L’acharnement sur la population de Seine-Saint-Denis en temps d’épidemie

Un article particulièrement servile du Parisien nous apprend que 10% des amendes en France ont été dressées en Seine-Saint-Denis. Il semble évident qu’il s’agit d’un contrôle accru plutôt que d’une « indiscipline » des habitants confinés.

1 348 personnes ont été verbalisées depuis mardi en Seine-Saint-Denis pour non-respect du confinement. « Sur la première journée 10 % des PV dressés en France l’ont été en Seine-Saint-Denis », précise Fabienne Klein-Donati, procureure de la République de Bobigny.

10% des amendes en Seine-Saint-Denis alors même que la population de la Seine-Saint-Denis est de 1,15 % proportionnellement à la population française.
Pourquoi ce chiffre ?
Pour les flics c’est clair : c’est une conséquence du manque de savoir vivre et de la délinquance endémique :

« C’est comme si c’était les vacances. Il fait beau, on écoute de la musique, on boit de l’alcool », fulmine un policier.

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D’autant plus que dans certains quartiers les regroupements de jeunes sont devenus « un nouveau jeu avec les forces de l’ordre », déplore-t-il.
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C’est ce qui s’est passé à Aulnay-sous-Bois, lundi soir. Emmanuel Macron venait d’annoncer l’instauration du confinement total, dans le quartier des 3 000, une quinzaine de conteneurs à poubelles étaient incendiés, pompiers et policiers avaient été accueillis avec des projectiles. Une poussée de tension qui a surpris car la cité n’avait pas connu de tels débordements depuis plusieurs mois.

Et tant pis si le journaliste n’a même pas vérifié si cette tension était en lien avec l’épidémie actuelle ou alors une violence policière. À quoi bon quand on est journaliste de vérifier les informations ?

Il est clair qu’un département comme la Seine-Saint-Denis est exposé. Tout d’abord, il y a un problème récurrent de logement dans le département, ce qui amène des personnes à occuper la rue. Il est évident que quand vous habitez à 6 dans un 2 pièces, la tentation de sortir est forte. Mais pour parer à ces problèmes, l’État a trouvé une autre solution :

À partir de ce samedi et jusqu’à nouvel ordre, les abords du canal de l’Ourcq et les parcs et squares seront interdits aux promeneurs « pour éviter que les gens ne circulent, précise la préfecture ». « Il y a encore trop de monde. »

Les gens vont donc rester enfermés chez eux dans des logements indignes à se partager leur miasmes. C’est n’importe quoi.

Mais surtout, la problématique est évidemment celle d’un sur-contrôle policier. Encore cette semaine, de nouveaux flics, notamment des CRS vont être envoyés dans les quartiers.

Mercredi est entrée en vigueur l’amende de 135 € pour endiguer la pandémie de Coronavirus. « À partir d’aujourd’hui (NDLR : ce jeudi) nous montons en puissance pour saturer le terrain », indique ce policier qui annonce « une grosse présence et un travail de fond ». Pour faire respecter ces mesures, des renforts en effectifs départementaux et des CRS ont été mobilisés pour appuyer les commissariats. Dans cette ville de Plaine Commune, une trentaine de PV avaient été dressés mercredi. Aujourd’hui, il y en avait déjà 70 à 15 heures. Les piétons, mais aussi les automobilistes n’y échappent pas.

Mais la voila l’explication. Plus de flics= plus de contrôles= plus d’amendes. C’est bien logique.

Il faut bien évidemment dire que les flics sont bien plus prompts à verbaliser des jeunes noirs ou arabes que Christian, retraité Niçois qui aime flanner sur la promenade des anglais.

Les fronts de mer hier étaient blindés. Il sufisait de voir toutes les images de nos coins touristiques.

Comme d’habitude, la Seine-Saint-Denis et ses habitants immigrés subit une stigmatisation. Toutes les occasions sont bonnes.

Localisation : Seine-Saint-Denis

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