Feu aux CRA ! Incendies à Plaisir et à Mesnil-Amelot

Les formes de révolte dans les centres de rétention administrative (CRA) sont quotidiennes, chaque jour des tentatives d’évasion, des grèves de la faim, des résistances individuelles ou collectives à la violence des keufs et aux déportations…
Parfois, les prisonniers tentent de détruire directement la structure qui les enferme, en donnant feu aux cellules et à tout le reste. Dimanche et lundi soir, deux prisons pour sans-papiers ont été endommagées par des incendies.

  • Mise à jour mardi 29/10 et mercredi 30/10

    Suite à l’incendie du CRA de Mesnil-Amelot et à la répression qui l’a accompagné, un parloir sauvage a été organisé dans la soirée de mardi.
    Des personnes sont allé·e·s crier leur solidarité avec les retenu·e·s et leurs luttes. Les « Liberté ! », « Huriya ! » et « Mur par mur, pierre par pierre, nous détruirons tous les centres de rétention ! » ont traversé les grilles et fait des allers-retours entre intérieur et extérieur.

    Mercredi dernier, l’Actualité des luttes a diffusé une conversation téléphonique avec un camarade retenu au centre de Mesnil-Amelot qui nous raconte la situation

Article paru sur abaslescra.noblogs.org :

La prison pour sans-papier du Mesnil-Amelot (77) est juste à côté de l’aéroport CDG. Y sont enfermé·e·s plus de 230 prisonnier·ère·s et c’est aussi une des seules prisons en IDF pour femme sans-papier [1]. Dans abaslescra.noblogs.org et dans paris-luttes.info on a souvent relayé des luttes collectives, des révoltes qui y ont eu lieu. Mais aussi les violences policières, les expulsions cachées et violentes, le racisme des keufs, etc.

C’est au moins la troisième fois cette année que des prisonniers du CRA2 essayent de mettre à mal la machine à expulser en tentant de brûler des cellules.

Ce lundi 28 octobre en début de soirée, dans trois bâtiments (le 9, le 10 et le 11) des feux se déclenchent. Le bâtiment 10 est le plus touché.

Les pompiers interviennent (trop) rapidement et jugent qu’on peut continuer à y enfermer des personnes sans danger pour la santé. Résultat : les prisonniers des bâtiments concernés se retrouvent à dormir dans ces mêmes cellules qui ont brûlé, sans matelas ni draps.

La répression a déjà commencé : deux prisonniers ont été amenés à l’isolement (et peut-être en garde à vue). L’un d’eux a été reconnu par un keuf du CRA parce qu’il l’avait déjà tapé l’année dernière.

Un prisonnier fait savoir que : « Aujourd’hui, les keufs sont chaud chaud. Ils cherchent qui c’est. Mais ils savent pas. La direction du CRA a dit jusqu’à jeudi pour le nettoyage. Mais rien a commencé. Pas de shampoing, de gel douche aujourd’hui, c’est pour la punition. Alors qu’hier y avait déjà pas de shampoing, alors qu’y avait pas eu de feux. »

Dans la prison pour sans-papiers de Plaisir (78), après une grève de la faim et une violente répression qui avaient eu lieu fin septembre, ce dimanche dans la soirée une cellule a brûlé.

Force et solidarité avec tou·te·s les prisonnier·ère·s !

Note

Pour s’organiser en IDF en solidarité avec les prisonnier·ère·s en CRA : RDV tous les mercredi à 18h au CICP (21 ter, rue Voltaire, métro Rue des boulets sur la ligne 9)

Notes

[1On en parle peu mais il y en a d’autres, pas si loin que ça d’ailleurs. À Oissel par exemple, il y a une zone famille pour enfermer femmes et enfants (précision reçue par mail).

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