Le travail est à la vie ce que le pétrole est à la mer

Texte distribué pendant la manifestation du 9 avril.
Souvent. Trop souvent. On apprend à abandonner. Parce qu’il faut pas rêver. Parce que c’est comme ça. Parce que c’est mieux que rien. Parce qu’on a trop l’habitude de se faire avoir...

Juste un temps, que la routine quotidienne soit bousculée. Et que ce temps dure, putain. Et que la routine, l’ennui, la honte des poches vides, la sale gueule du travail, nous rappellent juste le temps d’avant.

On se balade entre sourire carnassier de gouvernant et professionnel de la politique, rendez-vous syndicaux et matraque de l’État. On attend encore, on espère peut être. Face à un truc qui ne sait dire son nom. Personne ne sait comment démarrer. Les centres ouvriers désertés, masse de chômeurs, ou de bosseur, la débrouille nous a dispersé.

Il n’y a pas si longtemps, l’avenir faisait rêver. On disait, en l’an 2000, il y aura ceci, et tout ça, tout ça. Et encore mieux. Et puis l’an 2000 est arrivé. D’un ennui, mortel. L’État et les capitaliste nous ont appris à ne plus espérer. La restructuration de la forme de la production, les concurrences mondiales renforcées, les guerres qu’ils se mènent entre eux. tutti quanti. Plus personne ne peut espérer une quelconque amélioration, encore moins espérer un monde meilleur. Et le bizness n’en tourne que mieux.

On va continuer, encore longtemps, surement, à se casser les dents, à critiquer seulement le gouvernement, au jeu du politique, à chercher à se représenter, à croire au petit jeu du leadership dissimulé ou pas, des politiciens en herbe ou aguerris.

C’est des moments, aussi, pour réapprendre à se parler, à ne plus réfléchir tout seul, à découvrir ce que l’on veut faire. A se battre aussi. Et à se remettre, surtout, à rigoler. Et trouver, à abattre, leur ennui, leur morale, leur fric et leurs usines, leur force et nos peurs, leur classe et tout ce qui la maintien.

Note

Mots-clefs : idéologie du travail

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