Eurosatory : L’erreur de com’ du juteux marché de la mort

Aux portes de Paris, du 11 au 15 juin le salon de l’armement s’ouvre au business de la mort . La communication reste cantonnée aux initiés peu scrupuleux des conséquences quand il s’agit d’affaires.

Tapez “Salons à Paris” sur votre moteur de recherche : vous y trouverez tout, du salon du mariage au salon lesbien en passant par l’aviation ou la nourriture vegan. Tout sauf Eurosatory, le salon international de l’armement, pas même sous l’onglet “professionnels”. Etonnant oubli, non, pour un salon qui se déroule du 11 au 15 juin à Paris nord Villepinte ?

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Sur son site, Eurosatory est pourtant bien fier de rassembler Thalès, Safran, Arsenal et 1500 autres professionnels d’armement exposant sur plus de 167 000m2. Fier d’ accueillir 212 délégations officielles des représentants des forces armées de 94 pays et plus de 700 « journalistes » promouvant les derniers gadgets ! Bien fier de ses conférences et shows, des démonstrations de GIGN, BRI, ou BSPP [1] de la venue de 80 nouvelles start-up. L’inauguration donnerait même lieu à un grand banquet : les armes, ça se fête !

Le COGES, commissariat général qui organise ce salon, aurait-il peur de s’adresser à un large public ? Il pourrait craindre que dans d’autres sphères on s’insurge de ce business florissant qui s’épanouit sur les morts, les blessés, les déportés sous couvert de maintien de la paix. Il pourrait redouter qu’on évente les milliers de victimes civiles non comptabilisées de ces armes si professionnellement « testées sur le terrain » en Syrie, au Yémen, en Palestine, en Afghanistan, au Mali ou en Irak, parmi lesquelles se trouvaient beaucoup d’enfants. Il pourrait vouloir cacher au grand public le désastre écologique et climatique que tout cela entraîne.
Communiquer, ce serait permettre qu’on réfléchisse :

  • Assurer « notre sécurité » à grands renforts de grenades « sub-létales ( !) » et de surveillance par drones n’est–ce-pas empêcher toute contestation populaire et glisser vers un régime dictatorial ?
  • Vendre des armes pour « supprimer le risque terroriste » au lieu de lutter contre ses causes, n’est-ce-pas un pur prétexte pour pérenniser l’exploitation des ressources et la colonisation de régions … et provoquer plus de terrorisme en retour, et donc plus de répression, et encore plus de ventes d’armes ?
  • Vendre des armes pour « maintenir l’ordre » dans les quartiers populaires, les ZADs ou la rue, n’est-ce-pas monter policiers et militaires contre les victimes d’une politique favorable à quelques puissants ?
    Communiquer, ce serait risquer d’étendre la colère de quelques humanistes et écolos à la frange plus large de simples contribuables : et s’ils découvraient que le montant du budget national 2018 de la Défense s’élève à 32,44 milliards d’euros quand celui accordé à la Santé plafonne à 1,24 milliard [2]. Le COGES ne peut quand même pas dire aux Français : « votre argent a bien une odeur, c’est celle de la mort ».

On se dit alors que ce n’est sûrement pas une erreur de com’ mais un silence stratégique.
Et qu’il faut le dénoncer, sur place, maintenant. Nous, Français et conscients de ce que la France fait subir aux populations à l’étranger, nous leur ferons front pour demander l’arrêt définitif de ce business mortifère et scandaleux.

Notes

[1Groupe d’Intervention de la Gendarmerie nationale, Brigade de Recherche et d’Intervention, Base des Répertoires des Personnes Physiques.

[2Sources : Desobeir.net

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