Avril-mai au café librairie Michèle Firk

Programme des rencontres et événements chez Firk, librairie autogérée installée à la Parole Errante

Vous trouverez ici le programme des événements à venir au café librairie Michèle Firk à Montreuil.

Pour les nouvelles plus larges du café librairie, on vous invite à lire la lettre d’infos de la Parole Errante Demain :

ZAD PARTOUT ! (NOUVELLES DU 19 AVRIL 2018)

Ces derniers jours, nombre d’entre nous sommes partis sur les routes, vers d’autres villes, d’autres lieux. Dans les rues, dans les amphis occupés, ou dans la boue du bocage à Notre Dame-des-Landes, armés des mêmes raisons que celles qui nous poussent à construire et à continuer quelque chose ici…

Le discours qui accompagne depuis 11 jours les opérations militaires de destruction et d’expulsion à Notre-Dame-Des-Landes est on ne peut plus clair : toutes les expériences collectives où se cherchent et s’inventent d’autres formes d’organisation de la vie sont purement et simplement des « zones à détruire ». L’« aménagement » du territoire qui cherche à s’imposer à coups de grenades et de blindés, c’est aussi celui de nos existences, qu’on entend réduire définitivement aux seules prétendues lois du calcul et de la concurrence de chacun contre tous. D’où ce mantra gouvernemental, cette injonction à « l’individualisation » des parcours et des projets qui se formule partout : de la Zad aux lycées et aux universités, des lieux de travail (secteur privé et public confondus) aux Pôle emploi.

Mais il se pourrait que, face à une telle offensive simultanée (contre les lycéens, les cheminots, les étudiants, les soignants, mais aussi les migrants, les chômeurs…), le slogan déjà ancien de « ZAD partout ! » prenne un sens nouveau et concret, moins symbolique, y compris pour tous ceux qui vivent en ville. S’il s’agit dès aujourd’hui de participer et de contribuer aux mouvements de grève et d’occupation qui s’étendent, il faut plus que jamais le faire depuis les lieux et les expériences d’auto-organisation, les luttes et les espaces de solidarité existants. Il faut creuser encore et encore, consolider tout ce qui cherche à s’arracher aux espaces normalisés comme aux temporalités imposées par l’économie et la gestion. Et établir des relais et des circulations. http://laparoleerrantedemain.org/

On vous invite en avril, mai à quelques événements dont la rencontre sur une histoire du football populaire annulée au dernier moment le mois dernier pour cause de manif à la ZAD. Venez surtout le dimanche 29 pour un dimanche à la Maison des revues.


Mercredi 25 avril 19h30 Rencontre avec Simon Springer autour de son livre "Pour une géographie anarchiste, politiques pour embellir le monde"

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Le mercredi 25 avril à 19h30 nous recevons Simon Springer dont l’ouvrage "Pour une géographie anarchiste" a été récemment traduit et publié aux éditions Lux. Simon Springer présentera sa perspective et son travail (en anglais avec traduction simultanée).

Ce sera l’occasion de discuter les perspectives anarchistes pour penser l’espace et la géographie, et discuter des formes de politiques anarchistes tournées vers le renforcement des liens et des relations que nous tissons avec le monde, et entre tous les êtres.

"L’anarchie est un magnifique puissance. En tant que pratique politique, elle nous permet d’embrasser notre capacité de vivre ici et maintenant, et de mette en œuvre par et pour nous-mêmes ce que nous laisserions autrement aux autorité dominantes. Sa force ne réside pas dans le rêve possible, mais dans l’illumination de la beauté puissante et immédiate que nous sommes collectivement. L’anarchisme insiste sur le développement de nouvelles relations avec notre monde et, surtout, entre nous. Reconnaître la force des liens implique toute une géographie relationnelle et une prise de conscience sensible de la puissance que nous sommes chacun, et combien nous sommes tous partie d’un plan de beauté immanente. Dans cette reconnaissance de notre capacité à la beauté, apparaît la semence de quelque chose de nouveau, nourri par toutes les possibilités de nos désirs d’un monde meilleur. Une géographie relationnelle est donc une façon d’essayer de donner un sens à un monde infiniment complexe, inter-dépendant, traversé de devenirs en constante évolution. Le récent réengagement de la géographie dans les perspectives anarchistes nous rapproche de la possibilité de secouer les chaînes qui nous entravent aux idées étatistes, capitalistes, racistes, sexistes et impérialistes en soutenant que notre plus grande ressource se loge dans nos liens des uns avec les autres.

