Compte-rendu du quatrième jour de procès de la keufmobile brûlée

Récit du vendredi 22 septembre, publié initialement dans les « Brèves du désordre ».

L’État se venge en demandant des années de prison ferme dans l’affaire de la keufmobile cramée

Le délibéré, initialement prévu le 29 septembre à 11h, sera rendu à une date ultérieure (fixée mercredi prochain 27 septembre, jour où les avocats finiront de plaider de 9h30 à 13 h lors d’une ultime audience). Par ailleurs, en toute fin vers 21h30, le tribunal a eu à se prononcer sur la remise en liberté de Kara et Krem, toujours incarcérés. Elle a été refusée sous les cris d’une partie du public : « Liberté », « Freedom », « Courage ».

Réquisitoire des procureurs Olivier Dabin et Emmanuelle Quindry
(À base de : c’est le « procès de quelques casseurs » organisés « en horde », de « où se trouvent les fascistes et les extrémistes quand on combat la police, la justice, les journalistes ? », « en perquisition, on trouve des autocollants de la mouvance ultra gauche », « je mets au défi quiconque de dire que la justice couvre les violences policières » mais aussi de : « le grand Lénine disait ’L’anarchiste est un réactionnaire’ » et « pour les jusqu’aux boutistes, le silence est un droit mais c’est aussi un silence d’approbation »).

1) Contre les personnes accusées de participation à un « groupement en vue de commettre des violences », mais aussi de « violences volontaires sur PDAP (personne dépositaire de l’autorité publique) », avec 4 circonstances aggravantes (en réunion, avec arme, visage masqué sur PDAP) :

Joachim (de nationalité suisse) : 8 ans de prison ferme assorti d’un mandat de dépôt (il est en fuite, déjà sous mandat d’arrêt, et accusé d’avoir jeté le fumigène qui a incendié la voiture)
Antonin : 5 ans d’emprisonnement dont 1 an avec sursis, avec mandat de dépôt plus une interdiction de participer à une manifestation pendant 3 ans à Paris. Il a déjà fait 10 mois de prison préventive.
Nicolas : 5 ans d’emprisonnement dont 2 avec sursis sans mandat de dépôt (suite à son « acte clair de contrition » et l’absence de « risque de réitération » dixit le procureur), et 3 ans d’interdiction de manifester à Paris. Il a déjà fait 13 mois de détention provisoire.
Krem : 4 ans de prison ferme avec maintien en détention et 3 ans d’interdiction de manifester à Paris. Il est toujours incarcéré en préventive depuis 7 mois.
Kara : 3 ans de prison dont 1 avec sursis avec maintien en détention., et une interdiction du territoire français de 3 ans (elle est de nationalité américaine). Elle est toujours incarcérée en préventive depuis 16 mois.
Thomas : 3 ans de prison dont 2 avec sursis, assortie d’une interdiction de participer à une manifestation pendant 3 ans à Paris. Sans mandat de dépôt (soit 1 an de prison ferme aménageable).

2) Contre les personnes uniquement accusées de participation à un « groupement en vue de commettre des violences » :

Angel : 1 an d’emprisonnement avec sursis et 3 ans d’interdiction de manifestation. Il a déjà fait 42 jours en détention provisoire.
Bryan : 1 an d’emprisonnement avec sursis et 3 ans d’interdiction de manifestation, 1000 € d’amende pour avoir refusé de se soumettre au test ADN. Il a déjà fait 4 jours en détention provisoire.
Leandro : 1 an d’emprisonnement avec sursis et 3 ans d’interdiction de manifestation. Il a déjà fait 4 jours en détention provisoire.

Demande des « parties civiles » :

  • le syndicat de police Alliance demande 5 000 euros pour « préjudice moral » de sa profession (à base de « ces violences s’apparentent à des actes de terrorisme »). L’avocat d’Alliance est Me Delphine Des Villettes.
  • Kevin Philippy, le flic côté conducteur, demande 30 000€ de « dommages et intérêts » (son avocat est Me Michèle Launay). Kevin Philippy, adjoint de sécurité, a passé le concours de gardien de la paix quatre fois et l’a raté à chaque fois. Avec l’histoire du quai de Valmy, il a été exempté de concours et a intégré directement l’école de police de Sens, d’où il est sorti le 20 mars 2017. Aujourd’hui gardien de la paix stagiaire, il sera titularisé en mars 2018.
  • L’agent judiciaire de l’État demande 1 500 euros.

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