Amorce d’un bilan des luttes de chômeurs et précaires

Discussion mardi 17 juin du collectif région parisienne pour un réseau communiste anti-gestionnaire sur les luttes des précaires et chômeurs de ces dernières années.
Comment organiser la solidarité de classe en évitant les écueils de la charité, de l’assistanat et/ou de l’entre-soi ?

Comment articuler l’auto-défense collective avec une perspective révolutionnaire ?

6 ans déjà que le monde est en crise et sauf à croire la presse bourgeoise, aucune perspective de relance de l’économie ne se dessine. Autant le dire, ce n’est pas près de s’arrêter. (...)

Nous ne sommes pas en mesure de prévoir les prochains épisodes de la crise, de l’austérité et de ses conséquences. Mais on peut affirmer avec certitude que notre situation sous le capitalisme ne peut aller qu’en empirant. Nous pouvons quand même anticiper ce qui va nous tomber dessus : aggravation de la crise du logement, augmentation du chômage, baisse des salaires directs et indirects (chute des allocations, réforme des retraites), dégradation des conditions de travail… Le tout entraînant la détérioration spécifique de la situation des femmes prolétaires, parce qu’elles sont majoritairement concernées par le travail précaire et parce qu’une telle dégradation signifie une augmentation écrasante du travail domestique. Il suffit de voir du côté de l’Espagne, de la Grèce, de l’Italie pour observer tout cela ; et il serait bien illusoire de penser que cette vaste dégradation des conditions de vies des prolétaires peut, comme le nuage de Tchernobyl être arrêtée par les frontières françaises. »

Bien que nous ne soyons pas encore au niveau de misère atteint en Grèce, en Espagne... la précarité, le chômage, touchent toujours plus de monde. Les tensions racistes s’amplifient et les étrangers servent encore une fois de boucs émissaires. Pour autant, en France, les résistances sont rares. Les derniers grands mouvements de précaires sont loin, avant même le déclenchement de la crise.

Cependant, des collectifs, syndicats, associations s’organisent face à la précarité et au chômage. Bien que cantonnées à l’autodéfense collective et à la solidarité de classe, les actions menées sont nombreuses.
Résistance face aux patrons : contre les licenciements, pour les salaires, par la grève ou tout autre moyens. Arracher des logements sociaux, résister collectivement à des expulsions ou au passage des huissiers, redistribuer des vêtements, de la nourriture...

Souvent, un débouché est proposé à ces luttes : une meilleure gestion du capitalisme. Pour certains, cela passe par « mettre au pas la finance », « réussir la transition écologique », « relancer la croissance » ou encore « construire une autre Europe » …
Pour d’autres, il s’agira de « revenir au franc », « fermer les frontières » etc.

Tous ces discours gestionnaires, qui entendent moraliser, réformer le capitalisme, ou même qui prétendent l’abattre, reposent sur le même principe : le maintien, aménagé de manière différente, des classes sociales et des genres.

Peu importe les formes que prennent ces aménagements, le capitalisme est et sera toujours basé sur le profit et donc l’exploitation. Relancer la machine, cela signifie donc forcément faire bosser plus les prolétaires mais aussi faire peser encore plus le poids du travail domestique sur les femmes.

Ce que nous voulons dire, c’est que ça ne peut pas bien se passer : gérer la crise sera toujours aménager la défaite et qui dit défaite, dit un bon paquet de personnes sur le carreau. Nous sommes trop nombreux pour les miettes toujours plus petites que l’on peut récupérer.
Contrairement aux gestionnaires, nous n’avons pas de solutions toutes faites à proposer pour améliorer le capitalisme. Notre intérêt est de le détruire.

Lors de la réunion du 17 juin, nous proposons d’amorcer un bilan des luttes de précaires et chômeurs de ces dernières années.

Mardi 17 juin, 19h30, à la Cantine des Pyrénées
331 rue des Pyrénées, métro Jourdain

Mots-clefs : précaires | chômage
Localisation : 20e arrondissement

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