« Accueil de merde » tagué sur les mairies du 18e et 19e de Paris

Ce samedi 17 février, des habitant⋅e⋅s solidaires ont tagué « ACCUEIL DE MERDE » sur les mairies des 18e et 19e arrondissements de Paris, quartiers qui concentrent les exilé⋅e⋅s arrivé⋅e⋅s à Paris, voulant ainsi dénoncer les politiques de non-accueil mises en place au niveau municipal. Communiqué.

« J’ai vu récemment dans les médias des gens écrire “Accueil de merde” sur le mur d’un ministère. J’ai trouvé que ça reflétait exactement la situation dans mon quartier. Ça m’a donné envie à mon tour d’alerter l’opinion publique sur ce qui se passe à Paris et sur l’attitude des mairies, centrale et d’arrondissements. » a déclaré un habitant du quartier présent à l’action.

En pleine actualité où le gouvernement envisage de durcir un peu plus les conditions d’accès à l’asile, de développer la rétention et renforcer l’expulsion, nous constatons que la ville de Paris poursuit sa politique de non accueil derrière un affichage de solidarité.

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Au cœur de l’hiver, et même sous la neige, des milliers d’exilés, dont de nombreux jeunes mineurs, sont laissés à dormir dehors. Réunis dans de mini-campements de fortune dans les marges urbaines, là où on ne les chasse pas systématiquement, ces personnes doivent à la solidarité des habitants de pouvoir se nourrir ou s’habiller. La plupart d’entre elles errent des journées entières en attendant des rendez-vous à la préfecture, ou bien la fin de leur « dublinage » – cette mesure inique du protocole de Dublin que le gouvernement veut inscrire dans sa nouvelle loi alors qu’il faudrait la contester au niveau européen.

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Du côté de l’Hôtel de ville aussi bien que dans les mairies d’arrondissement, on se félicite de tout ce qui a été fait et on rejette l’essentiel de la faute sur l’État. Les exilé⋅e⋅s doivent-ils, au cours de leur voyage qui a déjà été long et douloureux, se retrouver coincés dehors, entre la facticité des discours d’accueil et la réalité des violences policières ? Doivent-ils continuer à être victimes de l’irresponsabilité croissante des politiques du gouvernement comme des villes qui ne veulent pas aborder les situations d’exil pour ce qu’elles sont : des situations humaines certes complexes, mais qui requièrent surtout un peu de courage et d’engagement.

Aujourd’hui en France, à Paris comme à Calais, à la Roya, à Briançon et ailleurs, les personnes exilées à la rue sont maltraitées et harcelées de par les ordres mêmes du gouvernement. Les empêcher de manger, de dormir, de se laver et d’avoir accès à des toilettes fait tout simplement partie de la politique française qui n’a comme objectif que de « réguler les flux migratoires ».

Nous demandons que le gouvernement respecte les lois françaises et les conventions internationales signées par la France. Nous demandons aussi que la ville de Paris honore enfin les missions d’accueil qui lui incombent et mette les moyens nécessaires pour accueillir largement et décemment les personnes qui cherchent refuge chez nous.

Manger, dormir, se laver, faire ses besoins ne doivent plus être un combat dans la France d’aujourd’hui !

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Photos sur : https://twitter.com/AccueilDeMerde

Vidéos : https://vimeo.com/256195748 et https://www.youtube.com/watch?v=qHt2VmRVN8w

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