Armes de la police : action contre Lacroix-Alsetex à Paris

La devanture d’un local appartenant au champion mondial de la pyrotechnie a été redécorée jeudi après-midi en plein Paris. Cette action visait le groupe Etienne Lacroix, qui se vante plus rarement d’être aussi l’un des fournisseurs officiels de l’État en armes de maintien de l’ordre. Elle produit toute la panoplie des grenades meurtrières, dont celle qui a tué Rémi Fraisse le 26 octobre.

"Lacroix, des solutions pyrotechniques innovantes"…

Tu parles ! Comme Nobel-Sport-Sécurité (dont le site du Finistère a été joyeusement bloqué mercredi), des sociétés comme Verney-Caron et SAPL, le groupe Etienne Lacroix, depuis son rachat de la société SAE Alsetex en 2006, est devenu un spécialiste de l’arsenal militarisé que l’État déploie systématiquement pour broyer la contestation : grenades à gaz, grenades de désencerclement, grenades assourdissantes et aveuglantes, et bien sûr les fameuses "OF F1"…

Lacroix-Alsetex possède de discrets locaux dans le 3e arrondissement de Paris. Les bureaux étaient fermés mais une petite équipe de techniciens de surface a tenu absolument à redécorer la façade de ce boutiquier de la police. Sur le rideau défraîchi ont été placardées des dizaines d’images terribles qui ne font qu’étaler les conséquences de ce morbide commerce : blessures graves aux visages, tympans perforés, mutilations multiples et souvent irréversibles comme la perte de l’usage d’un oeil (une vingtaine de cas recensés en quelques années)...
Une large banderole a été déployée devant ce chantier impromptu : "Lacroix-Alsetex fournisseur officiel de l’État en grenades meurtrières". Histoire de rappeler qu’il n’y a pas que les grenades "offensives" de type OF-F1 qui peuvent tuer, comme les grands flics de la Place Bauveau voudraient nous le faire croire.

Histoire de rappeler à Lacroix qu’il ne sera pour nous jamais question d’oublier, ni de pardonner, tous les coups qu’Alsetex nous inflige tous les jours avec ses armes soi-disant "non létales".

Armes de la police : action contre Lacroix-Alsetex à Paris from Timotea Russo on Vimeo.

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Plus bas, des spécimen d’affiches et le texte d’un tract distribué ce jour-là aux passants – certains se sont empressés de sortir leur iphone pour prendre des photos et d’appeler les flics, qui ont rappliqué en sécurisant le périmètre façon "scène de crime"… Le ridicule, lui au moins, ne tue toujours pas.

LACROIX – SAE ALSETEX : VENDEURS DE MORT !

Les bureaux poussiéreux du 18 rue Malher appartiennent depuis 60 ans à l’artificier Lacroix. Mais son activité ne se résume pas aux feux d’artifices du 14 juillet.

Maison mère de l’entreprise SAE Alsetex depuis 2006, Lacroix gère l’une des plus grosses sociétés françaises d’armes et de munitions pour le maintien de l’ordre : grenades à gaz (CM3 et CM6), grenades de désencerclement (DBD/DMP – SAE 440), grenades assourdissantes et aveuglantes (GLI F4 et GM2, dites « à effet psychologique »), grenades offensives (OF F1 – SAE 410), balles de défense (BLDR)…

Le 26 octobre 2014 à Sivens, une grenade de SAE Alsetex a tué Rémi Fraisse, militant écologiste de 21 ans.

Demain, ce pourrait être votre fils, votre sœur, votre cousin, votre mère...

Depuis des années, de nombreuses personnes ont été mutilées à vie pour avoir exprimé leur opinion en manifestation, ont eu l’œil arraché, la rétine décollée, les tympans perforés, les muscles incrustés de débris métalliques entraînant des handicaps ou ont été victimes de malaises respiratoires et cardiaques...

Et la démocratie selon Lacroix s’exporte à l’étranger. Le fameux « savoir-faire français » né au cours de la guerre d’Algérie est aujourd’hui revendu clé en main aux régimes totalitaires du monde entier.

C’est donc très légitimement que nous sommes venus rendre à Lacroix les coups qu’Alsetex nous a infligé !

Pour Rémi Fraisse,
pour touTEs nos amiEs blesséEs,
NI OUBLI, NI PARDON !

Faites vos jeux…

Localisation : 4e arrondissement

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