Contre la récupération de l’écologie par l’extrême droite !

Jeudi 27 février à 18h à Paris, Olivier Rey, un philosophe transphobe, homophobe et sexiste, impliqué dans les milieux d’extrême droite, est invité lors d’une soirée d’échanges autour de la démarche « low-tech », organisée par une institution publique. Ne les laissons pas faire !

L’extrême droite tente de récupérer l’écologie

De plus en plus, l’extrême droite essaie d’utiliser l’écologie pour faire passer ses idées réactionnaires. Il y en a pour tous les goûts : des groupuscules « païens » (la Nouvelle Droite, d’Alain de Benoist), des groupes identitaires (le Bloc identitaire) qui font le lien entre peuple, terre et sang, des catholiques traditionalistes (la Manif pour tous et compagnie), des survivalistes, Alain Soral et Égalité et Réconciliation… Même le FN commence à s’y mettre.

Beaucoup avancent masqué·e·s et se dissimulent derrière des thèmes habituels de l’écologie : le localisme devient « chacun chez soi », le « terroir » devient « pureté raciale », la préservation de la « nature » devient contrôle du corps des femmes, opposition à l’avortement et à la contraception, haine de tout ce qui n’est pas hétéro et cis, etc. Bref, la « protection de la nature » devient renforcement des structures de domination et des oppressions.

Si des représentant·e·s de l’extrême droite sont chez elleux à la télé (Eugénie Bastié, Julie Graziani, Elizabeth Lévy, etc.), leur propagande se déploie partout. Exemple : jeudi 27 février à 18h à Paris, Olivier Rey est annoncé comme intervenant lors d’une soirée d’échanges autour de la démarche « low-tech », organisée par une institution publique, l’ADEME (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie, institution qui participe à la mise en œuvre des politiques publiques dans les domaines de l’environnement, de l’énergie et du développement durable).

Ce « mathématicien et philosophe, chercheur au CNRS, enseignant en philosophie, essayiste » intervient aux côtés notamment de Philippe Bihouix, souvent apprécié par les écolos.

Un catholique intégriste radicalisé

Le même Olivier Rey qui, dans une intervention intitulée « Homme-femme : heureuse différence ou guerre des sexes ? » (pas bon signe), en compagnie d’un théologien (pas du tout bon signe), lors d’une conférence sur la « querelle du genre » à Notre-Dame-de-Paris (toujours moins bon signe), nous explique que :

Les dieux antiques, si prompts aux métamorphoses, ne franchissaient jamais la frontière entre les sexes. Au Moyen Âge, le diable, malgré ses innombrables pouvoirs, n’avait pas celui de changer le mâle en femelle, et réciproquement. Dieu, de son côté, s’est toujours abstenu de pareille opération. Autrement dit, le monde moderne entend réaliser ce que ni les dieux ni les démons n’ont jamais réalisé. Au XVe siècle, à Bâle, un coq fut accusé d’avoir pondu un œuf et, pour ce «  crime atroce et contre nature  », il fut brûlé vif avec son œuf devant la population. Aujourd’hui, on serait ravi de pouvoir fabriquer des coqs qui pondent des œufs, et on convierait le ban et l’arrière-ban des médias pour les faire assister à la prouesse. […] C’est en respectant cet interdit, c’est-à-dire en acceptant que quelque chose, dans le monde, ne soit pas à sa libre disposition, que l’être humain est à l’image de Dieu. Parce que c’est ainsi que, comme Dieu, il peut être avec l’autre. […] C’est en renonçant au fantasme d’être tout tout seul, que flatte le serpent, c’est en étant avec les autres, et l’autre de l’autre sexe, que l’être humain a part à la totalité divine. […] Il est dit que Dieu a créé les humains mâle et femelle : c’est à eux qu’il appartient de devenir homme et femme l’un pour l’autre. Le péché a abîmé cette relation. À partir du moment où chacun a prétendu au tout, sans l’autre, les hommes et les femmes sont entrés les uns envers les autres dans un régime de convoitise et de domination.

Face à toutes ces dérives :

La famille à l’ancienne est un des derniers lieux de résistance au mouvement de contractualisation généralisée [c’est-à-dire à la marchandisation de la société. Il faut donc revenir à] l’autorité de la religion et de la tradition.

On voit l’idée.

Des amis d’extrême droite

Ces positions correspondent à ses fréquentations : il contribue à la revue Limite, « revue d’écologie intégrale » fondée par des membres actif·ive·s de la Manif pour tous et des « Veilleurs », dont la ligne éditoriale reflète bien les origines, et il a été au conseil éditorial des deux premiers numéros du magazine L’Incorrect, qui veux « faire voler en éclats le clivage entre Républicains et Rassemblement national » et soutient (plus ou moins) officieusement Marion Maréchal Le Pen.

Enfin, il s’est affiché plusieurs fois et a dialogué en bonne intelligence avec Alain de Benoist, figure centrale de l’extrême droite écolo, et a publié des articles dans sa revue. Il est souvent intervenu également au « Cercle Aristote », lieu de rassemblement des « dissidents » longtemps hébergé chez Serge Ayoub, fondé par le président des « Amis d’Éric Zemmour » et qui accueille des antisémites, des négationnistes du génocide rwandais, des membres du FN, d’Égalité et réconciliation, etc.

Militant parmi les homophobes, antiavortement et anticontraception

Surtout, Olivier Rey est membre d’honneur de « Cosette & Gavroche », branche lyonnaise de la Manif pour tous qui organise des colloques anti-PMA, contre le « mariage pour tous », et plus largement tout ce qui ne ressemble pas à une famille hétéro, blanche, et avec des enfants. Ainsi :

La puissance médiatique d’une minorité de militants ne doit pas occulter notre devoir collectif de solidarité envers les plus fragiles, à commencer par les enfants qui, pour naître comme pour grandir, auront toujours besoin d’une femme et d’un homme. […] Défendre le mariage et la filiation biologique et encourager l’adoption qui offre un Père et une mère a un enfant est [leur] priorité.

Enfin, il est « professeur » au sein du « cycle de formation bioéthique » de l’Alliance Vita, une association catholique traditionaliste (fondée et longtemps présidée par Christine Boutin), opposée à l’avortement, à la contraception, au « mariage entre personnes de même sexe », à la PMA, la GPA, l’euthanasie, etc. L’association crée notamment des sites de désinformation sur l’avortement, comme www.sosbebe.com, très bien référencés sur Google et destinés à piéger de jeunes femmes enceintes souhaitant avorter et en recherche d’information sur internet. Elle distille également sa propagande dans les milieux catholiques par son cycle de conférence, dans lequel intervient donc Olivier Rey.

Bref, l’invitation d’Olivier Rey par l’ADEME symbolise cette tentative d’infiltration de l’écologie par l’extrême droite. S’iels ne l’étaient pas au début, les organisateur·rice·s de la conférence sont informé·e·s de tout cela depuis plus d’une semaine et rien n’a changé.

Nous avons fait part de notre intérêt pour l’évènement aux organisateur·rice·s. Si vous souhaitez en faire autant, cela aura donc lieu au Tank, 22 bis, rue Taillandier à Paris, jeudi 27 février à 18h. D’ici là, n’hésitez pas à exprimer votre intérêt à ademe.ile-de-france@ademe.fr et à michel.gioria@ademe.fr (président de l’ADEME Île-de-France et qui introduira la table ronde.

Note

Photo : présentation du collectif Écologie, le 30 novembre 2014 au XVe congrès du Front national.

Localisation : 12e arrondissement

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