Solidarité avec les mineurEs isoléEs en Seine-Saint-Denis et partout ailleurs !

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Solidarité avec les mineurEs isoléEs en Seine-Saint-Denis et partout ailleurs ! Brigades de Solidarité Populaires Aubervilliers-Pantin et Montreuil-Bagnolet, DAL Saint-Ouen, les Digitales, la Friche des trois communes, Solidaires 93
Le 20 novembre est la journée internationale des droits de l’enfant. Nous nous joignons à cette occasion à l’appel de la Coordination nationale des mineurEs isoléEs en lutte à se mobiliser partout ce jour là, et notamment à Paris à 17h place de la République.

Actuellement en Île-de-France, des centaines de mineurEs isoléEs dorment à la rue. Ils et elles sont arrivéEs sur le territoire seulEs et se sont vu refuser la protection de l’aide sociale à l’enfance après des évaluations racistes (menées par la Croix rouge ou France Terre d’Asile) qui ont conclu à leur non-minorité. En recours contre ces décisions, ils et elles sont dans l’attente de leur passage devant le Juge des enfants, attente qui se prolonge pendant de long mois d’une précarité infinie, sans accès à l’école, à la santé, au logement, etc.

Pourtant, la Convention Internationale des Droits de l’Enfant -que la France a ratifié en 1990- indique à son article 3 “Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu’elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l’intérêt supérieur de l’enfant doit être une considération primordiale.”

En réaction, des associations se sont montées pour accompagner ces jeunes dans leurs démarches et leur quotidien, mais également des collectifs auto-organisés de mineurEs isoléEs qui ont décidé de lutter pour gagner leurs droits. En région parisienne, le Collectif des jeunes du parc de Belleville mène depuis plus de deux ans des actions quotidiennes et a réussi à arracher des centaines d’hébergements et de place à l’école.

Il y a un an, de décembre 2024 à mars 2025, le collectif a occupé la Gaîté Lyrique, un lieu culturel de la ville de Paris. Le 18 mars, la préfecture, avec l’approbation de la mairie de Paris, a expulsé violemment l’occupation. Cette intense répression a donné lieu à d’autres élans de solidarité et notamment en Seine-Saint-Denis où des mineurs ont trouvé refuge.

À Saint-Ouen, après l’expulsion de la Gaîté Lyrique, les jeunes ont campé sous un pont, dans le quartier des Docks, quatre mois durant. Un réseau de solidarité local s’est peu à peu construit pour les soutenir, mettre en place une cagnotte et faire pression sur la Mairie. Celle-ci a finalement mis un lieu d’hébergement d’urgence à leur disposition. Malgré cela, les jeunes doivent chaque jour se débrouiller pour manger, se déplacer ou trouver des rendez-vous médicaux.

À Montreuil, ce même 18 mars 2025, l’AERI a ouvert ses portes et plus de deux cents jeunes ont trouvés refuge pour la journée et ont pu récupérer des tentes pour la nuit. La loi Kasbarian (dite loi anti-squat) promulguée quelques mois avant l’expulsion de la Gaîté a donné aux préfectures les pleins pouvoirs pour expulser les lieux de solidarité inconditionnelle à Montreuil comme ailleurs et n’a laissé d’autres choix aux jeunes que les ponts et quelques parcs de la ville pour monter un campement de fortune. Face à cette situation plusieurs collectifs et lieux se sont co-ordonnées (Parole Errante, AERI, Maison Ouverte, Friche des trois communes) pour construire une dynamique d’entraide et de lutte avec les jeunes. Une lettre ouverte signée par de nombreux collectifs montreuillois a été envoyé au maire « de gauche » pour exiger la réquisition d’une école vide, cette lettre reste toujours sans réponse.

À Pantin, des dizaines de mineurs ont été hébergés au squat La Trotteuse ces deux dernières années. Jeudi 23 octobre 2025 la Trotteuse a été expulsée. C’est un retour à une situation encore plus précaire pour la quinzaine de mineurs qui y vivaient et la fin d’un espace collectif où ils pouvaient cuisiner, se reposer, partager, faire leurs devoirs, s’isoler, vivre... Pour l’instant, ils sont hébergés par la mairie et la solidarité qui s’était construite cers derniers mois perdure grâce aux divers réseaux locaux.

Ce jeudi 20 novembre 2025, nous serons aux cotés des collectifs des
mineurEs isoléEs en lutte pour revendiquer pour toutes et tous :

  • le respect de la présomption de minorité et l’accueil inconditionnel des mineurEs isoléEs par l’aide sociale à l’enfance.
  • l’hébergement : aucun enfant, ni personne, ne devrait dormir à la rue, les pouvoirs publics doivent prendre leur responsabilité et héberger tou•tes les mineur•es en recours dans des conditions dignes et sécurisantes.
  • l’école : c’est un droit essentiel pour les enfants qui est entravé. Les rectorats répondent qu’il n’y a pas de places et pourtant ils ferment des classes sans cesse. Il faut également ouvrir plus de places en UPE2A.
  • la santé : l’accès aux soins médicaux et psychologiques ne doivent connaître aucune entrave. De trop nombreux jeunes ne parviennent pas à se soigner correctement, y compris dans des cas d’urgence.
  • l’accès aux transports : faire ses démarches, aller à l’école ou participer aux activités des associations nécessite de prendre les transports au quotidien et un ticket de métro coûte 2 euros 50. Il faut des pass navigo pour toustes.

Personne n’est illégal, solidarité avec les mineurEs isoléEs !

Les cagnottes :

Brigades de Solidarité Populaires Aubervilliers-Pantin et Montreuil-Bagnolet, DAL Saint-Ouen, les Digitales, la Friche des trois communes, Solidaires 93

Localisation : région parisienne

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