Kafé Disjonc’thé contre la coupe du monde de foot au Brésil

Du 22 avril au 10 mai 2014, est organisée en Europe une tournée d’information et de soutien au mouvement contre la coupe du monde de football au Brésil. Le but de cette tournée est de présenter la situation actuelle dans ce pays, d’expliquer l’existence des forts conflits sociaux et de soutenir les mouvements de révolte. Une présentation-discussion aura lieu en présence d’une personne du Brésil, et quelques films documentaires seront projetés au sujet des luttes en cours.

Cette tournée envisage aussi de récolter de l’argent pour soutenir le mouvement contre la coupe du monde de 2014 au Brésil. Les dernières expériences de révolte dans le pays et les lois spéciales de sécurité nationale qui seront appliquées pendant la coupe du monde montrent que la répression sera très forte. Dans plusieurs villes, des caisses de solidarité se sont formées pour se préparer face à la répression pendant la coupe du monde. L’argent récolté pendant cette tournée sera envoyé à l’ABC (Anarchist Black Cross) de Rio de Janeiro et servira à payer des amendes et des cautions pour les personnes arrêtées, le coût des procès en justice et les besoins des personnes éventuellement en prison. Ce collectif est en lien avec d’autres caisses de solidarité dans plusieurs villes, cet argent sera redistribué et envoyé à d’autres villes si besoin.

copa de todo mundo

Pourquoi on dit non à la Coupe du Monde 2014 ?

Il est prévu que la prochaine Coupe du Monde se passe au Brésil en juin 2014. Cependant, depuis quelques années, et plus largement depuis les émeutes de juin 2013 au Brésil, un gros mouvement social s’oppose à la réalisation de la coupe du monde dans le pays. Dans un pays connu comme “le pays du football” ça peut sembler étonnant, mais la restructuration des villes pour rentrer dans le modèle de la FIFA, ou dans un modèle “touristique”, a amené à une telle exclusion des populations les plus pauvres que plusieurs mouvements de révolte ont éclaté ces dernières années partout dans le pays. Ces mouvements sont devenus visibles aux yeux des médias internationaux quand en juin 2013 une révolte massive a pris d’assaut le pays.

Malgré le fait que le gouvernement essaye de créer une image d’un pays en voie de développement accéléré et qui réussit économiquement, les inégalités sociales restent très marquées. La Coupe du Monde de 2014 et les Jeux Olympiques de 2016 au Brésil seraient les résultats visibles de cette réussite économique pour le gouvernement. Les autorités essayent alors, à tout prix, de créer une façade d’un pays qui se modernise, qui augmente les niveaux de vie, et où la paix sociale règne. Ce sont les populations les plus pauvres qui vont payer le prix de cette image. Les villes sont alors aseptisées, les quartiers pauvres sont “pacifiés” (ce que veut dire : les mettre sous contrôle militaire), plusieurs quartiers se font détruire et les populations sont déplacées loin des centres-villes, la gentrification augmente et le prix de la vie devient extrêmement cher dans les centres urbains. Ce scénario amène à une grosse insatisfaction populaire et éclate en révolte. Cette révolte est réprimée violemment par les autorités.

Quelle est la réponse du gouvernement aux mouvements de révolte ?

Depuis l’année dernière la police réprime violemment les manifestations, avec des matraques, des bombes lacrymogènes, des bombes assourdissantes, des flashballs, des tasers, et parfois des balles réelles. Les arrestations en masse sont aussi une de ses tactiques. Les médias collaborent en montrant une image des manifestants comme des personnes violentes, des casseurs. Les personnes arrêtées pendant cette période ont déjà été inculpées par des Lois de Sécurité Nationale (aussi anti-terroristes, qui datent de la dictature militaire) et des lois contre le crime organisé. Ce sont les outils utilisés par la répression jusqu’à maintenant.

En ce moment, le parlement se dépêche de voter des nouvelles lois anti-terroristes avant la Coupe du Monde, qui pourront définir les manifestations comme des actes terroristes. Ces lois créent aussi une nouvelle pénalisation pour attentat contre “des choses matérielles” qui peut aller jusqu’à 20 ans de prison. C’est pour ça que les mouvements contre la Coupe du Monde se préparent face à la répression…

C’est quoi l’Anarchist Black Cross de Rio de Janeiro ?

L’Anarchist Black Cross de Rio de Janeiro est la seule caisse de solidarité anti-répression autonome qui existe dans cette ville pour l’instant. Elle a été crée en novembre 2013 pour soutenir financièrement les personnes emprisonnées après la grève des professeurs en octobre 2013. La caisse rassemble des fonds qui seront utilisés contre la répression pendant la Coupe du Monde. D’une manière générale, l’ABC Rio de Janeiro envisage de soutenir non seulement “les prisonniers politiques”, mais toutes les personnes en prison.

Venez en discuter le 24 avril 2014 à partir de 19h au Transfo, 57 avenue de la République Bagnolet.
Métro Galieni ou Robespierre.

Localisation : Bagnolet

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