En effet, ce mouvement aura amené des rencontres, des boucles d’info, des gens qui se connaissent, pourront agir ensemble dans les futures mobilisations. Tout n’est pas perdu. Il y a eu en Île-de-France 280 interpellations/183 garde-à-vues (GAV) le 10 septembre, 74 interpell le 18. Une vingtaine ou trentaine de personnes sortent des ces 2 journées avec des dates de procès ultérieures (demande de report de comparution immédiate incluses) :
mardi 2/jeudi 4/mercredi 10/mardi 16/vendredi 19/lundi 29 décembre (chambre 23-2), mardi 9/mercredi 10/lundi 15/mercredi 17/vendredi 19 décembre (ch 23.1), mais aussi mercredi 14/mardi 20/jeudi 22/jeudi 29 janvier (ch 23.1) au tribunal de Paris, porte de Clichy.
Bloquons-tout n’est donc pas fini pour toutes ces personnes qui ont encore besoin de la solidarité qui s’était créée en août et septembre. Et ces personnes, ça pourrait être chacun-e d’entre nous qui avons participé à ces journées de mob.
La coordination antirépression avait organisé une formation GAV le 9 septembre, une discussion sur le soutien en octobre et une simulation de procès début novembre pour montrer comment ça se passe, qui est qui, qui joue quel rôle,… et pour réfléchir collectivement à comment la justice s’organise face à nous et comment se préparer à lui faire face.
Maintenant, les procès ont lieu, agissons. Pour exemple, la semaine dernière, 3 personnes passaient en procès le 19 novembre, leur tour n’a été qu’à 19h40 jusqu’à 22h (alors que convoquée à 13h30), le 21 novembre le délibéré n’a été rendu qu’à 21h et à près de 23h pour le 24 novembre. Mais parfois, iels passent en début d’après-midi, on ne sait jamais d’avance si on peut sortir ou pas. C’est donc chouette s’il y a quelques soutiens qui sont là avec elleux et leurs proches, pour attendre tout l’après-midi/soirée, se relayer, se soutenir, papoter, expliquer ou apprendre ensemble comment se passe une audience, se dire ce qu’on pense des affaires/du tribunal/des juges/des procs. En général les personnes passant en procès viennent seules, ou avec un-e proche, au mieux 4-5 potes. Je ne connaîs pas forcément toutes ces personnes, j’ai juste fait les blocages/manifs les mêmes jours qu’elleux, j’étais à leur comparution immédiate, leur sortie du tribunal, à attendre avec leurs proches, les camarades, les soutiens, en contact avec les avocat-es ou la legal team, et j’ai récupéré (avec d’autres) les dates des audiences comme ça. De manière générale, la coordination antrépression n’appelle pas à des rassemblements de soutien chaque jour pour chaque affaire, et je ne le fais donc pas là, car c’est aux personnes concernées de décider et de le faire. Mais ce que j’ai vu en allant au tribunal aux premières audiences, c’est que les camarades étaient content-es de voir une, deux, trois têtes copaines, attendre avec elleux, discuter et partager les gâteaux et bonbons pour patienter.
Alors voici les dates d’audience que on/j’ai récupéré au tribunal après ces 2 journées d’actions.
- En décembre, chambre 23-2 : mardi 2/jeudi 4/mercredi 10/mardi 16/vendredi 19/lundi 29 décembre ;
- En décembre, chambre 23-1 : mardi 9/mercredi 10/lundi 15/mercredi 17/vendredi 19 décembre (chambre 23.1) ;
- En janvier chambre 23.1 : mercredi 14/mardi 20/jeudi 22/jeudi 29 janvier
| Date | Chambre |
|---|---|
| Mardi 2 décembre | 23.2 |
| Jeudi 4 décembre | 23.2 |
| Mardi 9 décembre | 23.1 |
| Mercredi 10 décembre | 23.1 et 23.2 |
| Lundi 15 décembre | 23.1 |
| Mardi 16 décembre | 23.2 |
| Mercredi 17 décembre | 23.1 |
| Vendredi 19 décembre | 23.1 et 23.2 |
| Lundi 29 décembre | 23.2 |
| Mercredi 14 janvier | 23.1 |
| Merdi 20 janvier | 23.1 |
| Jeudi 22 janvier | 23.1 |
| Jeudi 29 janvier | 23.1 |
Au tribunal de Paris, qui se trouve Porte de Clichy. Il y a au moins une date en février et une en mars, mais pas sûr-es des dates, elles pourront être redonnées d’ici là.
Parfois ce sont avec des avocat-es avec laquelle la coordination antirépression et la legal team travaillent et qu’on connait, parfois non.
Il y a bien sûr d’autres procès à venir : des renvois de renvois, ou des appels pour des personnes interpellées pendant le mouvement des retraites en 2023, pour diverses manifestations voire de l’époques des Gilets Jaunes.
Un premier compte-rendu partiel et partial des premières audiences suite à Bloquons-tout :
4 relaxes, 2 pour des « nullités » (= vices de procédure qui peuvent faire annuler tout le dossier ou qu’une partie, en l’occurrence tout), 2 relaxes au bénéfice du doute (sur le fond du dossier, le dossier ne permet pas de savoir si les personnes ont fait les faits qui leur sont reprochés). Une personne condamnée en septembre à 4 mois de prison et qui n’a pas pu avoir accès à un aménagement de peine est finalement sortie de prison le 14 novembre. Une autre personne condamnée a 6 mois sursis + 2 ans d’inéligibilité et relaxée du délit de refus de donner son code PIN. Pour 3 personnes, le procès a été renvoyé au 16 juin 2026, chambre 24-1, globalement car trop de nullités soulevées par les avocat-es et donc le tribunal n’avait pas le temps pendant ces audiences de comparution immédiates.
Les personnes sont suivies pour « participation à un groupement en vue de commettre des violences (= n’importe quel manif ou rassemblement, c’est le groupement qui peut être considéré comme « en vue de commettre des violences », pas la personne), port d’arme (=couteau, feux d’artifices,…), dissimulation du visage, violences sur PDAP (=flic, parce qu’ils nous accusent de les avoir tapés avec une pancarte, ou parce qu’ils nous ont violenté pendant l’interpel’ donc sont bien obligés de justifier des violences), dégradation (=tag), refus de donner son code PIN ou refus de donner son ADN. Parfois plusieurs chefs d’inculpation, parfois un seul.
Des camarades font des comptes-rendus plus détaillées d’audience en réunion de la coord les mardi, ou parfois par mail, ou sur des sites internet comme celui-ci.
Si vous avez un peu de temps et allez soutenir les camarades à ces audiences, n’hésitez pas à faire des compte-rendus (anonymisés, sans les prénom/nom ou détails permettant d’identifier la personne). Les compte-rendus permettent aussi de se partager les infos, les peines, avoir une idée de comment sont les juges, les arguments acceptés ou non, nous aide à nous former et nous informer, nous défendre.
Alors soyons solidaires, pas que les jours d’actions, et allons soutenir ces personnes, qui pourraient être chacun-e d’entre nous. Ca permet aussi de s’autoformer pour le jour où ça nous arrivera.