Vendredi 16 septembre, après l’évacuation médiatique, rafle à Stalingrad

Vendredi matin, sous l’oeil attentif des caméras, des centaines de migrants et migrantes ont été évacué-e-s des campements de fortune situés dans le quartier Jaurès -Stalingrad.
L’après-midi même, les laissé-e-s pour compte de l’opération, ainsi que des évacué-e-s qui avaient été conduits vers des lieux d’hébergement où il n’y avait plus de places et étaient revenu-e-s à Stalingrad, étaient raflé-e-s dans un silence assourdissant, si ce ne sont les cris de quelques passant-e-s certes solidaires mais néanmoins trop peu pour ne plus être impuissant-e-s.

Vers 18h, alors qu’une distribution de bouffe avait eu lieu, des dizaines de flics qui depuis plusieurs heures attendaient dans des véhicules stationnés dans le quartier (notamment avenue Jean Jaurès), prenaient position autour d’une soixantaine d’exilé-e-s regroupé-e-s sur des matelas sous le métro de la ligne 2 près de la rotonde Stalingrad.

Les encerclé-e-s étaient ensuite monté-e-s dans un bus de la BAPSA ce qui pouvait laisser croire à certain-e-s qu’on allait les conduire vers un hébergement même si beaucoup de gens n’étaient pas dupes et que des appels à se mobiliser contre cette rafle commençaient à circuler. Après qu’un 1er bus soit parti, des gens ont commencé à se regrouper autour du dispositif. Quelques slogans (« Freedom », « Hurrya ») sont lancés, plusieurs personnes demandent des explications aux flics ou les interpellent sur leur sale besogne. À ce moment là, 3 migrants réussissent à profiter d’un moment d’inattention de quelques flics, à piquer un sprint et donc à s’échapper de la nasse. Bravo ! Bravo ! Bravo !

Les flics invectivent et repoussent les personnes solidaires et le second et dernier bus part, le rapport de force étant de toute façon déséquilibré pour le bloquer. Comme cela a été plusieurs fois le cas au cous de l’été, les migrant-e-s ont été conduit-e-s au commissariat de la rue de l’Aubrac dans le 12e arrondissement, commissariat où en général on leur colle une OQTF (obligation de quitter le territoire français), qui si elle n’est pas contestée (dans les 48h ou les 30 jours, cela dépend du type d’OQTF) permet une expulsion rapide. Certains migrants auraient été eux emmenés au centre de rétention de Vincennes, les infos sont difficiles à regrouper et confirmer.

À chaque fois c’est le même scénario : après une évacuation médiatique dans laquelle on voit Emmanuelle Cosse et consorts se vanter de milliers de mises à l’abri (c’est à dire parfois des gymnases ou des tentes dressées dans la cour d’un hôtel social déjà surchargé comme c’est le cas à Roissy-en-Brie où 2 tentes accueillent les migrants de Stalingrad depuis hier faute de place dans le bâtiment), les flics chassent dans les quartiers où se situent les campements pour empêcher toute réinstallation ou tout regroupement des laissé-e-s pour compte de l’opération, des nouvelles personnes qui arrivent, de celles et ceux qui ont été foutu à la porte d’un centre...

Sachant cela, il est important d’être présent-e-s dans ces lieux à ces moments charnières et de faire circuler les infos contre ces opérations policières pour au minimum ne pas laisser faire en silence.

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