Stalingrad : après les migrants, les grilles

Texte sur les suites de l’expulsion des migrants des campements de Stalingrad du 4 novembre et de tous les dispositifs mis en place pour empêcher l’installation de nouveaux camps.

Vendredi matin alors que se termine le plus gros démantèlement de campements parisiens de migrants et que déjà les flics ont passé leur matinée à piétiner toutes les affaires des gens, l’équipe de nettoyage de la mairie de Paris commence à détruire ce qui reste sur place (tentes, matelas, couvertures…) et aurait été bien utile aux nouveaux arrivants.

Très vite, un autre service de la mairie de Paris s’active. Comme d’habitude depuis quelques mois des barrières se dressent partout où les migrants avaient trouvé refuge et s’étaient organisés : sous le métro Jaurés et sous le métro Stalingrad.

Désormais, de La Chapelle à Jaurès, partout sous le métro aérien, des grilles empêchent la circulation, et donc une réinstallation des migrants.

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Mais cette fois-ci, il y a également le terre-plein central de l’avenue de Flandre à rendre inaccessible. La mairie ne peut se contenter d’y mettre des barrières, l’endroit est trop visible.

Alors qu’un dispositif policier de grande envergure s’installe de manière pérenne dans le quartier, camions de police et de gendarmes se relaient jour et nuit de Jaurès à proximité de France Terre d’Asile (où les migrants doivent camper pour avoir la chance de pouvoir démarrer leur démarche de demande d’asile), à Stalingrad jusque sur le terre plein du métro, autour de la rotonde et un peu partout dans l’avenue de Flandre. On peut dire que les trottoirs sont bien protégés ! Aucun risque qu’ils n’accueillent de nouveau la misère et la solidarité qui se crée autour.

En parallèle fleurit un un autre type d’aménagement du terre-plein de l’avenue de Flandre : table de ping-pong, mur d’escalade, skate parc, (urgent en cette saison), banc sur lequel on ne peut pas poser plus d’une fesse…

Comme si rien ne s’était passé, ou si il fallait effacer au plus vite la présence des migrants et qu’ainsi personne ne se demande où ces indésirables sont passés. Où vont ils aller ? Seront-ils expulsés ? Où vont aller les nouveaux arrivants habitués à se regrouper dans ce quartier ? C’est en effet dans ce même quartier que démarre toute démarche de demande d’asile en France. C’est là où il faut faire la queue devant les locaux de France Terre d’asile pour espérer avoir un rendez-vous à la préfecture...

Malgré cela les migrants continuent d’arriver, ou de revenir de leur lieu de « mise à l’abri » craignant un tri sur place, ou fuyant des conditions d’accueil épouvantables. Ils n’ont simplement plus la possibilité de se regrouper pour s’organiser, pour survivre à la rue, alors oui ils sont invisibles mais pourtant ils sont là. D’ailleurs des rafles ont encore eu lieu cette semaine et 200 repas sont encore servis tous les jours dans le quartier. Le problème c’est que maintenant leur invisibilité empêche toute solidarité.

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