Les flics ont maintenant une machine pour aspirer l’ensemble des données de votre mobile

Suite à un reportage de Reporterre et un article de Checknews, on a maintenant la confirmation que les commissariats d’Île-de-France vont s’équiper d’une centaine de nouvelles machines capables d’aspirer l’ensemble des données de n’importe quel smartphone : SMS, photos, localisations, données issues des applications…

Exemple de données recoltées
Suite à un hack de la socitété Cellebrite en 2016

Ce nouveau système que les flics français nomment le « Kiosque » est un ordinateur commercialisé par une société israélienne Cellebrite basé sur logiciel du nom UFED InField. Il suffit aux flics de brancher votre téléphone à cette machine afin qu’ils puissent en moins de 10 minutes accéder à l’ensemble de son contenu sans avoir votre mot de passe, ou données biométriques.

Le Kiosk

Malgré que le chiffrement des téléphones Android et iOS est maintenant par défaut, ils sont capables d’outrepasser cette sécurité (« Bypass du bootloader via souvent une faille au sein du processeur graphique » pour les intimes).

Image tirée de la documentation

Dans les dernières mises à jour du logiciel UFED, Cellebrite indique qu’ils sont capables de craquer plus de 25 000 « device profiles » (qu’on peut traduire rapidement par téléphones) et 10 000 applications (de différentes versions). Dans la liste, on peut y voir des applications de messageries chiffrées comme Telegram, Signal Messenger, Whatsapp (on prendra cela avec des pincettes, car on ne sait pas quelles données sont extraites).

Cellebrite, société créée en 2009, a vendu plus 35 000 systèmes UFED, 100 millions de chiffre d’affaires, effectif de 400 personnes avec des bureaux en Israël, aux États-Unis, au Brésil, en Allemagne, à Singapour et au Royaume-Uni. [1]

Dans sa communication, Cellebrite nous fait une petite démonstration scénarisée de comment des flics peuvent s’introduire dans votre téléphone et rechercher l’ensemble de vos communications, déplacements…

Les flics français disent l’avoir déjà expérimenté lors du dernier G7 et ont trouvé ça « très positif ». Ils comptent installer 500 systèmes pour 2024 dans toute la France.

Localisation : Paris

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