, puisqu’elle va entraîner inévitablement le transfert de nos pensions vers les fonds privés et le système de capitalisation…

Du côté de la dernière AG interdegrés du 19e, la reconduction massive pour la semaine prochaine a été votée par une quarantaine de collègues. Et l’exigence de retrait de ce projet de contre-réforme au sujet des retraites a été réaffirmée comme formidable point d’appui à toutes nos exigences de justice sociale et de renforcement d’un véritable service public… Nos liens de solidarité sont forts, le groupe est vraiment chaleureux, vivant. Tous les syndicats (sauf CFDT et Unsa ^^) s’y serrent les coudes avec amitié pour gagner. Mais cela commence à être difficile. On commence à suer : certain.es d’entre nous en sont à une vingtaine de jours de grève. On a besoin de vous, comme vous le pouvez : caisse de grève, présence aux actions, grève autant que possible pour être libres de lutter.

Des enseignant·e·s grévistes de Paris 19e

Localisation : 19e arrondissement

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