Un « tournant social » du FN ?

Le FN de Jean-Marie Lepen était ouvertement libéral du point de vue économique : le règne des actionnaires, des patrons, de la finance, n’était pas remis en cause.
Avec Marine Lepen, le discours a changé, et semble séduire toujours plus les masses populaires, il y aurait un « tournant social » du FN.
Regardons de plus près de quoi il s’agit !

Alain Soral est l’un des théoriciens de ce « tournant », analysons un peu son discours :
« Gauche du travail et droite des valeurs », c’est là le slogan qu’il met en avant, et qui est censé résumer son programme.

Comme il le reconnaît lui-même, la notion de « gauche du travail » repose au départ sur l’opposition marxiste entre le travail et le capital. Le travailleur doit vendre sa force de travail au capitaliste (celui qui possède l’instrument de production) pour subvenir à ses besoins. Or c’est le travail qui crée de la richesse en ajoutant une plus-value à la matière première transformée par son œuvre (ainsi le fil de coton à plus de valeur que le coton brut, et un pantalon plus de valeur que le fil avec lequel il a été tissé). Cette richesse créée, la plus-value, si on laisse de côté les frais d’entretien et de réinvestissement dans l’outil productif, revient au travailleur sous la forme du salaire et au capitaliste sous la forme du profit. L’intérêt du travailleur est que le plus de richesse créée lui revienne, et de même pour le capitaliste, avec cette énorme différence que c’est le salarié qui produit la richesse par son travail, alors que le capitaliste ne fait que ponctionner une partie de cette richesse (en tant que rentier, on dit maintenant « actionnaire »). Le capitaliste est donc une sorte de parasite qui prélève une part de richesse qui a été produite par d’autres, et c’est, en outre, un parasite gourmand puisqu’il en veut toujours plus (comme nous le voyons encore aujourd’hui avec la lutte acharnée que mène le patronat pour faire baisser le prix du travail en développant le travail temporaire, en s’attaquant aux retraites et à la sécurité sociale, c’est-à-dire à ce que l’on peut nommer « salaire différé ».). Le prix du profit capitaliste, c’est donc la misère des travailleurs, qui ne sont bons qu’à trimer pour que d’autres vivent dans un luxe indécent.

Dans ces conditions, et conformément à Marx, la « gauche du travail » doit avoir pour but d’abolir le capitalisme, bref de supprimer les parasites : les travailleurs produisent pour satisfaire l’ensemble des besoins sociaux, et non pas pour enrichir toujours plus quelques exploiteurs. Mais Soral propose-il l’abolition du capitalisme ? Certainement pas !

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