Ça y est, le changement c’est maintenant

La manif ne s’arrêtera pas, elle continuera jusqu’à la nuit, pour bloquer, occuper et pour qu’enfin puisse être décidées des actions collectives à la mesure des véritables enjeux. Pour tous ceux et celles qui ont la conviction que la loi el Khomri fait partie d’un problème plus vaste, que cette loi est la mauvaise réponse à un problème qui n’est pas le notre, le changement c’est maintenant.

Pour le 31, malgré la censure et l’autocensure le couvercle saute enfin. Terminé la menace de ceux qui ne représentent presque rien de la grande masse des lycéen/nes-étudiant/es-travailleur/ses-chômeur/ses-précaires-retraité/es mobilisés depuis plusieurs semaines.

Partout les appels fusent, marre des manifs qui démobilisent, des bureaucraties syndicales et de leurs « gros bras » qui collaborent avec la police pour leur livrer ceux qui ne se plient pas à leurs injonctions. Le troupeau dit stop. Organisons-nous face à la violence d’État et de ses supplétifs.

La manif ne s’arrêtera pas, elle continuera jusqu’à la nuit, pour bloquer, occuper et pour qu’enfin puisse être décidées des actions collectives à la mesure des véritables enjeux. Pour tous ceux et celles qui ont la conviction que la loi el Khomri fait partie d’un problème plus vaste, que cette loi est la mauvaise réponse à un problème qui n’est pas le notre, le changement c’est maintenant.

Il ne s’agit pas de s’en tenir à l’État existant, ni même à un passage aux 32 heures qui ne peut être qu’une réponse marginale à la réalité désastreuse de 40 ans de capitalisme ultralibéral . Ce n’est plus une question de quantité d’heures travaillées. Le problème est d’en finir avec le chantage à l’emploi et à la dette qui soumet des millions de vie à une tyrannie sans fin. Car ce chantage met non seulement des millions de gens dos au mur (exemple : 12.7 millions de chômeurs plutôt que 3 millions [1], sans compter ceux qui sont en prison [2]), mais s’inscrit dans une logique qui épuise toutes les « ressources » de la planète (humaines ou non) et qui nous dirige à cours terme vers le chaos intégral.

Le capitalisme est mort, il n’est maintenu en vie qu’artificiellement, d’un côté, à coup d’injections massives d’argent sur les marchés financiers par les banques centrales des grands pays capitalistes afin d’entretenir l’économie réelle [3]... sans succès ; d’un autre côté, par l’extension à tout ce qui existe de la loi de valorisation marchande [4]. Salarié/es ou vrai/faux indépendant/es, tous soumis/es à devoir gérer « librement » sa vie comme un capital. Tout doit être mis en valeur et être générateur de profit ou bien disparaître, voilà à quoi la valeur de toute chose est réduite.

Nous défaire de la loi de la valeur-travail qui étend son emprise sur tout et tous/tes au point d’apparaître comme une loi impérative inscrite dans la nature même des choses, voilà le problème. Il ne s’agit donc pas de mieux partager cette dépossession, mais de prendre acte que l’abstraction techno-industrielle qui est la forme de ce monde n’a pas d’avenir. « Leur futur n’a pas d’avenir ».

Il n’y a donc rien à négocier, car la marchandisation totale du monde ne peut se discuter avec la poignée d’accapareurs pour qui elle est la condition de la perpétuation de leur pouvoir. Constituer et faire croître notre puissance collective - puisque c’est d’abord le collectif qui est détruit - est cela seul qui peut briser toutes les frontières et faire que chacun/e ait prise sur son propre devenir plutôt que de devoir s’ajuster à une « réalité » prétendue imparable.

Certes, l’appareil médiatico-policier est de son côté prêt à étendre sa machine de guerre en aval, à proportion du chaos engendré en amont, tout en nous présentant une nouvelle dose de poison comme étant enfin le bon remède. Mais nous savons désormais que c’est du poison et nous ne voulons pas l’avaler. Reste alors la terreur à l’encontre des populations civiles par des polices surarmées. Ainsi, ce savant dosage de propagande des grands groupes de presse et de militarisation de la rue mis au point durant les guerres coloniales [5] se généralise.

La répression est féroce, les violences et mutilations banalisées, comme la collaboration des bureaucrates syndicaux avec la police démontrée. Tout cela pour tenir celles/eux qui n’en peuvent plus de cette violence socio-économique.

Syndiqué/es et non syndiqué/es à la base, ensemble, nous devons nous protéger mutuellement devant cet assaut qui s’en prend à nos vies mêmes ( [6] ou bien encore [7]). Combien de « bavures » le pouvoir est-il prêt à couvrir ce coup-ci ? Que sommes-nous prêts encore à accepter pour mériter de vivre ? Le 31 c’est la désobéissance civile de masse qui commence. Ensemble pour construire et défendre ce qui reste d’usage commun du monde.

Ne vivons plus comme des esclaves.

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