Bure - Bloquons les travaux de CIGEO ! La résistance sort du bois !

Début juin, à Bure, juste après le grand rassemblement des 200 000 pas le 5, l’ANDRA a accentué les hostilités dans un bois hyper stratégique : elle ne passera pas. Le 9 juin, soixante personnes ont bloqué les travaux le matin. Le 10, 30 personnes ont harcelé les vigiles. Le 11, les grilles de la plateforme du chantier sont tombées. On ne lâchera rien. Besoin de monde sur place, maintenant, pour la grosse manif du 19 juin et après ! D’autres appels suivront !

Article initialement publié sur vmc.camp, site relais de la lutte de terrain contre la poubelle nucléaire.

Jeudi 9 juin 2016, 5 h du matin. L’aube se lève peu à peu dans d’immenses flaques de brume. Bure se réveille bruissante d’activités. 35 personnes sont déjà sur place et une grosse vingtaine de renforts arrivent, répondant à un texto d’appel à renfort envoyé massivement la veille au soir. La foule se munit de pelles, pioches, enfile combinaisons blanches et masques de protection, prépare les banderoles, prend du bois pour les piquets, affute la caméra Super 8 des Scotcheuses qui tournent un film post-apocalyptique avec nous depuis le début de la semaine...

Objectif ? Arriver en masse dans le bois communal de Mandres-en-Barrois et bloquer les travaux préparatoires à la construction d’une des deux infrastructures cruciales de la poubelle nucléaire CIGEO : 300 ha de « zone des puits ». Ce bois, ce sont 220 ha de forêt de feuillus que l’ANDRA s’est accaparé depuis juillet 2015 au mépris de la volonté des habitant-e-s de la commune dont le recours juridique (non suspensif) est à l’étude depuis décembre 2015. À terme, les puits que l’agence entend y installer serviront à ventiler les rejets gazeux de la catastrophe en fûts entreposée 500 m en dessous dans 300 km de galeries. Depuis mai, alors que CIGEO n’a aucune déclaration d’autorisation de création ou d’utilité publique, des travaux de défrichement, de déboisement et de forages ont donc commencé ici. Des vigiles ont élu domicile, une large plateforme grillagée de barbelés-rasoirs abrite machines et bungalow, l’accès au bois est maintenant réglementé et les habitants doivent désormais montrer une carte d’identité pour passer les nouvelles barrières.

Promenons-nous dans les bois pendant que l’ANDRA n’y est pas !

5h40, le signal est donné, notre troupe d’une soixantaine de personne se met en mouvement, une quarantaine à pied et 4 voitures qui suivent. Différentes composantes de la lutte sont réunies dans une belle ambiance : ça faisait bien longtemps qu’un appel à action urgente n’avait plus réuni autant de monde – pour Bure - en si peu de temps. Nous ne sommes toutefois pas les seul-e-s à être matinaux : en surplomb le vrombissement d’un hélicoptère nous annonce que nous serons accueillis comme il se doit à l’orée du bois. Au loin le soleil rougeoie déjà dans l’horizon brumeux et laisse apparaître le tournoiement inquiétant des pales des éoliennes. Une dizaine de silhouette se dessinent en contrejour lorsque nous arrivons à hauteur du dernier carrefour. Les bleus sont déjà postés. Premier temps d’arrêt : que fait-on ? Va-t-on pouvoir passer ? Va-t-on vers la confrontation ? On continue d’avancer en passant à travers champ : nous les débordons sur les côtés. Ils n’ont visiblement pas consigne de nous bloquer physiquement le passage.

Quelques centaines de mètres plus loin nous arrivons à l’entrée du bois. Notre objectif est de s’avancer au plus proche de l’horrible plateforme grillagée qui abrite la logistique de chantier, pour empêcher l’accès des ouvriers aux machines. Deux fourgonnettes sont postées devant la barrière et nous empêchent l’accès au chemin principal, et donc à la plateforme. Encore une intimidation. Qu’importe, la contention des flux est plus difficile en forêt : nous nous enfonçons dans la parcelle d’à côté. Précisément celle qu’ils ont déboisé les jours précédents, prélude probable à l’installation d’énormes piquets de clôture sur tout le périmètre.

Les flics semblent décontenancés par ce changement de terrain qu’on leur impose : « on se regroupe ! » avance l’un des agents ! « Non les gars, on s’écarte là, c’est du rural ! ». Les stratégies de pacification et de maintien de l’ordre ne semblent pas encore parfaitement affinées en campagne. Elles restent des machines rôdées à mutiler l’incontrôlé urbain. Mais là, nous sommes en forêt. Et l’histoire récente nous a confirmé que les pouvoirs ont toujours eu du mal à encadrer les peuples des forêts.

Après la parcelle déboisée, nous continuons d’avancer dans le taillis et contournons les keufs. Nous voici de l’autre côté, derrière la plateforme. Gendarmes en Robocop et vigiles aux chiens méchants sont à nouveau postés pour nous empêcher l’accès. Qu’à cela ne tienne : il est 6h30, nous nous installons pour un bon moment.

Lire la suite de l’article sur le site vmc.camp relai de la lutte de terrain contre la poubelle nucléaire et son monde !

Défendons la forêt de Mandres-en-Barrois, bloquons la poubelle nucléaire !

Appel "A Bure, nous n’irons plus au champignons", pour converger massivement vers l’est et dans la perspective de la manifestation du 19 juin : http://vmc.camp/2016/06/12/appel-a-nous-rejoindre-dans-lest/
Le communiqué de l’action du 9 juin est disponible ici .
D’autres appels suivront ! Besoin de monde sur place dès maintenant, pour une grosse manifestation le 19 juin et toutes les semaines à venir tant qu’ils n’auront pas définitivement interrompu leurs travaux !

Infos : vmc.camp / burestop.eu
Contact : sauvonslaforet@riseup.net / Tel 0758654889

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