Manifeste antifasciste - Coordination des luttes locales Idf

La coordination des luttes locales Idf est née après les Marches des Terres d’Octobre 2021 du désir des collectifs organisateurs de continuer à échanger, à coordonner et à renforcer leurs actions dans un collectif de collectifs horizontal et auto-gérée. Voici son premier manifeste en réaction aux dernières élections législatives et contre le fascisme.

Le dérèglement climatique est désormais perceptible par tous·tes, et le consensus scientifique sur le fait qu’il trouve son origine dans les activités humaines ne fait plus débat. La question écologique est devenue un sujet politique qui ne peut plus être ignoré, et par là même, un enjeu de pouvoir.

Les dernières élections ont confirmé l’existence d’un vaste mouvement pour une refondation radicale, démocratique, écologique et sociale. Elles ont aussi donné lieu à un score historique des forces fascistes, patriarcales et racistes, avec l’élection de 89 députés d’extrême-droite. La pénétration dans les esprits de ces idées nauséabondes, aujourd’hui reprises sans honte par certaines personnalités de « l’extrême-centre » macronien, voire se réclamant de l’écologie et de la social-démocratie dite « de gauche », doit nous interpeller tous.tes. Le racisme environnemental et la guerre sociale contre les quartiers populaires évoluent de façon inquiétante.

Nous, collectifs des luttes locales d’Île-de-France, réunis en Coordination, considérons comme indispensable de dissiper toute ambiguïté quant aux valeurs que nous défendons à travers les luttes que nous menons localement pour la préservation des terres agricoles, des zones non-urbanisées, des espaces naturels et de leurs habitant·e·s, et contre la métropolisation.

Nous ne tolérerons aucune récupération de nos mobilisations.

Nous affirmons donc solidairement ici, face à la raréfaction des ressources entraînée par la destruction en cours des écosystèmes dont nous dépendons, notre refus de toute idéologie réactionnaire, xénophobe et autoritaire qui prétendrait préserver les conditions de vie terrestre au bénéfice d’un groupe humain au détriment d’un autre par l’accaparement des ressources.
Autant que pour la préservation de ces ressources, nous luttons pour leur répartition équitable entre les êtres vivants par l’écoute, le respect et la lutte contre les rapports de domination.

Nous rejetons également la foi aveugle dans des solutions technologiques qui prétendraient repousser à plus tard la prise en compte des limites de ces ressources, considérons la décroissance comme unique solution viable, et affirmons qu’il est de notre responsabilité d’agir pour qu’elle soit non plus subie, dévastatrice et fatale aux plus vulnérables, mais accompagnée et désirée comme un processus de nécessaire rupture avec toutes les idéologies prédatrices de nos sociétés humaines.

Face aux autoritarismes et contre les fascistes, organisons-nous !

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