Marche pour le climat : les petits pas, ça ne suffit pas

Récit de la manifestation parisienne du 13 octobre. Perspectives pour la suite.

Jamais la catastrophe n’a été plus évidente que sous son aspect écologique. Hélas, les marches pour le climat et la mobilisation écolo en restent pour l’instant à des formes de lutte tout à fait respectueuses de ce qui ravage quotidiennement la planète, c’est-à-dire l’économie, les multinationales et les gouvernements qui soutiennent leurs activités. Pourtant, Nicolas Hulot a lui-même efficacement diagnostiqué le problème : « On s’évertue à maintenir ou à réanimer un modèle économique marchand qui est la cause de tous ces maux ». Force est de constater que le mouvement écologique dominant ne s’évertue aucunement à supprimer ou à mettre hors d’état de nuire ce « modèle économique marchand » qui lui cause bien du souci. Puisque néanmoins toute sorte d’esprits inquiétés par cette situation ont choisi de se rassembler à l’occasion de « marches pour le climat » mensuelles, nous nous sommes rendus à celle du 13 octobre et nous vous livrons quelques impressions.

A l’appel de plusieurs organisations, parmi lesquelles Alternatiba, les Amis de la terre, ANV COP21, etc. se tenait le 13 octobre en France et dans le monde plusieurs manifestations pour le climat : rassemblements, villages d’ateliers, marches. À Paris, nombre de collectifs citoyens appelaient ce jour-là à une deuxième "marche pour le climat", après l’engouement qu’avait suscité la première marche, le 8 septembre, à la suite de la démission fracassante du ministre de l’Ecologie, Nicolas Hulot. Ce dernier indiquait alors au micro de France Inter que le gouvernement de Macron poursuivait des objectifs clairement contradictoires, entre le maintien d’un "modèle économique marchand" et l’ambition ridiculement incompatible d’être le champion du climat. De la déception vis-à-vis des choix politiques du gouvernement naissait donc l’idée d’appeler à une marche et de la renouveler chaque mois, afin de faire pression sur les décideurs.

Comme la première, qui avait rassemblé 50 000 personnes, la deuxième "marche pour le climat" du 13 octobre devait donc être "citoyenne", "ambiance bon enfant" et "zéro déchet". Afin d’éviter toute récupération politique, les organisateurs avaient précisé un ordre pour le défilé, d’Opéra à République : d’abord les citoyens, ensuite les associations, les syndicats, et enfin, les partis. La réalité sur place fut très différente de ce tableau théorique fort réjouissant. Le cirque a commencé avec les militants France Insoumise qui, fidèles à leur réputation de "forceurs", ont tenté une subtile manœuvre d’infiltration à l’avant de la manifestation. Par l’effet d’une généreuse distribution de milliers de pancartes bleues "Agissons pour le climat", le logo de la FI a fini, mine de rien, par recouvrir tout l’avant du cortège, avant même que celui-ci ait démarré. Les organisateurs de la marche, mécontents, ont signalé entre deux chansons dansantes qu’il serait bon de faire disparaître ces affreuses pancartes, car il avait été convenu que les partis manifesteraient à l’arrière. Ce qui ne fut qu’à moitié obéi.

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