Marche des solidarités le 30 mai !

« Pour ces populations, la crise sanitaire actuelle est en train de devenir une véritable bombe sanitaire. » Plus de 200 organisations et 300 personnalités appellent à une journée de manifestations le samedi 30 mai : « ces exigences de justice et d’égalité sont aussi d’impérieuses nécessités sanitaires hors desquelles tous les discours contre la propagation du coronavirus sont vains ».

  • Enormément de monde à la marche des solidarités

    Plusieurs milliers de personnes (5000 d’après la Pref’) ont bravé l’interdit de manifester, samedi à Paris. Malgré une répression au rendez -vous (au moins une centaine d’interpellation) et la tentative par la police d’empêcher le départ depuis Madeleine/Opéra, les manifestant.e.s ont réussi à rejoindre la place de la République dans une ambiance très revendicative.

  • La Marche des Solidarités maintient l’appel à manifester ce 30 mai

    Le préfet de Paris a publié mercredi un arrêté pour interdire la manifestation. Un référé liberté a été déposé au tribunal administratif pour suspendre cet arrêté d’interdiction et exiger le respect du droit à manifester. Les organisateurs maintiennent la manifestation.

Pour respecter les mesures sanitaires et la distanciation physique, les manifestant·e·s sont invités à accéder par différents points à la manifestation pour se répartir et s’installer sur une zone allant de la place de la Madeleine à Strasbourg Saint-Denis.

Les différents lieux de rendez-vous :
Madeleine, Opéra, Richelieu-Drouot, Bonne Nouvelle
voir d’où partira chaque cortège ici

Après installation de tous les cortèges, l’ensemble du dispositif avancera en même temps. La tête du dispositif passera par la place de la République puis remontera par le boulevard Magenta.

La manifestation s’arrêtera quand les cortèges des collectifs de sans-papiers arriveront à la place de la République. Tou·te·s les autres manifestant·e·s pourront alors rejoindre la place de la République pour s’y rassembler en tenant compte des distances physiques.

Les manifestant·e·s qui ne viennent pas dans un cadre collectif organisé sont invité·e·s à rejoindre un lieu d’accès en fonction de leurs affinités.

Nous demandons à tout le monde de venir à la manifestation avec un masque. Pour celles et ceux qui ne peuvent s’en procurer, des masques seront fournis à chaque point d’accès.

Des référent·e·s se coordonneront le long de tout le dispositif pour que l’ensemble avance au même rythme pour conserver les distances.

Venez avec des panneaux, des banderoles et de quoi faire du bruit !

Le texte d’appel paru fin avril :

Dans les foyers surpeuplés et abandonnés, aucune distanciation physique n’est possible. Le virus risque de se propager sans frein. C’est aussi le cas dans les centres de rétention, et à cela s’ajoutent la violence répressive et l’angoisse. Pour les migrant·e·s à la rue, c’est la faim, l’insécurité sociale et sanitaire.

Ajoutons à cela que les sans-papiers sont sans droits, sans revenus et sans espoir d’accès aux allocations proposées par l’État. Pour elles et pour eux, il n’y a pas d’accès gratuit aux soins et pas d’autres possibilités pour survivre que de chercher des moyens de subsistance.

Pour ces populations, la crise sanitaire actuelle est en train de devenir une véritable bombe sanitaire. Pour elles-mêmes et eux-mêmes abandonné·e·s à la menace du virus mais aussi pour toute la société.

La seule solution pour désamorcer cette bombe, sauver celles et ceux qui sont menacé·e·s et protéger ainsi toute la société, c’est la mise en place immédiate des mesures suivantes :

  • Tests systématiques effectués dans les foyers, officiels ou non, par des organismes indépendants de la préfecture et des gestionnaires assurant confiance et confidentialité pour les concerné·e·s avec leur accord
  • Isolement des personnes contaminées dans des lieux décents en concertation avec les collectifs de sans-papiers et de résidents ou associations choisies par les concerné·e·s
  • Distribution massive de masques, gants et de gels dans les foyers
  • Fermeture immédiate des centres de rétention administrative (CRA)

- Ouverture immédiate de lieux sans condition de papiers et de revenus pour permettre un hébergement et une vie collective respectant la distanciation physique.

  • Suspension des loyers pendant toute la durée de confinement (mars, avril et mai) et apurement des loyers impayés
  • Régularisation inconditionnelle de tou·te·s les sans-papiers avec droit aux revenus sociaux, droit aux mesures de chômage partiel pour celles et ceux qui travaillaient et accès gratuit à la santé.

Ces exigences, hier de justice et d’égalité, sont aussi aujourd’hui d’impérieuses nécessités sanitaires hors desquelles tous les discours contre la propagation du coronavirus sont vains.

Les appels à imiter la mesure de régularisation adoptée par le Portugal vont dans le bon sens. Mais il est indispensable pour que cette mesure soit efficace qu’elle s’applique, sans condition, à tou·te·s les sans-papiers et migrant·e·s.

Nous soutiendrons à cette fin toutes les actions décidées par les résidents des foyers, les personnes retenu·e·s dans les CRA et les sans-papiers et migrant·e·s pour défendre leur droit à vie qui est aussi notre droit à la vie.

Nous appelons à participer aux initiatives qui seront prises le 1er mai à l’occasion de la Journée internationale des travailleurs et travailleuses et à y porter ces revendications.

Nous appelons à une journée de manifestations le samedi 30 mai selon des modalités tenant compte de la situation et des mesures de distanciation physique.

(https://blogs.mediapart.fr/marche-des-solidarites/blog/280420/foyers-cra-sans-papiers-des-mesures-immediates-contre-la-bombe-sanitaire)

Mots-clefs : sans-papiers | manifestation
Localisation : 8e arrondissement

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