Dans la notion de " géographie universelle " d’Élisée Reclus, géographe anarchiste, nous voyons une première approche d’une telle politique du possible, qui considère les liens, ou la perspective relationnelle, comme son impulsion. Pour Élisée Reclus, tous les gens devraient partager la Terre comme des frères et sœurs en élargissant notre cercle d’empathie et en réorganisant les paysages du pouvoir par la constitution de liens de solidarité renforcés, démultipiés. Ainsi, la géographie anarchiste ne se contente pas seulement de suivre les devenirs, elle cherche à laisser être la beauté du monde et des liens."

Des extraits de l’ouvrage sont disponibles en ligne.

La parution du livre a donné l’occasion au Québec de discussions & enquêtes sur« territoires et espaces libérés » écoutables en ligne également, organisées par le groupe d’enquêtes sur le contemporain Stasis.

"Grâce aux ouvrages de David Harvey, Mike Davis ou même Henri Lefebvre, on connaît aujourd’hui la géographie radicale ou critique née dans le contexte des luttes politiques des années 1960 aux États-Unis et qui a, comme le disait Harvey, donné à Marx « la dimension spatiale qui lui manquait ». Dans ce livre, Simon Springer enjoint aux géographes critiques de se radicaliser davantage et appelle à la création d’une géographie insurrectionnelle qui reconnaisse l’aspect kaléidoscopique des espaces et son potentiel émancipateur, révélé à la fin du XIXe siècle par Élisée Reclus et Pierre Kropotkine, notamment.

L’histoire de l’humanité est une longue suite d’expériences dans et avec l’espace ; or aujourd’hui, la stase qui est imposée à ces mouvements vitaux, principalement par les frontières, menace notre survie. Face au désastre climatique et humain qui nous guette, il est indispensable de revoir les relations que nous entretenons avec le monde et une géographie rebelle comme celle que défend Springer nous libérerait du carcan de l’attentisme. Il faut se défaire une bonne fois pour toutes des géographies hiérarchiques qui nous enchaînent à l’étatisme, au capitalisme, à la discrimination et à l’impérialisme. « La géographie doit devenir belle, se vouer entièrement à l’émancipation. » "(4e de couverture)

Événement sur facebook


Dimanche 29 avril 14h-22h

Un dimanche à la MER (maison des éditions et des revues) Journée salon du livre, discussions, apéro et musiques

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Les revues Z et Jef Klak et les éditions Libertalia, Niet ! éditions, Divergences, La Tempête ainsi que Les mondes à faire et La lenteur ont le plaisir de vous convier à une journée de discussions le 29 avril 2018, de 14h à 22h à la Parole Errante, 9 rue François Debergue à Montreuil.

PROGRAMME

14h : Autonomie et féminisme - France/Italie dans les années 1968’ avec Lola Miesseroff, Joël Gayraud et La Tempête

  • 15h30 : Face à la frontière - Calais Vintimille - Retour d’expérience

17h : Printemps Précaires des Peuples, discussion avec Jacques Rancière (en présence de Camille Louis, d’un membre de Jef Klak et des auteures)

18h30 : "Résister à Montagne d’or en Guyane" avec les auteur.es de Mauvaises Mines (revue Z) et des membres des Jeunesses Autochtones de Guyane

À partir de 20h : apéro en musique

BAR - TABLES D’EDITEURS - PIZZAS AU FEU DE BOIS - FANFARE - DJ RICHARD D’ENFER

https://www.facebook.com/events/159869171354109/


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Vendredi 11 mai 19h30 Au bal des actifs, demain le travail (Science-fiction éditée par La Volte) Rencontre avec plusieurs auteurs-res de ce livre sur le travail qui vient

LE TRAVAIL QUI VIENT : thème majeur de nos sociétés occidentales, enjeu canonique des élections présidentielles, première cause de mouvements sociaux lors de la Loi El Khomri et de dossiers dans la presse.

