Dans le 20e, 6 jeunes expulsés d’un foyer en plein hiver

Exception dans l’exception, il n’y a aucune trêve hivernale pour les piaules en foyer ou en hôtel « social » (même si ça peut éventuellement se contester). La voie est libre donc, pour l’Aide Social à l’Enfance et France Terre d’Asile (association d’aide aux jeunes migrants) pour foutre à la rue, là comme ça, 6 jeunes du foyer Stendhal (20e arrondissement).
Le texte qui suit, diffusé par la CGT, dénonce la situation, tout comme l’organisation même du foyer, les conditions de vie et de travail et la complicité des pouvoirs publics.
Un rassemblement était organisé, ce vendredi 20 décembre, devant le foyer.

« Le 1er novembre, la trêve hivernale est venue comme chaque année donner un peu d’air à plusieurs milliers de familles et particuliers en situation précaire ; jusqu’au 31 mars, ils ne pourront pas être expulsés, car notre pays met en avant le principe de solidarité avec les plus démunis, et pour beaucoup, il est insupportable plus encore en hiver, par grand froid, de jeter sur le pavé ceux que la providence n’a pas favorisé…

Pourtant, ce qui semble impensable, illégal, inacceptable, à savoir priver de logement ou d’abri des hommes et femmes, mineurs ou majeurs, quelles que soient les raisons qui les ont poussées à être menacés d’éviction pour impayé, se produit tous les jours pour les jeunes isolés étrangers, tout juste majeurs, mineurs parfois.

Le foyer DMA Stendhal accueille depuis trois années des jeunes étrangers près de 75 mineurs isolés étrangers pris en charge aujourd’hui, mis à l’abri de manière temporaire par l’Aide Sociale à l’Enfance de Paris.

Cette structure gérée par l’association France Terre d’Asile, principal opérateur associatif sous convention de la Ville de Paris pour l’accueil de ce public, connaît des dérives inquiétantes depuis près de deux ans, tant sur le plan du droit du travail que sur celui de la protection que cette structure est censée apporter aux mineurs pris en charge. Cet accueil et protection sont légalement obligés, en vertu de la législation sur la protection de l’enfance et de conventions internationales dont la France est signataire (Convention internationale des droits de l’enfant, Déclaration universelle des droits de l’homme, Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme…).

Depuis longtemps déjà, plusieurs associations militantes des droits de l’Homme et des Droits de l’Enfant dénoncent les conditions d’accueil de ces jeunes par France Terre d’Asile sur Paris, accueil qui semble aux antipodes du plaidoyer affiché par cette association.

Derrière la vitrine, les saveurs de l’arrière-boutique sont plutôt nauséabondes : 75 jeunes stockés dans des cellules de 2 mètres sur 1 mètre 50, à deux sur un lit superposé, sans fenêtres ; un encadrement éducatif en deçà de toutes les normes du travail social avec pas plus de 2 éducateurs pour les 75 jeunes ; un état d’hygiène préoccupant, avec poux, gale, puces de lit, jamais éradiqués ; une gestion du personnel aberrante et maltraitante, avec 15 démissions sur les 12 derniers mois ; une interdiction proclamée par la chef de service pour les jeunes d’aller à l’école ; aucune activité, ni cours de langue, ni tickets de transports pour les jeunes scolarisés … Peut-on continuer à accepter cela en fermant les yeux ?!

Demain, vendredi 20 décembre, Monsieur MACHE, le patron du SEMNA de l’Aide Sociale à l’Enfance se rendra dans l’établissement pour signifier à six de ces jeunes qu’ils ont deux jours pour prendre leurs affaires et dégager les lieux… pour aller où ??? ».

Mots-clefs : expulsions | foyers
Localisation : 20e arrondissement

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