À Paris : manifestation Vendredi 20 juin à 15h place de la Sorbonne

Communiqué de la Coordination nationale des mineur-es isolé-es en lutte
Le 20 juin 2025, jour de fin des épreuves écrites du baccalauréat et journée mondiale des réfugiés, nous appelons à nous mobiliser pour exiger la scolarisation de toutes et tous. Ce jour-là, l’école républicaine est célébrée pendant que des milliers d’entre nous, mineur·es non accompagné·es (MNA) en recours, sommes privés de scolarisation alors que notre principale objectif est de poursuivre nos études, de nous former pour ensuite travailler.
Grâce à la mobilisation de nos collectifs, des victoires ont été arrachées. Des centaines d’entre nous ont pu être inscrit·es au lycée, des pièces administratives abusivement exigées ne sont désormais plus demandées, des jeunes ont été reçus en délégation au rectorat pour exprimer leurs revendications. Ces avancées prouvent que rien n’est figé et que la détermination collective peut faire reculer l’injustice.
Nos droits bafoués
Alors que le Code de l’éducation garantit l’instruction pour toutes et tous, quel que soit le statut administratif ou le niveau scolaire, et que le Code de l’action sociale et des familles protège les mineur·es isolé·es, ces droits sont bafoués dans de nombreuses académies :
- L’accès à l’inscription est entravée : procédure dématérialisée sans traduction, demandes de documents impossibles à fournir pour les MNA
- Le délai d’affectation est long, parfois de plusieurs mois voire plus dun an, ce qui nous fait prendre beaucoup de retard
- Nous n’avons souvent aucune solution d’hébergement stable. Exposés à la rue, hébergés chez des tiers, dans des squats ou en centre d’urgence insadapté, nous vivons dans des conditions indignes. Notre exclusion sociale complique nos conditions de scolarisation.
Quand nous sommes enfin scolarisé·es, c’est souvent dans des conditions indignes : difficultés à obtenir des fournitures de base, à avoir accès à la cantine et au titre de transport, orientation subie vers des filières inadaptées...
Refus de nous affecter dans des classes UPE2A (Unités pédagogique pour élèves allophones arrivants) et NSA (Non scolarisés ultérieurement), qui sont pourtant essentielles pour que nous puissions apprendre dans de bonnes conditions et suivre une scolarité adaptée.
Quand nous sommes reconnu·es mineur·es, certain·es d’entre nous sont déscolarisé·es du jour au lendement par l’Aide sociale à l’enfance, comme à Beauvais ou à Melun, sous prétexte de placement en foyer, sans qu’aucune réinscription ne soit assurée rapidement. Ces ruptures brules aggravent l’exclusion scolaire et brisent des parcours déjà marqués par l’instabilité.
Nos échanges montrent que les situations varient selon les académies. Nous savons par exemple, qu’à Tours, on nous scolarise rapidement et dans de bonnes conditions, preuve que le droit peut être respecté. Nos mobilisations nous ont également permis d’obtenir des victoires. Nous savons que la situation peut changer et que nous devons continuer à demander le respect de nos droits.
Nous demandons
- L’accès immédiat à la scolarisation pour tous les MNA, y compris en recours
- La prise en charge des transports, de la cantine, des fournitures pour tous les jeunes scolarisés
- L’ouverture de classes, en particulier d’UPE2A et NSA
- La scolarisation dans des classes et des filières adaptés au niveau scolaire des jeunes : pas de scolarisation au rabais !
- La poursuite de la scolarisation une fois placé, l’ASE ne doit pas déscolariser les jeunes !
- Un hébergement stable, digne et sécurisé pour chaque jeune isolé
- La fin des disparités territoriales et l’application effective des droits sur tout le territoire
Rejoignez notre combat !
Le 20 juin, des rassemblements auront lieu dans toutes les villes de la Coordination nationale et au-delà.
Nous appelons tous les MNA, en recours ou placés, scolarisés ou non, à rejoindre le combat et à être massivement présents dans les rassemblements pour démontrer que nous sommes nombreux et déterminés !
À nos côtés, les syndicats de l’éducation qui contribuent à notre lutte depuis plusieurs mois appellent aussi les professionnels de l’éducation à se mobiliser.
Nous appelons toutes celles et ceux qui luttent pour la protection de l’enfance, l’éducation et contre le racisme à venir nous soutenir !
L’école est un droit, pas un privilège
La place des MNA est à l’école, pas à la rue
Chaque jour de retard est un jour perdu