Argenteuil : les flics tirent à balle réelle sur des jeunes

La présomption de légitime défense n’a pas fini de faire des ravages. Yassine, un jeune d’Argenteuil a été blessé par balle suite à une course poursuite avec la police. Les flics parlent de « légitime défense », version contestée par les jeunes présents. Le Parisien lui, couvre la police. Comme d’habitude.

Tout a commencé par une vidéo. On y voit l’interpellation brutale d’un jeune blessé par balle. Il a une balle dans l’épaule, ce qui n’empêche pas les keufs de faire une technique d’écrasement de tête comme on peut le voir ici :

Malgré les demandes légitimes d’une habitante, inquiète de voir le jeune de 19 ans se vider de son sang, les flics continuent leur manoeuvre, visiblement plus soucieux du maintien de l’ordre que de la santé du mec qu’ils ont flingué.

Comme d’habitude c’est en lisant le Parisien qu’on apprend les causes de la fusillade :

Ce samedi 10 mars, peu avant 15 heures, une voiture de patrouille a tenté d’arrêter une Renault Mégane dont le conducteur avait un comportement imprudent boulevard Héloïse, indique une source policière.
Ce dernier a refusé de s’arrêter, mais il a été rattrapé un peu plus tard, alors qu’il était bloqué dans le trafic, rue Alfred-Collas. Un policier remonte la file de voitures à pied et vient à sa rencontre. Une policière passe de l’autre côté, se met devant le véhicule. La police indique qu’elle lui aurait donné l’ordre de sortir.
C’est à ce moment que le conducteur aurait accéléré, profitant de la reprise du trafic devant lui. La policière aurait alors été percutée et projetée sur le côté de la voiture. Elle aurait alors tiré une fois en direction du chauffard.

Seulement voilà, comme souvent, la version est contestée par les jeunes eux-mêmes.
Dans une série de tweets et de vidéos publiées par Blocus info, les jeunes d’Argenteuil contestent formellement la version des faits.

Deux éléments sont mis en doute :

  • La « tentative de meurtre » de la policière : la voiture était, selon les jeunes, à l’arrêt.
  • Le fait que la policière était à l’origine des coups de feu.

Le dernier point particulièrement semble réfuté par tous les témoins :

Quel interêt pour la police de mentir sur l’auteur.e des coups de feu ?

Pour eux, et afin d’appuyer la thèse (malmenée) de la « légitime défense », il y a un sens à ce que la personne blessée soit celle qui ait « répondu » à la violence. Logiquement, ce point va nourrir l’accusation et appuyer auprès du juge.
C’est donc une déformation lourde de conséquences pour Yassine dans le cas d’un éventuel procès.

Il est intéressant, d’ailleurs, que le Parisien, toujours au service des versions policières, nie la présence des témoins, qui semblent avoir été pourtant bien présents :

Me Ouadie Elhamamouchi, qui se présente comme l’avocat du conducteur, livre une autre version affirmant avoir eu des contacts avec plusieurs témoins.
Selon eux, la policière aurait tiré alors que le véhicule était à l’arrêt. Pris de panique, son client aurait accéléré pour lui échapper.
Une source policière souligne qu’aucun des témoins qui ont été entendus sur place n’ont vu ce moment de la scène. Elle indique que leur récit commence après, au moment où le conducteur est interpellé.

Les témoins ont même été faire une « reconstitution » sur les lieux du tir.

Cela n’est pas sans rappeler l’affaire de Villeneuve la Garenne au début de l’année, où un motard de la police a ouvert le feu à 10 reprises sur un fuyard en voiture alors qu’il n’était pas en état de légitime défense. Là encore, le Parisien avait repris sans mots dire la version policière.

On peut également se rappeler de l’affaire de Stains ou Gaye a été tué par des tirs policiers, là encore en voiture.

Si Yassine a été blessé à l’épaule, son état de santé s’est stabilisé.
Mais cela n’a pas empêché les flics de porter plainte contre lui. Il est donc mis en examen sous la qualification criminelle de tentative d’homicide sur personne dépositaire de l’autorité publique.
Il risque 10 ans de prison.

Mais la réponse va se faire sentir assez vite.
Dans une ville déjà affectée il y a 9 ans, par la mort d’Ali Ziri, dans les mains de la police, un travail politique a déjà été mené sur la question de violences policières.

Le lien a été immédiat entre les acteurs associatifs et la famille. Un avocat a déjà été recruté et la famille semble mobilisée pour faire éclater la vérité sur cette énième violence policière.

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