Et si la fiction s’en mêlait à son tour ? Entre disparition et retour au plein-emploi, les écrivains de science-fiction prennent parti. Lorsque les éditions La Volte lancent, le 1er mai 2016, en pleine ébullition de « Nuit Debout », l’appel à textes qui conduira au présent recueil, les ambitions levées pour les auteurs sont claires : dans un monde aux mutations espérées et redoutées à la fois, anticiper et projeter les devenirs possibles du Travail.

On présageait des utopies positives ; il en émerge des bribes, çà et là. Même si ce sont des textes résolument féroces, sombres parfois, indignés toujours, qui nous percutent de plein fouet. Dîner aux chandelles sur les ruines de la Commune de Paris ; burnout d’un écrivain face aux lois du marché ; jugement constant des uns par les autres sur un faux air de Black Mirror ; uberisation XXL dévorant l’énergie vitale de jeunes actifs sur-diplômés ; trader S.D.F. ; coach à la dérive ; intelligences artificielles séditieuses ; révoltes sociales dans un centre de tri de cercueils…

Telle est l’admirable fête du Bal des Actifs, ce marché furieux où chacun se vend, se donne, se perd ou se vole, cette sarabande au bord du gouffre qu’est notre présent.

Dans la lignée des ouvrages Ceux qui nous veulent du bien (2010) ou Faites demi-tour dès que possible (2014), La Volte poursuit son exploration de notre actualité restructurée par le prisme de la science-fiction. Douze nouvelles par douze auteurs engagés et reconnus. Parmi eux, les plus grands noms de la S-F francophone. Le tout serti d’une postface signée Sophie Hiet, scénariste de la série au titre évocateur, Trepalium, qui clôt le recueil en une brillante synthèse entremêlant les thématiques explorées aux théories économiques et sociales actuelles.

https://lavolte.net/livres/au-bal-des-actifs/


Samedi 12 mai 19h30 Une histoire populaire du football, le mouvement de supporters "ultra"dans les tribunes des stades / Rencontre avec Mickaël Correia

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Saviez-vous que le slogan ACAB a été popularisé sur les stades anglais dans les années 1980 ? Que les supporters de foot ont joué un rôle déterminant dans l’occupation des places Tahrir en 2011 ou Taksim en 2013 ? Ou encore que les tribunes des stades ont été et demeurent le laboratoire des nouvelles pratiques de répression policière (videosurveillance, fichage électronique, délits spécifique, etc.)

Né dans l’effervescence politique de l’Italie des années 1970, le mouvement de supporters "ultra" se répand depuis trente ans comme une trainée de poudre dans les tribunes des stades de football.

Véritable mouvement culturel populaire, le supportérisme radical des ultras, à travers ses animations visuelles dans les stades, ses chants et ses revendications anti-autoritaires, incarne aujourd’hui de plus en plus un contre-pouvoir face à la marchandisation croissante du football et à la répression policière dans et aux dehors des enceintes sportives.

A contre-pied des clichés sur les supporters de foot, Mickaël Correia, auteur d’ Une Histoire Populaire du Football, propose pour sa venue à la librairie de dresser le portrait de la trop méconnue culture ultra, depuis ses pratiques puisées dans le mouvement autonome italien des années 1970 jusqu’à son rôle déterminant dans les Printemps arabes de 2011, sans oublier un détour par les mouvements sociaux en cours.


P.-S.

Le Café librairie Michèle Firk est ouvert du mercredi au samedi de 15h à 20h, par un collectif de bénévoles qui y discutent, s’y organisent, et invitent qui le souhaitent à prendre un café, participer, proposer des événements... On est au 9 rue François Debergue à Montreuil, métro croix de Chavaux.

//michelefirk.org

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