La mairie de Paris met fin au dispositif de vacances Arc en ciel

Le dispositif Arc en ciel, effectif depuis des années et permettant à des milliers d’enfants de partir en vacances pour des prix modiques est donc fini. Une annonce qui s’est faite en toute discrétion et va encore pénaliser les publics les plus populaires.

Les familles et les mairies d’arrondissement ont eu une belle surprise en début de semaine. On a appris la fin du dispositif Arc en ciel. Ce dispositif existant depuis 25 ans permettait aux familles de bénéficier de séjours pour leurs enfants pour des prix modiques indexés sur le quotient familial de la CAF. Ce dispositif, détaillé sur cette page, permettait à des milliers de jeunes de partir.
Ce dispositif, financé par la mairie de Paris, a permis en 2016 à plus de 7 000 enfants parisiens de partir pour des destinations aussi variées que la Corse, la Normandie ou le bordelais.
Cette annonce s’est faite en tout discrétion. C’est en cherchant à inscrire leurs enfants pour les vacances que des parents sont tombés sur un message lapidaire qui annonçait une fin de non recevoir. Tout ça a été publicisé par une pétition en ligne et un article du parisien.
Même si ces séjours n’étaient pas destinés uniquement aux quartiers populaires de la ville, les familles les plus en difficultés seront encore les victimes de ce coup de rabot budgétaire. En effet, si les familles les plus riches pourront toujours taper sur les fonds propres du foyer familial, pour les plus pauvres les enfants seront condamnés à traîner à Paris. Mais heureusement, la mairie de Paris, qui a été finalement obligée de communiquer devant la mobilisation a trouvé une solution :

Les centres de loisirs ouverts tout l’été accueillent également les enfants de 3 à 14 ans et proposent des activités dans les écoles ainsi que des sorties éducatives à la journée à Paris ou à proximité. Elles peuvent se dérouler dans des espaces nature et des espaces de découverte aménagés ainsi que dans des bases de loisirs proches de Paris, des forêts franciliennes. Elles peuvent également consister en des visites de sites patrimoniaux, naturels ou culturels.

Première hypocrisie : on propose aux enfants comme ouverture culturelle de « découvrir Paris ». Sont-ils au courant qu’il s’agit de leur ville ?
Seconde hypocrisie : alors que le dispositif Arc en ciel était destiné aux 4-16 ans, les centres de loisir ne sont destinés qu’au 4-14 ans. Que vont devenir les 14-16 ans ? Nul ne le sait. Ce n’est pas comme si c’était un âge charnière dans le développement de l’adolescence, une période qui nécessite un cadre et des rapports de vie collectifs.
Troisième hypocrisie : quiconque est déjà rentré dans un centre de loisir parisien l’été sait qu’il s’agit d’un accueil pour un public d’école primaire. Dans les centres de loisirs, aucun accueil n’est réfléchi pour les collégiens, si bien qu’aucun collégien ne fréquente sérieusement les centres de loisirs de la ville de Paris. Ceux ci ont en effet comme cadre les écoles primaires, ce qui n’incite pas les 6e ou les 4e à y revenir. Et ça la Mairie de Paris le sait bien. Les collégiens parisiens pauvres ont donc plusieurs choix : traîner dans la rue, rester chez eux (avec leur tablette), retourner en classe de primaire. Magnifique de pédagogie.

Mais l’autre proposition est encore plus hallucinante :

Les enfants peuvent également profiter pendant l’été d’aménagements comme Paris Plages, dont la durée a été étendue depuis le début de la mandature, le bassin de la Villette et le Parc Rives de Seine avec des équipements et animations dédiés.

Ce sont donc aux jeunes d’aller eux même à Paris plage. Ou alors de se faire accompagner par leur parents. Dommage si vos parents travaillent ! Qui plus est la plupart des activités à Paris plages sont surveillées, mais pas du tout encadrées. Quid de l’encadrement pédagogique et éducatifs des enfants ? Quid de l’apprentissage de la vie en collectivité ? Aucun de ces points n’est évidemment mis en avant par la mairie de Paris…

Enfin et surtout, la mairie de Paris est d’une hypocrisie totale puisqu’elle s’explique selon elle par :

une érosion continue de sa fréquentation : -39 % en 10 ans pour 4.200 bénéficiaires en 2017.

Cette baisse de fréquentation s’explique par les nombreux autres dispositifs similaires qui existent à Paris et qui apportent aux familles une offre très diversifiée de séjours pour les enfants pendant les périodes de vacances.

C’est évidemment faux. Durant l’année 2017, le nombre de places avait drastiquement diminué. Les places allouées aux clubs de prévention par exemple avaient baissé de 3/4 par rapport à l’année 2016. Il y avait beaucoup moins de propositions. Tout le monde a pu le constater. Dans les centres de loisirs et maisons de quartier Parisiens, on ne comptait pas les mamans qui venaient nous voir pour nous dire "on a pas eu de place". Et la Mairie de Paris ose communiquer de la sorte ? Vous n’avez pas honte ? Ce procédé scandaleux est symbolique des stratégies de rigueur budgétaire des mairies. Qui veut noyer son chien l’accuse de la rage.

Cette mesure fait écho à une autre suppression d’un autre dispositif de vacances à l’automne, dénoncée par la CGT culture. Là encore est ce au nom des sacro saints JO ? En tout cas les conséquences pour les enfants, mais aussi pour l’emploi des animateurs s’annoncent catastrophiques.

Un animateur parisien.

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