Le bonneteau de la mort ; Résistons ensemble, N° 165, septembre 2017

Voici le No 165, SEPTEMBRE 2017, du petit journal mobile recto-verso A4 "Résistons ensemble" du réseau contre les violences policières et sécuritaires. Il est destiné à être photocopié et à être diffusé localement, si le journal vous plaît.

Vous êtes invitEes à participer à son élaboration, à sa rédaction,
à se joindre à l’équipe de rédaction. Nous attendons vos contributions, propositions, critiques ...

Bulletin numéro 165, septembre 2017, du réseau Résistons Ensemble. Formé en 2002, Résistons Ensemble a pour but d’informer, de briser l’isolement des victimes des violences policières et sécuritaires et de contribuer à leur auto organisation. Pour lire l’intégralité et télécharger ce bulletin mis en page au format pdf :http://resistons.lautre.net/spip.php?article574

Le bonneteau de la mort

Vous connaissez sûrement le jeu de bonneteau. Deux cartes noires et une carte rouge, la dame de cœur, tournées puis retournées par le bonneteur sur un carton. Tout parait simple, clair, transparent. Vous êtes sûr de votre vérité, la dame de cœur rouge est là, mais non, vous avez perdu, le bonneteur vous a eu. En toute transparence.
Eh bien l’État, sa justice, sa police joue à ce jeu avec votre vie. Tenez, le dernier cas, c’est Lucas M. qui se serait suicidé, pendu à ses chaussettes au commissariat d’Arpajon (voir l’article). Les experts médico-judicaires avalent cette histoire invraisemblable. C’est leur rôle. Si ce n’est pas le suicide, c’est le cœur malade, trop gros qui a lâché, comme pour Ali Ziri, Adama Traoré, Lamine Dieng, Wissam El-Yamni… Leurs conclusions, qu’ils prétendent « scientifiques » restent dans de telles ambiguïtés car elles permettent de dédouaner les crimes policiers. Les non-lieux deviennent un système, et quand très rarement un policier est condamné, car c’est trop gros et on n’a pas pu planquer le crime, c’est à quelques mois de sursis. On condamne alors un policier ripoux mais en aucun cas la responsabilité de l’institution policière n’est reconnue, comme pour l’ex-directeur de la BAC de Rennes (voir article). Alors, quand au bout des années de luttes judiciaires et de mobilisations dans la rue, le crime policier est couvert par un non-lieu (au bout de 10 ans pour Lamine Dieng, 7 ans pour Ali Ziri), les familles, les soutiens se posent légitimement la question : est-ce que la lutte paye, le pot de terre peut-il gagner contre le pot de fer ?
C’est clair, la justice on ne l’aura jamais dans le monde tel qu’il est. En revanche, la lutte peut faire éclater la vérité face aux calomnies de l’État et laver l’honneur des morts et des blessés. Elle permet le rapprochement avec d’autres collectifs et ainsi le partage des expériences et une conscience politique plus aiguisée et avertie. La lutte du collectif pour Adama est à ce titre exemplaire ; l’échange des informations a notamment permis de refuser de céder à la pression de la justice pour enterrer immédiatement le cadavre, ce qui aurait empêché toute nouvelle autopsie.Lutter sur le plan judiciaire permet aussi de transformer les procès en tribunes politiques ; c’est ce que rappelle le collectif « désarmons les » dans son appel à assister au procès sur l’incendie d’une voiture de flics (voir rubrique agir).
Au jeu de bonneteau des crimes policiers, c’est la raison d’État qui gagne. Mais notre lutte peut renverser toutes les cartes et démasquer les tricheurs.

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au sommaire

> Le bonneteau de la mort

> chronique de l’arbitraire
-La parole des experts, argument de l’impunité policière ?
-Rennes : Pour une fois un flic est condamné, mais…
-Luis Bico abattu par la police
-La garde à vue, un taux élevé de mortalité
-Sevran/Aulnay, la nation fête les quartiers : un mort, un blessé par balle
-Violences contre les réfugiés : « c’est comme vivre en enfer »
-L’Attiéké a été expulsé
-Pas de justice pour Lamine, pas de paix !
-Adama, « Pas de justice, pas de paix ! »…
-L’acharnement contre les amis de Curtis continue
-Contre les puissants
-La grenade GLI F4
-Même plus le droit de s’amuser...

> Agir
Manifestation contre l’instauration d’un état d’urgence permanent !
Procès de la voiture de flics brûlée


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