De la genèse d’un syndicat Jaune durant la Belle Époque aux vitres brisées de la CFDT, son dernier avatar ad hoc.

Le 8 novembre 1899, lors d’un arrêt de travail massif dans les puits de Montceau-les-Mines (Saône-et-Loire), un petit groupe de mineurs se constitue avec le soutien du patronat local pour empêcher l’extension du mouvement. Apprenant que ces anti-grévistes appointés se réunissent au Café de la Mairie, un cortège de manifestants se rend sur place.

Les plus énergiques d’entre eux — fils spirituels de la fameuse « bande noire » qui avait défrayé la chronique locale de la « propagande par le fait » des anarchistes seize ans plus tôt — se saisissent de quelques pierres alentour et commencent à les lancer contre cet estaminet de mouchards et de traîtres à la cause ouvrière. Ce faisant, les prolos en pétard brisent très naturellement toutes les vitres dudit repère de briseurs de grèves. Peu après ces violentes échauffourées, la légende veut que le patron du troquet lapidé ait remplacé les carreaux cassés par de grandes feuilles de « papier huilé », de teinte jaunasse. D’où, semble-t-il, l’appellation infamante qu’en France on attribuera désormais aux « anti-grévistes » de tous poils. À moins qu’il s’agissent d’une référence à ces œufs (et leur trace jaunâtre) que balançaient parfois les gueules noires en lutte pour la « journée de huit heures » contre les non-grévistes venus les remplacer au pied levé (même s’il existe quelques variantes régionales pour ces « jaunes » également traités de « renards » ou de « rouffious).

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