Depuis le retour des talibans au pouvoir en 2021, de nombreuses femmes afghanes activistes engagées dans les luttes féministes ont dû fuir leur pays et trouver refuge, souvent illégalement, dans les pays voisins (Iran et Pakistan principalement). Depuis, elles doivent vivre le plus souvent cachées, dans la peur. Elles sont aussi soumises aux desiderata des autorités locales, sous surveillance du régime taliban et menacées d’expulsion par les pays dans lesquelles elles se sont réfugiées en attente de jours meilleurs. Les pays occidentaux, dont la France, avaient promis qu’ils n’abandonneraient pas ces femmes. Ces promesses n’ont pas été complètement tenues.
Depuis le 1er janvier 2025, l’état pakistanais a lancé l’opération « Zéro Afghans », ce qui accentue fortement la pression sur ces femmes qui se retrouvent en danger d’emprisonnement, torture ou pire, si elles sont forcées de rentrer en Afghanistan. De même, le régime iranien a expulsé massivement les afghanes et afghans qui vivaient sur leur sol depuis parfois plusieurs générations. Ainsi, des centaines de féministes afghanes sont encore en situation de survie quotidienne et de danger de mort, elles ont besoin de trouver asile. L’association « Enfants d’Afghanistan et d’ailleurs » se bat pour faire sortir ces femmes de l’impasse dans laquelle elles ont été poussées depuis plusieurs années.
Les défis à relever sont presque insurmontables pour elles, sans aide extérieure :
- Apprendre les rudiments de la langue française
- Remplir les dossiers administratifs de demande d’asile
- Récolter les fonds nécessaires pour venir en France
- Rechercher des soutiens sur place (finances, logement, étude, travail)
L’association Enfants d’Afghanistan et d’ailleurs mène actuellement deux projets de front.
D’une part, elle fait venir en France les femmes activistes en danger (plusieurs dizaines sont arrivées depuis l’été 2025). Une liste avait été déposée par des députées, sénateurs et sénatrices auprès du ministère des affaires étrangères en janvier 2025.
D’autre part, elle soutient le projet d’accueillir 100 jeunes afghanes pour étudier en France. Les premières sont arrivées et ont été accueillies à Montpellier. Bordeaux et Versailles Saint-Quentin pourraient suivre la marche.
Toutes ces femmes ont besoin d’aide, elles sont l’avenir de l’Afghanistan et doivent survivre. Mais il faut donner de la visibilité à cet enjeu existentiel pour permettre à ces actions de se concrétiser.
Le 25 novembre est la Journée internationale pour l’élimination des violences à l’égard des femmes, une date symbolique pour porter l’attention sur les violences systémiques qu’elles subissent au quotidien. L’apartheid de genre en Afghanistan s’est considérablement aggravé depuis la prise de pouvoir des talibans. En partenariat avec Enfants d’Afghanistan et d’ailleurs, nous organisons un rassemblement pour :
- Donner la parole à des femmes afghanes activistes ayant fui la répression du régime taliban.
- Sensibiliser le public français à la situation des femmes afghanes et aux formes multiples de résistance.
- Mettre en lumière la force de la création artistique comme outil d’expression, de guérison et de résistance.
- Soutenir les actions concrètes d’Enfants d’Afghanistan et d’ailleurs (hébergement, démarches administratives, accompagnement).
L’évènement se tiendra au TLM, dans le 19e arrondissement de Paris, le mardi 25 novembre à partir de 19h.
Entrée à prix libre, réservation sur https://www.helloasso.com/associations/collectif-au-fil-du-rail/evenements/briser-le-silence-femmes-afghanes-contre-la-violence